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Message Publié : 03 Mai 2015 14:43 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 03 Mai 2015 14:21
Message(s) : 2
Bonjour ! Alors tout d'abord, désolé par avance si ma question n'est pas au bon endroit, et encore plus si ce type de forum n'est pas adapté aux questions d'élèves ! :-|

Alors je dois faire un exposé sur le droit de vote des femmes en 1944, en parlant des étapes et des débats que cela a entraînés.

J'ai fini mon exposé, ce n'est donc pas mon problème mais bien les questions que mon professeur pourrait me poser car je ne sais pas si je serais capable de répondre... J'ai encore une semaine avant la date fatidique !

Si cela est nécessaire, je pourrais mettre l'intégralité de mon exposé mais je vous préviens qu'il peut être long, vu qu'il dure 20 MINUTES à l'oral.

J'aimerais aussi savoir ce qui doit impérativement apparaître dans mon exposé et je vous mets ci dessous mon plan :

SUJET : Le vote des femmes en 1944, étapes et débat (Thème 2 : Le citoyen et la loi- Un texte législatif en vigueur dans la République)




Introduction :

Contexte politique :

Situation économique :








I. 1789-1850 : Les préjugés sur les femmes au milieu du 19ème siècle et le début des revendications.


a)Les femmes toujours perçues comme « incapables » malgré une révolution proche.


b)Réactions diverses lors de l'évocation d'un droit de vote pour les femmes



II. 1850-1944 : L'acquisition du droit de vote : 100 ans de combat.

a) Mouvements féministes pour la conquête du droit de vote





b) La Résistance des femmes durant la seconde Guerre Mondiale, élément déclencheur



III. 1944 et plus : Le droit de vote et les injustices qui subsistent.[/b]

a)1944 : Droit de vote et conséquences





b) Les inégalités politiques toujours présentes.




Conclusion.


Merci d'avance !


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Message Publié : 03 Mai 2015 15:18 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 10 Fév 2014 7:38
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Ce que propose Fantalex me semble hautement fantaisiste.

En France en particulier, la question du droit de vote des femmes n'a fait l'objet d'aucun débat avant la IIIe République (sauf dans des cercles ultra marginaux).

Ensuite il n'y a pas eu en France de mouvement féministe comparable aux suffragettes. Seule la SFIO (et peut être le PCF?) revendiquait le vote féminin. Les modérés et les radicaux étaient contre, par un mélange de traditionalisme et d'anticléricalisme ("les femmes voteront comme leur curé !").

En 1944 De Gaulle a imposé le droit de vote des femmes sans difficulté. Les modérés et les radicaux sont exclus du jeu politique. La SFIO et le PCF le demandent. Et Le général est bien content de pouvoir disposer d'un réservoir de voix catholiques pour barrer la route à la gauche !

Outre la participation des femmes à la Résistance, la spectaculaire progression du niveau scolaire féminin depuis 1868 le justifie pleinement. Le fait que l'obligation scolaire ait été imposée aux filles par Jules Ferry est aussi une étape importante qui montre que dans l'esprit des républicains les filles sont appelées à devenir des citoyennes ! Et même dans celui de Victor Duruy sans doute ...


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Message Publié : 04 Mai 2015 13:42 
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Hérodote
Hérodote

Inscription : 03 Mai 2015 14:21
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Jerôme a écrit :
Ce que propose Fantalex me semble hautement fantaisiste.

En France en particulier, la question du droit de vote des femmes n'a fait l'objet d'aucun débat avant la IIIe République (sauf dans des cercles ultra marginaux).

Ensuite il n'y a pas eu en France de mouvement féministe comparable aux suffragettes. Seule la SFIO (et peut être le PCF?) revendiquait le vote féminin. Les modérés et les radicaux étaient contre, par un mélange de traditionalisme et d'anticléricalisme ("les femmes voteront comme leur curé !").

En 1944 De Gaulle a imposé le droit de vote des femmes sans difficulté. Les modérés et les radicaux sont exclus du jeu politique. La SFIO et le PCF le demandent. Et Le général est bien content de pouvoir disposer d'un réservoir de voix catholiques pour barrer la route à la gauche !

