A la une du Blog de l'histoire
Nous sommes actuellement le 18 Nov 2017 5:27

Le fuseau horaire est UTC+1 heure




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 25 message(s) ]  Aller vers la page 1, 2  Suivant
Auteur Message
Message Publié : 24 Juil 2017 10:41 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote

Inscription : 23 Juil 2017 18:24
Message(s) : 7
Bien le bonjour! Je suis actuellement au lycée pour un bac L et l'histoire me plaît énormément! Je compte donc me lancer dans des études pour devenir historien et plus précisément médiéviste en étudiant le moyen âge et les langues anciennes concernant cette période. Je n'ai pas fait de latin lors de ma scolarité à mon grand regret et de ce constat là, j'avais quelques question à vous poser. J'ai découvert que l'école national de Chartes m'était impossible d'accès car il fallait avoir fait du latin dès sa scolarité! Néanmoins j'ai lu qu'il existait des masters comme le master :"études médiévales" qui est un master quelque peu spécial car il regroupe l'enseignement de La Sorbonne et de l'ENS! Je voulais donc en premier lieu savoir si vous en aviez entendu parler, si cela valait le coup et si il est difficile d'y entrer après un prépa! Ma deuxième question concerne La Sorbonne car, si je ne réussis pas à avoir mes grandes écoles à l'aide de la prépa (chose probable), je voulais me tourner vers la fac et donc ce master études médiévales; hélas, ayant un doute sur ce fameux master, je suis de bien prêt le cursus qu'offre Paris IV Sorbonne et je voulais vous demander si, pour les études médiévales La Sorbonne était un bon choix. Sinon, existe-t-il d'autres établissement très bien côtés qui proposent un enseignement de haut niveau ( sachant que mon désir est de devenir médiéviste et donc de connaître les langues anciennes propres à ce métier) (latin médiéval, latin, vieux français). En outre, je voulais savoir si après un master dans une école, il était possible d'aller dans un autre établissement pour passer notre doctorat comme par exemple passer de La Sorbonne à l'école nationale de Chartres? enfin, je voulais savoir si vous aviez une idée de la différence de niveau entre La Sorbonne et chartes en terme de qualité d'enseignement, ce bilan me serait fort utile! Merci de m'avoir lu et merci d'avance pour votre réponse! En vous souhaitant une très bonne journée!


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 24 Juil 2017 13:02 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote

Inscription : 10 Août 2015 20:20
Message(s) : 13
Bonjour à toi !

Je vais tenter de répondre brièvement à tes questions en étant en master à Paris I je pourrais peut être t'aider.

Tout d'abord, chose cruciale pour un médiéviste, il n'est jamais trop tard pour se mettre au latin. C'est une question de volonté et d'intérêt. Mets-toi y maintenant si tu intègres une prépa.
A la suite de celle-ci, si tu vises les concours, très bien. Sinon tu pourras intégrer une Université en L3 ou en master si tu as khûbé (même si maintenant j'ai entendu dire que cela devenait plus difficile).

En ce qui concerne la Sorbonne (Paris I ou Paris IV), elle propose des master d'Histoire médiévale de qualité. Je suis moi-même affilié au Master Histoire Médiévale car celui-ci est regroupé avec l'Histoire Moderne à Paris I (je ne sais pas comment cela ça se passe à Paris IV). Au demeurant, ce sont des séminaires de qualités. Ce qui importe, c'est trouver le directeur de recherche qui correspondra à tes préférences en histoire médiévale (histoire politique, économique, sociale, culture matérielle etc.). Au reste donc, beaucoup te diront qu'il ne faut pas trop hésiter en fonction de l'Université prestigieuse de ton choix mais qu'il faut surtout que tu sois à l'aise avec ton directeur de recherche. Ne te languis donc pas trop entre Paris I ou Paris IV (ou autres), peu importe les différences historiques entre ces deux Universités qui partagent les mêmes locaux. Là encore (et ce n'est pas pour prêcher pour ma paroisse) choisir entre Paris I - Paris IV dépendra de ton sujet de recherche !

Enfin, tu peux évidemment changer d'établissement après un master mais tu peux très bien continuer avec le même directeur de maîtrise pour un doctorat.
Lorsque j'ai défini mon sujet de recherche il y a quelques semaines avec ma DR en histoire moderne, elle m'a fait comprendre que celui-ci, qui s'intègre dans un de ses nouveaux programmes de recherches, pourrait, au regard du travail, faire l'objet d'un doctorat par la suite.

Bref les possibilités sont nombreuses et j'espère que d'autres avis pourront compléter le mien !


