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Message Publié : 05 Août 2016 0:06 
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Salluste
Salluste

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L'allergie française au fascisme est-elle un mythe ou une réalité ?
C'est un mythe si l'on en croit cet ouvrage collectif.


Michel Dobry (dir.), Le mythe de l'allergie française au fascisme, Paris, Albin Michel, 2003, 460 p.

Rédigé par un collectif international de neuf chercheurs issus d'horizons de pensée divers, cet ouvrage pose à nouveau la question des origines du fascisme et de l'écho que celui-ci trouva en France durant le long XXe siècle.

Michel Dobry conteste deux idées : selon la première, les droites françaises, pétries de la culture démocratique nationale, ne seraient pas allées au-delà de tendances « autoritaires » peu menaçantes pour les institutions républicaines ; ce postulat réduit le 6 février 1934 à peu de chose et innocente les intéressés de la stratégie fondatrice de Vichy. Selon la seconde idée, le seul fascisme « authentique » proviendrait de la gauche « plébéienne et révolutionnaire », entre anarcho-syndicalisme d’avant 1914 et transfuge du Parti communiste français (Doriot).


http://www.albin-michel.fr/ouvrages/le- ... 2226137180
Citer :
La société française est-elle par nature « allergique » au fascisme ? Si l'idée peut sembler saugrenue, cette « thèse immunitaire » a pourtant été âprement soutenue par un groupe de spécialistes français d'histoire contemporaine. Formulée dès le début des années 1950, elle doit son succès initial à la possibilité qu'elle offre alors de tourner la page de Vichy et de « laver » les droites autoritaires de l'entre-deux-guerres de toute parenté avec le fascisme italien et le national-socialisme allemand. Devenue une sorte d'histoire officielle, elle est régulièrement recyclée, et c'est à elle que se raccrochent encore certains commentateurs pour rendre compte de la « nature » du Front national.
Le propos de ce livre est de rompre avec la logique classificatoire et de repenser ces mouvements en fonction des conjonctures historiques, en prenant pleinement au sérieux ce qui s'est joué dans les luttes de « labellisation » ou de classement qui les ont opposés. Au-delà des débats méthodologiques, on découvrira que les « faits » déduits de ces classements - la « marginalité » politique et sociale de ces mouvements, le caractère « simulé » de leurs luttes, la débilité politique de leurs chefs, leur caractère inoffensif pour les institutions démocratiques, en somme leur « manque de sérieux » (seuls les fascismes « authentiques », ceux qui ont « réussi », l'italien et l'allemand, mériteraient ce qualificatif) - n'ont eu qu'une réalité historique des plus douteuses. En ce sens, ce livre remet entièrement en cause l'imagerie « apaisante » et en définitive apologétique que la thèse immunitaire propose de notre passé et sans doute aussi, un peu, de notre présent.


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Message Publié : 05 Août 2016 0:29 
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Jean Mabillon
Jean Mabillon

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La thèse de la porosité française à lEgard du fascisme est issue des travaux iconoclaste de Zeev Sternhel qui sont très contestés par la plupart des chercheurs.Dobry reprend en fait les thèses de Sternhel.

Par exemple : les Inrockuptibles, magazine très lié aux intellos de gauche bobo http://www.lesinrocks.com/2014/10/12/li ... -11529320/

Je pense que Sternhel a exagéré l'influence d'intellectuels isolés et de groupes qui ont certes bien existe mais sont restés relativement marginaux et a sous estimé plusieurs phénomènes typiquement français comme la pénétration profonde de l'idéologie républicaine dans les milieux populaires et les classes moyennes, le lien fort entre patriotisme et République, le sentiment d'avoir gagné la guerre grâce à la République démocratique et contre la monarchie allemande.

J'ajoute aussi qu'à l'extreme droite dominait depuis 1900 la pensée de Maurras qui empêchait le développement d'une pensée proprement fasciste.


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Message Publié : 05 Août 2016 0:58 
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Salluste
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Jerôme a écrit :
La thèse de la porosité française à l'égard du fascisme est issue des travaux iconoclaste de Zeev Sternhel qui sont très contestés par la plupart des chercheurs. Dobry reprend en fait les thèses de Sternhel.

