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Message Publié : 18 Juin 2016 6:58 
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Marc Bloch
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Jerôme a écrit :
Un autre aspect assez curieux est qu'il n'aimait pas beaucoup les Bonaparte ni le bonapartisme - auquel pourtant on (R Remond par exemple) a souvent rattaché ses principes et pratiques (référendum, mépris du parlement, recherche de la modernisation économique et sociale) !


Quelques mots de de Gaulle sur Napoléon :


« Des génies de son envergure se rencontre à peine une fois pour dix siècles. Mais les peuples ne vivent pas quinze ans tous les dix siècles. D’ailleurs, est-il certain que, précisément parce qu’il faisait tout lui-même, la France n’y a pas perdu dans l’ensemble ? Son génie militaire lui donnait dans ses opérations une confiance sans limites, et sa politique s’en ressentit tellement qu’il finit par avoir contre lui l’Europe entière et fut écrasé, et que malgré les talents merveilleux et des efforts immenses, il laissa la France plus petite qu’il ne l’avait prise ! »
(Lettres, notes et carnets)


« Sa chute fut gigantesque, en proportion de sa gloire. Celle-ci et celle-là confondent la pensée. En présence d'une aussi prodigieuse carrière, le jugement demeure partagé entre le blâme et l'admiration. Napoléon a laissé la France écrasée, envahie, vidée de sang et de courage, plus petite qu'il ne l'avait prise, condamnée à de mauvaises frontières, dont le vice n’est point redressé, exposée à la méfiance de l’Europe, dont, après plus d’un siècle, elle porte encore le poids ; mais, faut-il compter pour rien l'incroyable prestige dont il entoura nos armes, la conscience donnée une fois pour toutes, à la nation de ses incroyables aptitudes guerrières, le renom de puissance qu'en recueillit la patrie et dont l'écho se répercute encore
Nul n'a plus profondément agité les passions humaines, provoqué des haines plus ardentes, soulevé de plus furieuses malédictions ; quel nom, cependant, traîne après lui plus de dévouement et d'enthousiasme, au point qu’on ne le prononce pas sans remuer dans les âmes comme une sourde ardeur ?
Napoléon a épuisé la bonne volonté des Français, fait abus de leurs sacrifices, couvert l'Europe de tombes, de cendres et de larmes ; pourtant, ceux-là même qu'il fit le plus souffrir, les soldats, lui furent les plus fidèles et de nos jours encore, malgré le temps écoulé, les sentiments différents, les deuils nouveaux, des foules, venues de tous les points du monde, rendent hommage à son souvenir et s'abandonnent près de son tombeau au frisson de la grandeur, tragique revanche de la mesure, juste courroux de la raison ; mais, prestige surhumain du génie et merveilleuse vertu des armes ! »
(La France et son armée)

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" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)


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Message Publié : 18 Juin 2016 8:02 
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Philippe de Commines
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Merci cher Cyril de ce message extraordinaire.
:mrgreen:
J'imagine que, comme beaucoup de militaires, De Gaulle a du s'inspirer des préceptes napoléoniens pour conduire la guerre, voire pour gérer la France.... ;)

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Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvé dans un cimetière des Alpes

La science de l'histoire est une digue qui s'oppose au torrent du temps.
Anne Comnène, princesse byzantine (1083-1148)


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Message Publié : 18 Juin 2016 8:04 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

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Pouzet a écrit :
Merci cher Cyril de ce message extraordinaire.
:mrgreen:
J'imagine que, comme beaucoup de militaires, De Gaulle a du s'inspirer des préceptes napoléoniens pour conduire la guerre, voire pour gérer la France.... ;)



Et quel écrivain ce général ... On imagine plus un candidat à l'élection présidentielle (ou une candidate) écrire ainsi


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Message Publié : 18 Juin 2016 8:37 
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Philippe de Commines
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Oui on a parfois dit que De Gaulle était le plus grand écrivain latin de langue française. :P

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Le souvenir ne disparait pas, il s'endort seulement.
Epitaphe trouvé dans un cimetière des Alpes

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Message Publié : 18 Juin 2016 8:58 
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Marc Bloch
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Pouzet a écrit :
Merci cher Cyril de ce message extraordinaire.
:mrgreen:
J'imagine que, comme beaucoup de militaires, De Gaulle a du s'inspirer des préceptes napoléoniens pour conduire la guerre, voire pour gérer la France.... ;)