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 24 Juil 2017 13:43 
Hors-ligne
Modérateur
Modérateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 23 Jan 2009 15:49
Message(s) : 2666
La question étant quand même : faire des étudies d'histoire médiévale, dans quel but ?
Médiéviste, ce n'est pas un travail, juste un domaine de spécialisation.
Les chartes (sans r, contrairement à la ville) vous mèneront plutôt vers les métiers des archives ; l'université est la voie habituelle pour le professorat.
Si vous vous envisagez le doctorat, vous vous engagez pour au moins 8 (souvent 9 ou 10, si ce n'est plus) années d'études. Dans quel but ? Pour devenir quoi ensuite ?

C'est un peu terre à terre, mais mieux vaut y réfléchir tôt que de se retrouver le bec dans l'eau à 30 ans...


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 24 Juil 2017 14:01 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote

Inscription : 23 Juil 2017 18:24
Message(s) : 7
Merci pour vos réponses! Tout est maintenant plus claire!! Je vous l'accorde qu'être médiéviste est une spécialisation mais utiliser ce terme me permettait de résumer la voie qui me tente aujourd'hui! L'agrégation fait partie de mes plans car l'éloquence et la transmission sont deux chose qui me passionnent!! Bien sur, la recherche m'intéresse aussi énormément! Mais avec une agrégation, des propositions d'emplois en tant que professeur dans une université sont envisageables chose me tentant énormément avec la recherche, je vous l'accorde!


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 24 Juil 2017 15:05 
Hors-ligne
Polybe
Polybe
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 29 Oct 2014 16:51
Message(s) : 74
Localisation : þar ligg ég til ragnarök
Bonjour Hipposarz,

Je suis en master d'histoire médiévale à Paris IV, donc si tu as des questions spécifiques à cette fac, n'hésites pas.

Pour répondre à tes questions:

Sur le latin, il n'est jamais trop tard pour s'y mettre. C'est effectivement une langue importante pour le Moyen Age mais elle n'est pas exclusive. Si tu travailles par exemple sur les XIVe-XVe s., beaucoup de sources seront en langue(s) vernaculaire(s), souvent plus compliquées que le latin (parce que très variées). Et c'est sans parler des aires géographiques en dehors du monde latin. Ceux qui travaillent sur le commerce méditerranéen par exemples doivent sûrement avoir des bases en arabe etc... Quoi qu'il en soit beaucoup d'étudiants (j'en fait partie) se mettent aux langues anciennes au cours de la licence, donc tu es loin d'être en retard!

Et comme dans toutes les sciences humaines, il n'y a pas que les langues anciennes dans les études d'histoires. A moins que tu ne veuilles te spécialiser dans quelque chose de franco-français, il quasiment sûr qu'il te faudras un (très) bon niveau d'anglais voir d'autres langues vivantes. Il faut que tu puisses aborder l'historiographie de ton sujet. Donc si par exemples tu travailles sur le Saint Empire, il ne faut pas qu'un gros bouquin en allemand te rebute.

Sur l'Ecole des Chartes (du nom des documents, pas de la ville), c'est une école qui prépare plutôt aux métiers des archives. Par exemples, ceux qui s'occupent des manuscrits anciens à la BNF sont des archivistes. Une grosse partie de la formation est axée sur les langues anciennes, donc si ça te plaît pourquoi pas! Mais c'est un concours difficile post-prépa.

En ce qui concerne le choix de la fac. Je te conseillerais de faire ta licence dans la fac la plus proche de chez toi. Au cours de tes 3 années, tu vas affiner ton projet. Pour te parler de mon expérience personnelle, quand je suis rentré en L1, j'étais fan du XVIIIe s. et de l'histoire maritime. Et pourtant j'ai découvert le Haut Moyen Age et j'ai chopé le virus! Une fois que tu auras une idée précise de ce dans quoi tu veux te spécialiser, regarde les professeurs qui pourraient te suivre en Master recherche sur le site des universités. Prends RDV avec eux et parles-en avec eux. Choisis ensuite ton directeur en fonction du feeling, de ce qu'il te propose et du coût que cela représente (si t'habites à Paris mais que ton directeur idéal est à Marseille, ça peu poser problème). Plus que le prestige de la fac, c'est surtout ça qui compte.

Il est théoriquement possible de changer de fac/école/DR entre chaque cycle universitaire (Licence, Master...), mais tu devras passer une sélection.

Comme l'a dit Calame, Médiéviste n'est pas un métier. Si tu décides de passer les concours de l'enseignement, tu n'enseigneras quasiment pas le Moyen Age (parce qu'on ne le trouve quasiment pas dans les programmes du secondaire). Tu peux te diriger vers une carrière de chercheur à l'université, mais il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus.