Oui. D'ailleurs Zeev Sternhel figure parmi le collectif international de neuf chercheurs qui a rédigé cet ouvrage. Le nombre de chapitres est égal au nombre de chercheurs ayant participé au livre. Ils ont chacun écrit un chapitre.


Jerôme a écrit :
Par exemple : les Inrockuptibles, magazine très lié aux intellos de gauche bobo http://www.lesinrocks.com/2014/10/12/li ... -11529320/

Le synopsis de l'article des Inrockuptibles : Dans “Fascisme français ?”, des historiens français répondent aux attaques de Zeev Sternell et remettent en question sa vision d’une France qui aurait “inventé” le fascisme.
Je me souviens avoir feuilleté cet ouvrage collectif dirigé par Serge Berstein et Michel Winock.


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Message Publié : 05 Août 2016 1:13 
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Salluste
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Dans une revue spécialisée, Antoine Prost a rédigé une recension de l'ouvrage collectif dirigé par Dobry : http://mouvement-social.univ-paris1.fr/ ... php?id=798


L'ouvrage collectif dirigé par Serge Berstein et Michel Winock déconstruit la thèse de ZS. Nous avons ici la quatrième de couverture :
http://www.cnrseditions.fr/histoire-con ... ncais.html
Citer :
La France a-t-elle été le laboratoire du fascisme avant d’en être la plus pure réalisation avec le régime de Vichy ? C’est la thèse défendue de livre en livre par l’historien israélien Zeev Sternhell, objet d’une controverse à rebondissements.

Au-delà des querelles de personnes, et en se limitant strictement à la discussion intellectuelle, une mise au point dépassionnée s’impose. Serge Berstein et Michel Winock s’y emploient dans ce livre, avec le concours d’historiens français et étrangers.

Non, le fascisme ne prit jamais en France l’allure d’un mouvement de masse. Et, s’il y eut bien une « imprégnation fasciste » dans les années 1930, elle fut surtout le fait d’intellectuels dont Zeev Sternhell grossit l’influence.

Une analyse salutaire et sans concession qui déconstruit le mythe des « origines françaises du fascisme ».

Avec les contributions de Jean-Pierre Azéma, Steven Englund, Emilio Gentile, Rainer Hudemann, Jean-Noël Jeanneney, Jacques Julliard, Marie-Anne Matard-Bonucci, Alain-Gérard Slama, Jean-Paul Thomas, Paul Thibaud.


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Message Publié : 05 Août 2016 4:05 
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Borsig a écrit :
Je me souviens avoir feuilleté cet ouvrage collectif dirigé par Serge Berstein et Michel Winock.

Quel est le titre de cet ouvrage ?

_________________
Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 05 Août 2016 7:02 
Borsig a écrit :
L'allergie française au fascisme est-elle un mythe ou une réalité ?
C'est un mythe si l'on en croit cet ouvrage collectif.
Il faudrait savoir exactement ce qu'on entend par "fascisme".

A l'origine, c'est le projet politique de Mussolini, pas complètement réactionnaire sur le plan social, nationaliste, agressivement expansionniste, autoritaire, hyper-volontariste, préconisant "una feroce voluntà totalitaria" (l'adjectif "totalitario", vite transposé dans toutes les langues, ayant été lancé par Giovanni Amendola, opposant puis victime du fascisme) et proclamant que "qui n'est pas avec nous est contre nous".

Dans la terminologie polémique marxiste, le terme désigne tout régime autoritaire opposé au projet communiste.

Déjà avec ça, et il doit y avoir d'autres cadre conceptuels, on a deux choses nettement distinctes.


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Message Publié : 05 Août 2016 9:24 
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Vous avez raison le terme Fasciste est employé à tort et à travers. Il vient des "Fasci italiani di combattimento" ou faisceaux de combat (par référence aux faisceaux des licteurs) C'est une philosophie bien spécifique édictée par Mussolini (lui même ancien socialiste ) et qu'il faut bien distinguer des philosophies de droite et d'extrême droite fleurissant à l'époque en Europe.

_________________
C'est l'ambition qui perd les hommes. Si Napoléon était resté officier d'artillerie, il serait encore sur le trône.