Outre la participation des femmes à la Résistance, la spectaculaire progression du niveau scolaire féminin depuis 1868 le justifie pleinement. Le fait que l'obligation scolaire ait été imposée aux filles par Jules Ferry est aussi une étape importante qui montre que dans l'esprit des républicains les filles sont appelées à devenir des citoyennes ! Et même dans celui de Victor Duruy sans doute ...


Premièrement, merci d'avoir répondu !

Ensuite, je ne comprends pas ce que vous qualifier de fantaisite... Le sujet? Parce qu'il m'a été imposé, je n'ai donc rien à répondre à cela, et mon titre est mot pour mot celui qui m'a été donné. Si vous parlez de mon plan ou de mes questions et bien je ne sais pas quoi dire, je ne croyais pas que mes questions étaient trop "demandé". Vous trouvez que mon plan n'est pas correcte? Si oui, dites moi ce que je selon vous je devrais changer!



Dans mon exposé, en faisant mes recherches, j'ai pu écrire qu'il y eut beaucoup d'avis défavorables mais aussi favorables et c'est ce que j'ai qualifié dans mon exposé de "débat" en exposant les pour et les contre, ainsi que les arguments des différentes "parties". J'ai parlé de Condorcet et d'Alexandre Bérard par exemple mais j'ai sans doute oublié des personnes. En fait, j'ai en quelque sorte inclu le débat sur la place des femmes dans la vie publique pour ensuite en déduire les avis ( mais j'ai de réels avis je ne les ai pas tous déduit) sur le droit de vote des femmes, et cela avant la 3ème République.
Est ce que vous pourriez me dire ce que vous qualifiez de "cercles marginaux"?



Je ne parle ni de la SFIO ni du PCF dans mon exposé... Je vais les noter à part. Pour les mouvements, j'ai parlé notamment de Louise Weiss ainsi que de George Sand.
Par contre le fait que les femmes votent comme leur curé je l'ai intégré dans mon exposé.



Qu'est ce que les modérés et les radicaux sans vouloir paraître inculte? Un parti politique?
Je n'ai pas mentionné la loi de Jules Ferry, je vais le mettre.

Merci pour ces informations supplémentaires !


Si d'autres personnes passent par là...


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Message Publié : 18 Mai 2015 0:01 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 27 Déc 2013 0:09
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Une chronologie intéressante sur le site de l'Assemblée Nationale : http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/le-suffrage-universel/la-conquete-de-la-citoyennete-politique-des-femmes.

Jerôme a écrit :
Seule la SFIO (et peut être le PCF?) revendiquait le vote féminin. Les modérés et les radicaux étaient contre, par un mélange de traditionalisme et d'anticléricalisme ("les femmes voteront comme leur curé !").
En fait, le plus actif fut le PCF qui a même fait élire plusieurs femmes aux élections municipales de 1925. Comme ces femmes n'étaient pas éligibles parce que non électrices, ces élections ont été invalidées par la justice administrative, mais avant que les jugements aient été rendus, ces femmes ont eu le temps de siéger. Cela n'a pas concerné que la région parisienne. Une des figures de la grève des Penn sardin, Joséphine Pencalet, a été élue au conseil municipal de Douarnenez.

La Chambre des Députés avait auparavant adopté un projet de loi accordant aux femmes le droit de voter aux élections municipales et cantonales, mais ce projet s'était heurté à l'opposition du Sénat.

La droite n'était pas si réfractaire qu'on puisse le penser, puisque, toujours en 1925, fut créée l'Union nationale pour le vote des femmes (U.N.V.F.), d'inspiration conservatrice et catholique.


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Message Publié : 18 Mai 2015 11:45 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 12 Nov 2009 21:20
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Barbetorte a écrit :
Une chronologie intéressante sur le site de l'Assemblée Nationale : http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/le-suffrage-universel/la-conquete-de-la-citoyennete-politique-des-femmes.

La Chambre des Députés avait auparavant adopté un projet de loi accordant aux femmes le droit de voter aux élections municipales et cantonales, mais ce projet s'était heurté à l'opposition du Sénat.