Quelques réflexions sur l'art de la guerre napoléonien :
« Les chefs militaires de la Révolution, puis ceux de l’Empire, que ces idées avaient imprégnés, trouvèrent dans leur mépris du dogmatisme une bonne préparation aux succès. Il ne fut jamais question d’un corps de doctrines dans la Grande Armée. Saisir les circonstances, s’y adapter, les exploiter, telles fut la base des conceptions de Napoléon. On chercheraient en vain dans ses plans et dans ses ordres l’ombre même d’une théorie du procédé : à Austerlitz, se repliant d’abord sur un terrain choisi d’avance, s’y défendant ensuite, attaquant en fin de journée ; à Iéna, prenant l’offensive de front et l’entretenant jusqu’à ce que fut obtenue la déroute des Prussiens ; à Eylau, fixant les Russes, tandis qu’il s’efforçait de déborder leur flanc ; à Laon, à Arcis-sur-Aube, rompant le combat mal engagé ; mais excellant à adapter toujours ses conceptions aux circonstances qu’il étudiait passionnément : l’ennemi, le terrain, les distances, la personnalité de ses lieutenants, la valeur et l’état de ses troupes. »
(Le fil de l’épée)


« Faire naître l'événement, s'en ménager les moyens, en discerner le moment opportun et la forme convenable, c'est à quoi excelle le génie de Napoléon. Il y consacre les troupes d'infanterie réservées, qu'il fait appuyer par la réserve générale d'artillerie, et suivre par la grosse cavalerie dont le choc achèvera le succès.
[…]
L'Empereur, du reste, intervient en personne pour que cet effort suprême soit aussi vigoureux que possible. Il monte à cheval et paraît sur le terrain choisi, regardant passer les colonnes qui se massent pour l'attaque longeant la ligne d'artillerie, interpellant les généraux et les chefs de corps. Les grognards, en le voyant, comprennent que le grand moment est venu. Il prend place en un point d'où il puisse suivre l'opération sans délai ni intermédiaire, souvent sous le feu, tout près des batteries. Dès que les événements le lui permettent, il gagne vers l'ennemi et le fait dire. D'un bout à l'autre du champ de bataille, on répète que l'Empereur s'est porté en avant. Les courages s'exaltent, juste à point pour animer l'offensive générale, prescrite au moment même, et la fin du combat prend une tournure ardente qui favorise l'exploitation. Si le génie de l'Empereur excelle à tirer des prodiges de l'instrument dont il dispose, il se garde, jusqu'à Tilsit, de poursuivre une tâche qui excède ses moyens.
[…]
Si ses projets politiques dépassent toute mesure, il ne perd jamais, dans l'exécution militaire, le sentiment du réel. »
(La France et son armée)


Du point de vue politique, de Gaulle s‘est moins exprimé :
« Napoléon apporte un génie égal à l'art militaire et au gouvernement. Il faut convenir que cette disposition conféra maintes fois à l'effort guerrier une vigueur singulière. Mais elle eut des revers cruels. On lui doit Waterloo après Austerlitz. »
(Le fil de l’épée)

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Message Publié : 18 Juin 2016 11:20 
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Jerôme a écrit :
Un autre aspect assez curieux est qu'il n'aimait pas beaucoup les Bonaparte ni le bonapartisme - auquel pourtant on (R Remond par exemple) a souvent rattaché ses principes et pratiques (référendum, mépris du parlement, recherche de la modernisation économique et sociale) !

Ce qu'il détestait par dessus tout, c'est être comparé à Napoléon. (Toujours l'accusation de vouloir le pouvoir à tout prix ! )

Quant à ses sentiments envers Napoléon, les citations données par Cyril sont suffisamment éclairantes.

Je doute qu'il ait conçu une grande admiration envers Napoléon III : le vaincu de Sedan...

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Message Publié : 18 Juin 2016 13:23 
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Marc Bloch
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Pierma a écrit :
Ce qu'il détestait par dessus tout, c'est être comparé à Napoléon. (Toujours l'accusation de vouloir le pouvoir à tout prix ! )


Un rapprochement conté par Pierre-Louis Blanc (De Gaulle au soir de sa vie) :
« A l’issue d’un déjeuner dans les appartements privés à l’Elysée, dont Edgar et Lucie Faure étaient les invités d’honneur, le Général fit visiter à ses hôtes le Salon d’argent jouxtant la salle à manger. C’était une sorte de rite. Dans cette pièce, Napoléon 1er avait signé son acte d’abdication, le président Félix y avait rendu le dernier soupir. Le Général, après avoir fait allusion à ce décès, raconta de façon fort vivante comment il voyait l’agitation dans le palmais et les rues avoisinantes pendant les dernières heures du règne, les maréchaux poussant l’Empereur à abdiquer alors que le peuple de Paris massé sous les fenêtres lui criait de rester. Edgar Faure, ayant trouvé sur le secrétaire le facsimilé de l’acte d’abdication, commença à le lire tout haut : « Français, en commençant la guerre pour soutenir l’indépendance nationale… » Il n’alla pas plus loin et, se tournant vers de Gaulle, ajouta : « Napoléon a cherché à obtenir l’indépendance nationale par la guerre ; vous, mon général, vous avez poursuivi ce même objectif, mais dans la paix. » C’était dit sans aucune trace de flagornerie, avec ce zézaiement que l’on sait et l’aisance dans les propos dont bien peu de gens faisaient montre lorsqu’ils se trouvaient face à de Gaulle. Celui-ci, amusé, regarda son invité et lui répondit par ces simples mots: « Vous savez, cher président, c'est une question de moyens.» Cette réflexion illustre combien le Général avait conscience de la nécessité de déterminer sa politique en fonction des réalités. L'essentiel était pour lui de bien ajuster son choix. »


Pierma a écrit :
Je doute qu'il ait conçu une grande admiration envers Napoléon III : le vaincu de Sedan...