Mr Prudhomme


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Message Publié : 08 Août 2016 9:59 
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Philippe de Commines
Philippe de Commines

Inscription : 17 Mars 2004 23:16
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Borsig a écrit :
Dans une revue spécialisée, Antoine Prost a rédigé une recension de l'ouvrage collectif dirigé par Dobry : http://mouvement-social.univ-paris1.fr/ ... php?id=798


L'ouvrage collectif dirigé par Serge Berstein et Michel Winock déconstruit la thèse de ZS. Nous avons ici la quatrième de couverture :
http://www.cnrseditions.fr/histoire-con ... ncais.html
Citer :
La France a-t-elle été le laboratoire du fascisme avant d’en être la plus pure réalisation avec le régime de Vichy ? C’est la thèse défendue de livre en livre par l’historien israélien Zeev Sternhell, objet d’une controverse à rebondissements.

Au-delà des querelles de personnes, et en se limitant strictement à la discussion intellectuelle, une mise au point dépassionnée s’impose. Serge Berstein et Michel Winock s’y emploient dans ce livre, avec le concours d’historiens français et étrangers.

Non, le fascisme ne prit jamais en France l’allure d’un mouvement de masse. Et, s’il y eut bien une « imprégnation fasciste » dans les années 1930, elle fut surtout le fait d’intellectuels dont Zeev Sternhell grossit l’influence.

Une analyse salutaire et sans concession qui déconstruit le mythe des « origines françaises du fascisme ».

Avec les contributions de Jean-Pierre Azéma, Steven Englund, Emilio Gentile, Rainer Hudemann, Jean-Noël Jeanneney, Jacques Julliard, Marie-Anne Matard-Bonucci, Alain-Gérard Slama, Jean-Paul Thomas, Paul Thibaud.


Et là ce sont des signatures vraiment sérieuses, vraiment de tous bords, et non pas un collectif d'historiens de gauche militants de la cause de la culpabilité éternelle et imprescriptible du peuple français pour ainsi mieux asseoir leur domination idéologique au service de la cause d'un internationalisme sans-frontieriste.


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Message Publié : 08 Août 2016 12:50 
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Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 23 Déc 2010 13:31
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Elgor a écrit :
Vous avez raison le terme Fasciste est employé à tort et à travers. Il vient des "Fasci italiani di combattimento" ou faisceaux de combat (par référence aux faisceaux des licteurs) C'est une philosophie bien spécifique édictée par Mussolini (lui même ancien socialiste ) et qu'il faut bien distinguer des philosophies de droite et d'extrême droite fleurissant à l'époque en Europe.

Et notamment par Sternhell...


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Message Publié : 11 Août 2016 17:42 
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Salluste
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La thèse de Zeev Sternhell n'est pas nouvelle, mais elle a été récemment vulgarisée en 2014 dans "Histoire et Lumières" aux éditions Albin Michel.

Rappel historiographique :
1978 : La Droite révolutionnaire : les origines françaises du fascisme (ZS)
1983 : Ni droite ni gauche, l’idéologie fasciste en France (ZS)

Selon ZS, du premier nationalisme français au fascisme des années trente, il y a solution de continuité. Hostilité aux Lumières, hostilité à la démocratie libérale. Son Barrès était déjà une œuvre provocatrice mais, avec les travaux sur le fascisme, on touche à une zone sensible, à un passé qui a d’autant plus de mal à passer en 1983 qu’il ouvre une brèche. Il canonne à feu nourri l’historiographie française qui ne voulait voir, dans le fascisme, qu’un produit d’importation. Selon Sternhell, le fascisme a mûri dans une éprouvette "made in France", il est le fruit de la copulation monstrueuse entre les valeurs de la gauche révolutionnaire (les masses, la révolution) et la vieille droite (le nationalisme de la terre et des morts).
http://www.lapaixmaintenant.org/Zeev-St ... a-voix-nue


L'ouvrage collectif dirigé par Serge Berstein et Michel Winock est écrit en réaction à "Histoire et Lumières" : https://www.youtube.com/watch?v=7utSgZVyCFQ


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Message Publié : 11 Août 2016 18:02 
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Caesar Scipio a écrit :
Et là ce sont des signatures vraiment sérieuses, vraiment de tous bords, et non pas un collectif d'historiens de gauche militants de la cause de la culpabilité éternelle et imprescriptible du peuple français pour ainsi mieux asseoir leur domination idéologique au service de la cause d'un internationalisme sans-frontieriste.