La droite n'était pas si réfractaire qu'on puisse le penser, puisque, toujours en 1925, fut créée l'Union nationale pour le vote des femmes (U.N.V.F.), d'inspiration conservatrice et catholique.


L'opposition du sénat = l'opposition du parti radical soc = l'opposition des francs maçons ? Ou je fais un raccourcis hâtif ?


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Message Publié : 18 Mai 2015 14:31 
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Message Publié : 18 Mai 2015 15:01 
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Eginhard
Eginhard
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Inscription : 04 Juin 2008 20:24
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Citer :
La droite n'était pas si réfractaire qu'on puisse le penser, puisque, toujours en 1925, fut créée l'Union nationale pour le vote des femmes (U.N.V.F.), d'inspiration conservatrice et catholique.

En effet. Le PDP (ancêtre du MRP grosso modo, donc centre-droit) était favorable au vote des femmes dans l'entre-deux-guerres. Mais les caciques du Parti étaient surtout favorables au vote familial (le père de famille vote pour son épouse et ses enfants mineurs). C'est grâce au combat des femmes du PDP (Germaine Peyroles, mère de l'écrivain-historien Gilles Perrault et Germaine Poinso-Chapuis) que la formation démocrate-chrétienne se prononce en faveur du suffrage féminin. Ce dernier se trouve finalement inscrit de manière assez incidente dans l'ordonnance prise à Alger le 21 avril 1944 pour régler les pouvoirs à la Libération. Elle a été rédigée par le commissaire à la Justice, de Menthon, un ancien du PDP. Le suffrage féminin est vivement défendu par les communistes. Les socialistes ne sont pas en pointe et les radicaux, notamment le corse François Giacobbi, résolument hostiles. Ils estiment que c'est une aventure dangereuse, et essayent de faire passer l'idée d'un suffrage féminin temporaire et limité : seules les épouses de prisonniers encore détenus en Allemagne voteraient. La crainte des radicaux : que les femmes votent comme leur demandent les curés. Crainte pas totalement infondée (mais bien exagérée) : on a voté dans des urnes séparées dans certaines villes et on voit alors que les femmes votent plus pour le MRP que les hommes.

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"Denken heisst überschreiten" : Penser signifie faire un pas au-delà. Ernst Bloch (1885-1977)


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Message Publié : 18 Mai 2015 18:58 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 27 Déc 2013 0:09
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La Chambre des Députés avait adopté un projet de loi accordant le droit de vote des femmes à cinq reprises à une confortable majorité dont une fois à l'unanimité. Peut-être les rad-soc y étaient-ils dans l'ensemble moins favorables que les autres, mais il me semble douteux que ce soit l'explication dont il faudrait se contenter.

L'opposition venait du Sénat, pour une raison que j'ignore. J'ai fait une rapide recherche qui m'a conduit à un compte rendu du débat de novembre 1922 à l'issue duquel cette assemblée a rejeté le projet dans une proportion voisine de celle par laquelle la chambre adoptait.

Ont appelé à donner le droit de vote aux femmes :

Breton : socialiste, inscrit au groupe de la gauche démocratique
Busson-BillautUSSON-BILLAULT : inscrit au groupe de la droite
Flaissières : socialiste
François-Saint-Maur : Fédération nationale catholique (droite)
Gaudin de Villaine : monarchiste
Gourju : membre de la Fédération Républicaine de France, parti de la droite républicaine et libérale mais inscrit au groupe progressiste de la gauche républicaine dont il est le secrétaire
Merlin (Fernand) : inscrit au groupe de la gauche démocratique, proche de Clémenceau
Philip : radical socialiste, inscrit au groupe de la gauche démocratique

Ont appelé à le leur refuser :

Labrousse : radical-socialiste
Le Roux : Union Républicaine, gauche modérée
Massabuau : inscrit au groupe de l'union républicaine, gauche modérée
Régismanset : vice-président du groupe de la réunion de la gauche démocratique

Cela ne nous éclaire pas beaucoup. Il y a des pour et des contre à droite comme à gauche. On peut noter les deux interventions opposées de deux sénateurs radicaux-socialistes.

J'ai le sentiment que la sociologie nous en dirait plus que la politologie.