Du point de vue militaire, ce qu'il dit dans Le fil de l'épée ne va guère en effet dans ce sens :
« Aux échelons les plus élevés du commandement, où les ordres reçus sont nécessairement très larges, où les textes réglementaires ne fournissent plus que des indications générales, une telle faiblesse de décision tourne à l'infirmité et prend la forme de l'inertie.
On voit, à Magenta, Napoléon III, établi de sa personne près du pont de San Martino, demeurer toute la journée muet et inactif, assister, sans intervenir, à la lutte inégale que soutient la Garde, apprendre, sans réagir, le désordre qui mêle les corps Canrobert et Niel, constater, sans chercher à y parer, le retard de Mac Mahon. »

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Message Publié : 18 Juin 2016 13:34 
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Drouet Cyril a écrit :
Celui-ci, amusé, regarda son invité et lui répondit par ces simples mots: « Vous savez, cher président, c'est une question de moyens.»

Excellent ! :mrgreen:

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Message Publié : 18 Juin 2016 23:47 
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Grégoire de Tours
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Ah ce sens Gaullien de la repartie ! lol

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Message Publié : 19 Juin 2016 6:06 
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En même temps c'est toute la problématique qui a traversé sa vie : il a passé son temps à défendre ou à restaurer le rang de la France. ("qui n'est rien sans la grandeur", c'est dans la première page de ses mémoires) Toujours proche de l'histoire, il pouvait concevoir une certaine nostalgie de l'époque où la puissance française pouvait tenir tête à toute l'Europe. (Avant même Napoléon, le Grand Frédéric disait que s'il dirigeait la France "il ne se tirerait pas un coup de canon en Europe sans son autorisation.")

Dans ses mémoires il a une remarque un peu acide sur la puissance qu'il observe en 1944 au cours de son voyage aux Etats-Unis :" Je constate que l'optimisme va bien à qui en a les moyens."

D'où aussi une sorte d'exaspération, dans ses propos sur Napoléon, envers ce génie indiscutable, disposant d'une armée d'élite, et qui laisse la France plus petite qu'il ne l'avait trouvée, avec des frontières dessinées pour être difficiles à défendre. Ce que De Gaulle - "nous sommes la génération des catastrophes" - avait éprouvé jusqu'à la lie.

Son oeuvre accomplie, la France en paix disposant des moyens - y compris nucléaires - de se défendre, il pouvait se permettre d'en sourire.

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Message Publié : 19 Juin 2016 7:57 
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Pierma a écrit :
D'où aussi une sorte d'exaspération, dans ses propos sur Napoléon, envers ce génie indiscutable, disposant d'une armée d'élite, et qui laisse la France plus petite qu'il ne l'avait trouvée, avec des frontières dessinées pour être difficiles à défendre. Ce que De Gaulle - "nous sommes la génération des catastrophes" - avait éprouvé jusqu'à la lie.


On retrouve encore un peu de cela chez de Gaulle dans « Les chênes qu’on abat » de Malraux :
« Napoléon prétend toujours forcer la fortune. Pourtant les âmes, comme les choses, ont des limites. A partir de 1813, à force de frapper, il avait brisé l’épée de la France. Quand la proportion est rompue entre le but et les moyens, les combinaisons du génie sont vaines. Ce qu’il fait, dans la première partie de sa vie (je parle du chef de guerre) est admirablement prémédité. Tout ce qu’il fait après la retraite de Russie a l’air d’une aventure. Je sais bien que quand un lieutenant est devenu empereur, il faut penser que l’empereur, il peut penser que l’empereur revenu gagnera encore des batailles, et qu’on verra après. Mais il les livre comme s’il n’était plus lui.
[…]
Tout de même, a-t-il eu la vocation de la France ? Il aimait l’armée française, parce qu’à l’époque et sous son commandement, elle était la meilleure. Mais je crois qu’il a conçu son destin, même à Sainte-Hélène, comme celui d’un individu extraordinaire. Pourtant, c’est peu de chose, un individu, en face d’un peuple. »

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Message Publié : 19 Juin 2016 10:06 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 13 Mars 2010 20:44
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Drouet Cyril a écrit :
Il aimait l’armée française, parce qu’à l’époque et sous son commandement, elle était la meilleure.

Cf la page fameuse page qui ouvre les Mémoires de de Gaulle "quand j'entrais dans l'Armée, elle était une des plus grandes choses du monde"

_________________
il pleuvait, en cette Nuit de Noël 1914, où les Rois Mages apportaient des Minenwerfer


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