Il y a un complot judéo-bolchevique chez les historiens ? :mrgreen:

Jean-Noël Jeanneney, un des contributeurs, a une excellente expression pour ce genre de caricature : "dessiner un diable sur le mur pour lui jeter des cailloux."

_________________
Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 11 Août 2016 22:03 
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Salluste
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La droite révolutionnaire - Les origines françaises du fascisme
http://www.fayard.fr/la-droite-revoluti ... 2213605814
Citer :
La Droite révolutionnaire est l'une de ces très rares recherches vraiment neuves et incontestablement salutaires. " En écrivant ce livre passionnant sur "la droite révolutionnaire" en France entre 1885 et 1914, l'historien israélien Zeev Sternhell a exhumé un dossier enfoui par une espèce de censure collective, depuis la défaite du fascisme ", écrit dans Le Nouvel Observateur François Furet au moment de sa parution en 1978. L'ouvrage a littéralement miné le sage roman national qui se racontait en France. Celui-ci voulait que, depuis la Révolution, l'histoire de France ait tourné au même régime à trois temps : celui de l'orléanisme (de Louis-Philippe à Valéry Giscard d'Estaing), du bonapartisme (de Napoléon III à Charles de Gaulle) et de la contre-Révolution (de Joseph de Maistre à l'extrême droite contemporaine). La conclusion semblait s'imposer d'elle-même : la France avait échappé au virus fasciste.
L'ouvrage de Zeev Sternhell, " un livre magistral ", selon Jorge Semprun (Le Point) et beaucoup d'autres lecteurs de la première heure, comme Renzo De Felice, devenu une référence dès sa parution, prouve au contraire que la France non seulement n'a pas échappé à la contamination fasciste (ce que montrent à l'envi les années trente et certains aspects de Vichy), mais qu'elle fut au foyer de l'idéologie fasciste. Jean-Pierre Rioux met en évidence " l'immense acquis de ce livre : dans une France qui entre en modernité, le fascisme s'est dessiné. La Bête est dans nos murs. [...] Ce livre fera date par son obstination à poser, face aux vieux mariage querelleur de la droite et de la gauche, le jeune couple moderne de la classe et de la nation ". De 1885 à 1914, les théoriciens de la droite révolutionnaire - qui n'était pas la droite contre-révolutionnaire traditionnelle - posèrent les fondements génétiques du racisme, formulèrent l'association organique du Capital et du Travail, définirent un régime antidémocratique puisant l'autorité dans le culte du chef, élaborèrent la nécessité, pour entretenir l'énergie des masses, de mythes, récits et images destinés à une propagande d'État.
Ces thèses sont aujourd'hui acceptées, au point que l'ouvrage connaît une forme particulière de postérité : son titre est devenu une expression commune chez les historiens. " Voici en tout cas un livre à lire : savant, inquiétant, excitant ", conclut Maurice Agulhon dans La Quinzaine littéraire.
Cette nouvelle édition est précédée d'un essai inédit replaçant dans le contexte intellectuel européen les théories de la droite révolutionnaire.
Zeev Sternhell, professeur d'histoire des idées, occupe la chaire Léon-Blum de science politique à l'université hébraïque de Jérusalem.


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Message Publié : 12 Août 2016 22:13 
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Salluste
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Michel Dobry (dir.), Le mythe de l'allergie française au fascisme, Paris, Albin Michel, 2003, 460 p.

LE SOMMAIRE

    La thèse immunitaire face aux fascismes
    La « Marche sur Rome » : version originale sous-titrée. La réception du fascisme en France dans les années 20
    L'Action française à l'ère du fascisme : une perspective contextuelle
    L'étrange cas La Rocque
    Figures d'écrivains fascistes
    Labels politiques et construction de l'identité militante : le cas du Front national
    Le « national-populisme » ou le fascisme disparu
    Les cinq phases du fascisme
    Le fascisme, ce « mal du siècle »...