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Message Publié : 18 Mai 2015 19:55 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 17 Mars 2004 23:16
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Les sénateurs etaient certes plus âgés que les députés, mais c'étaient pour la plupart d'anciens députés.

Il y a donc bien aussi une raison politique très forte à cette opposition du Sénat : l'ambivalence même du parti radical qui voit derriere le vote des femmes le risque d'un renforcement du vote clérical, les femmes restant réputées plus croyantes que les hommes et le pape ayant conforté cette idée.


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Message Publié : 18 Mai 2015 21:10 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 12 Nov 2009 21:20
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Narduccio a écrit :
Tous les raccourcis sont hâtifs.


Eh bien vous n'êtes pas pour la pédagogie vous !

Documentez vous ici par exemple :
http://www.ledauphine.com/politique/201 ... emmes-nfjb

Ou là

http://www.histoire.presse.fr/dossiers/ ... -2001-4075


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Message Publié : 19 Mai 2015 8:32 
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Jean Froissart
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Inscription : 27 Déc 2013 0:09
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Comment expliquez-vous que les sénateurs francs-maçons refusent le vote des femmes alors que les députés franc-maçons se prononcent pour ?

Le 30 juillet 1936, 495 voix contre 0. Il devait bien y avoir quelques rad-soc francs-maçons parmi ces députés du front populaire.


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Message Publié : 19 Mai 2015 13:19 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 10 Fév 2014 7:38
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Intéressante discussion qui montre comment les questions institutionnelles étaient mêlées à des considérations religieuses et aussi à la tactique électorale. Il me semble comme à Marc que le lien entre le sénat, le radicalisme et les loges est notoire (et osa seulement sous la IIIè). Quant à la distinction chambre/senat que met en avant Barbetorte elle est également t frappante. Comment Barbetorte l'explique t il ? Différence d'âge ? Habileté tactique des élus radicaux qui s'affichent comme plus modernes dans la chambre issue du suffrage universel (masculin) - sachant que le sénat bloquera toute évolution ?


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Message Publié : 19 Mai 2015 14:19 
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Inscription : 15 Avr 2004 22:26
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J'ai la même approche de Barbetorte : si on pense que le principal point d’achoppement soit le fait d'être franc-maçon, comment on explique que de nombreux députés francs-maçons votent en faveur du droit de vote des femmes.

Alors que si on pense que c'est l'age (et donc la différence d'éducation) on arrive facilement à expliquer pourquoi les députés (plus jeunes) qu'ils soient francs-maçons ou non votent en faveur de la loi. Tandis que les sénateurs, plus âgés votent contre le droit de vote aux femmes.

Après, je trouve très intéressant de voir que certains préfèrent se focaliser sur les francs-maçons malgré le fait qu'il suffit de comparer les chiffres et les votes pour comprendre qu'avant d'être un problème d'appartenance maçonnique, c'est plus un problème de génération.

Si j'étais méchant, je poserais la question de savoir pourquoi on préfère en faire un problème d'appartenance à la franc-maçonnerie ...

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Message Publié : 19 Mai 2015 15:02 
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Jean Froissart
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Inscription : 27 Déc 2013 0:09
Message(s) : 1375
L’influence de l’église sur les femmes pendant l’entre-deux-guerres est un lieu commun qui repose certainement sur une réalité. Le président du Sénat, Jeanneney, en était convaincu : J'étais maire d'une petite commune dans l'Est et pris l'initiative de faire voter les femmes, voici pourquoi et comment. La Saint-Christophe, fête patronale du village, tombait à une époque incommode pour les foires et les moissons. Il était depuis longtemps question d'en changer la date. Ne voulant contrarier personne, je décidai de procéder à la consultation de toute la population. La tendance se confirma en faveur du déplacement de la fête. Mais le dimanche du vote, le curé en chaire déclara qu'un changement de date offusquerait le saint et il objurgua ses paroissiennes de voter contre. Celles-ci lui obéirent en bloc. Est-il vraiment utile d'apporter les voix d'un tel contingent de sottes au scrutin ?

On peut aisément gager que les mêmes raisons devaient pousser la droite catholique, qui n’était ni plus féministe ni plus démocrate que la gauche, à vouloir faire voter les femmes.