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Message Publié : 12 Août 2016 23:16 
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Salluste
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Inscription : 03 Avr 2016 0:35
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J'ai créé récemment deux fils, l'un sur le livre de François Azouvi, et l'autre sur la thèse controversée de Zeev Sternhell. Contre toute attente les deux fils se télescopent. A la page 334 de son livre, François Azouvi fait allusion aux travaux de Sternhell :

Citer :
Trois livres, presque simultanés, sont ici à considérer pour leur valeur de balises : du premier, L'idéologie française (Bernard-Henri Lévy), du second, La République et les Juifs après Copernic (Shmuel Trigano) et, du troisième, L'Avenir d'une négation (Alain Finkielkraut). Chacun des trois, selon la pente qui est la sienne, prend en compte l'un des aspects au moins que l'histoire française récente a rendus saillants : la permanence d'un antisémitisme bien de chez nous, révélé par l'affaire Darquier ; la montée du terrorisme antisémite avec l'attentat de la rue Copernic ; le fait nouveau du négationnisme, que l'affaire Faurisson a mis au jour.

Des trois livres, c'est celui de Bernard-Henri Lévy qui a eu le plus grand succès, et de loin, même si, aujourd'hui comme hier, ses faiblesses sautent aux yeux. Mais c'est qu'il surfait sur la crête d'une vague qui n'avait cessé de grandir tout au long des années soixante-dix : la dénonciation d'un fascisme à la française, longtemps occulté mais que les films et les romans récents auraient enfin obligé les Français à regarder en face. Il y avait déjà quelque chose comme cela dans le travail universitaire de l'historien israélien Zeev Sternhell, La Droite révolutionnaire, 1885-1914, publié trois ans plus tôt [1978]. Poursuivant une recherche antérieure sur le nationalisme de Maurice Barrès, Sternhell avançait l'idée non seulement que la France n'avait pas été préservée de l'infection fasciste, mais qu'elle en avait inventé le prototype dans une droite qui n'était ni contre-révolutionnaire, ni bonapartiste, mais qui opérait la synthèse insolite de l'idée révolutionnaire de gauche et de l'idée nationaliste, élitiste, hiérarchique et antisémite, de droite. Le travail de Sternhell, en dépit de ses qualités et de la nouveauté de son corpus, avait suscité beaucoup de réserves de la part des historiens qui lui reprochaient l'anachronisme de sa lecture, ses références étant toujours interprétées à la lumière des événements des années quarante.


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Message Publié : 13 Août 2016 0:02 
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Jean Froissart
Jean Froissart

Inscription : 27 Déc 2013 0:09
Message(s) : 1338
Borsig a écrit :
Selon ZS, du premier nationalisme français au fascisme des années trente, il y a solution de continuité.
Je pense qu'il faut lire « continuité » et non « solution de continuité » qui signifie le contraire.

Il y a effectivement eu des théoriciens d'une révolution de type fasciste à la fin du dix-neuvième siècle.

Il y a eu aussi des ligues fascistes dans l'entre-deux guerres. Mais elles sont très loin d'avoir rassemblé des foules au contraires des mouvements fondés par Mussolini et Hitler. Le mouvement le plus dangereux était la Cagoule, mais il n'avait pas de base populaire. Les Croix de Feu sont souvent assimilées à une ligue fasciste. C'est une erreur. Ce mouvement était hostile au régime parlementaire de la Troisième République mais restait acquis à la démocratie et à la légalité. Ce qui a rassemblé le peuple, ce fut, à l'opposé des mouvements de droite révolutionnaire, le Front Populaire d'inspiration marxiste. Le fascisme n'a pas pris en France, c'est un fait qui s'impose.

La Révolution Nationale lancée par Pétain a fait long feu et Laval, qui était devenu le chef effectif de ce régime dès la fin de l'année 1942, n'avait rien de fasciste. Laval n'avait pas d'idéologie. Sa politique de collaboration était une stratégie.

Finalement, des mouvements fascistes se sont manifestés en France mais ils n'ont pas prospéré. Les termes d'allergie au fascisme me paraissent justifiés.


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