La question des droit des femmes s’est posé en des termes très différents selon les époques. Une idéologie très sexualiste a prévalu jusqu’à une date récente. En 1946 encore, s’il n’y avait plus aucune objection à ce que les femmes pussent voter, c’était plus en considération du rôle de la femme dans la société qu’en application d’une qualité de citoyen qui devait être reconnue de façon indifférenciée aux hommes comme aux femmes. La société était vue composée de deux blocs bien distincts, les hommes et les femmes, ayant chacun des intérêts distincts et des qualités propres. Ayant des intérêts distincts, les femmes devaient donc légitimement pouvoir les défendre par ses suffrages. De plus, le suffrage des femmes correspondait à un besoin. Le député Viviani, fut chaudement applaudi quand il argua de l’influence pacificatrice des femmes et dénonça la responsabilité des hommes dans les tueries dont le souvenir poursuit certains jusque dans leur chair. La femme comme électrice serait appelée à apporter ses compétences naturelles en matière de protection de la famille, d'hygiène et de lutte contre la dénatalité. Il restait toutefois bien entendu que la chose publique, et donc le pouvoir, restait une affaire d’homme et qu’un partage ne devrait pas conduire à une dévolution. Tout cela était admis sur tout l’échiquier politique. Il n’y avait plus en 1922 d’objections d’ordre philosophique comme lors des débats qui eurent lieu en 1890. Le sujet des discussions était la question de savoir s’il fallait accorder le droit de vote aux femmes dès à présent ou s’il était encore prématuré de le faire.

Les compositions politiques de la Chambre des Députés et du Sénat étant similaires, les propositions de loi présentées dans les deux assemblées auraient dû recevoir des sanctions identiques. Pourtant, la première s’est prononcé constamment en faveur du vote des femmes alors que le Sénat a constamment résisté. Anne Verjus, dans un article paru en 2000 dans la revue Politix (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polix_0295-2319_2000_num_13_51_1104) livre une explication fournie par une analyse des institutions. Celles-ci donnaient à la Chambre des Députés un rôle de moteur tandis que le Sénat était investi de la sagesse politique de la nation, y compris au risque de mécontenter une opinion à laquelle les sénateurs faisaient, de toute façon, peu référence. Les députés étaient ainsi portés à décider en vue de réaliser des idéaux tandis que les sénateurs, gardiens de l’ordre, se devaient d’agir avec pragmatisme. C’est pourquoi des derniers accordèrent plus de poids aux objections qui s’élevaient contre le suffrage des femmes à la différence des premiers plus sensibles à l’application d’un principe auxquels ils était tous acquis.

Ces objections étaient triples : le suffrage des femmes était prématuré, inutile et surnuméraire.

Prématuré

Les femmes ne sont pas assez instruites et manquent trop d'expérience pour ajouter leur propre inexpérience à l'inexpérience des hommes, « qu'une si longue pratique du suffrage n'a pu corriger ». Cet argument contient implicitement la crainte d’une emprise de l’Eglise sur l’électorat féminin.

Inutile

Les femmes ne le demandent pas. En effet, à la différence des suffragettes anglaises, les femmes françaises n’avaient revendiqué un droit de vote que très timidement.

Surnuméraire

Au lendemain de la Grande guerre il y avait un excédant de 1,7M à 1,8 M de femmes par rapport aux hommes. Le droit de vote des femmes présentait une menace pour le pouvoir masculin.


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Message Publié : 19 Mai 2015 15:07 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 27 Déc 2013 0:09
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Jerôme a écrit :
le lien entre le sénat, le radicalisme et les loges est notoire
Le parti radical, et, plus largement, la gauche démocratique, était anticléricale et très liée à la franc-maçonnerie. Trois quarts des membres du parti radical étaient francs-maçons. Ce n'était pas propre au Sénat.

Outre une différence d'âge entre députés et sénateurs, j'avais pensé à une différence d'assise électorale, plus rurale en ce qui concerne les sénateurs. Mais je pense que l'explication d'Anne Verjus, que j'ai résumée dans mon message précédent, est de loin la plus convaincante.


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