Je ne peux que t'inciter à t'intéresser également à l'archéologie.

En espérant t'avoir aidé,

Uvy

_________________
"Hefk á Saxa ok á Svíar herjat, Íra ok á Engla ok endr Skota, Frísa ok Frakka ok á Flæmingja; þeim hefk öllum óþarfr verit."
"J'ai combattu contre les Saxons et les Suédois, les Irlandais et les Anglais, et encore contre les Ecossais, les Frisons et les Francs et contre les Flamands ; à tous j'ai été nuisible."
Örvar-Odds saga


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 24 Juil 2017 17:13 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote

Inscription : 23 Juil 2017 18:24
Message(s) : 7
Merci beaucoup pour votre réponse! je voulais aussi vous demander: suite à une agrégation et un doctorat, le poste d'enseignant chercheur à l'université est-il aisément accessible ou imprenable? Car les voies de la recherche ou/et de l'enseignement sont mes principaux objectifs. Vous parliez aussi de l'archéologie, le cursus pour devenir archéologue est-il si différent que celui proposé en études médiévales? Peut-on alors le réaliser, lui aussi à Paris Sorbonne IV?
Merci d'avance!


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 24 Juil 2017 21:14 
Hors-ligne
Eginhard
Eginhard

Inscription : 25 Mai 2004 21:35
Message(s) : 892
Localisation : Paris
Hipposarz a écrit :
Merci beaucoup pour votre réponse! je voulais aussi vous demander: suite à une agrégation et un doctorat, le poste d'enseignant chercheur à l'université est-il aisément accessible ou imprenable?

C'est très très difficile.

Tout d'abord, un rappel : pour devenir enseignant-chercheur à l'université, il faut un doctorat. L'agrégation est un concours de recrutement d'enseignants du secondaire (=collège-lycée) : elle ne donne pas droit au supérieur (sauf exception : les PRAG, mais c'est rare et en réalité ils sont aussi docteurs). Cependant, en pratique, on ne recrute que des docteurs qui sont agrégés. Bref, il vaut mieux avoir l'agrégation, mais ce n'est pas une condition officielle, et surtout pas suffisante!

Pour vous donner une idée, cette année, il y avait 4 ou 5 postes de maître de conférences (= enseignant-chercheur à l'université) en histoire médiévale en France. Vous y ajoutez le même nombre au CNRS (poste de chercheur uniquement, sans enseignement) et vous avez : 10 postes de médiévistes par an au grand maximum dans toute la France.
Or il y a beaucoup plus de titulaires d'un doctorat en histoire médiévale. Pour chaque poste, il y a au minimum 50 candidats, peut-être plus.
Ce n'est donc pas inaccessible, mais soyez conscient que les heureux élus sont une petite minorité.

Citer :
Vous parliez aussi de l'archéologie, le cursus pour devenir archéologue est-il si différent que celui proposé en études médiévales? Peut-on alors le réaliser, lui aussi à Paris Sorbonne IV?

Le cursus est malheureusement très différent. Vous pouvez le faire à Paris IV, mais il faut alors s'inscrire en Licence d'archéologie-histoire de l'art, dans laquelle vous ne ferez que très peu d'histoire. C'est très dommage : aujourd'hui, les archéologues sont bien plus proches des historiens que des historiens de l'art. Le cursus universitaire reste cependant très clivé en deux parcours presque étanches!


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 24 Juil 2017 23:47 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote

Inscription : 23 Juil 2017 18:24
Message(s) : 7
Merci encore une fois pour votre réponse! Mais alors, si les places en recherche sont très prisés, que font les historiens de dîplomes qui ne sont pas enseignant?
J'ai aussi entendu parler du dîplome : Habilitations à diriger des recherches ( HDR) proposé par La Sorbonne, celui-ci facilite-t-il l'accés au métier de chercheur ou maître de conférence?


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 25 Juil 2017 9:13 
Hors-ligne
Modérateur
Modérateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 23 Jan 2009 15:49
Message(s) : 2666
L'HDR ne s'obtient que quand vous êtes déjà enseignant (maître de conférence) dans une fac. C'est ce qui vous donne le droit de diriger des doctorats et donc de prétendre au poste de professeur des universités.
Comme le souligne Hélios, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. Pour financer les études (notamment le doctorat) et pour attendre un poste (qui ne vient pas toujours...), de nombreux jeunes chercheurs galèrent, font des petits boulots, enchaînent des CDD précaires au smic ; ça peut ne pas paraître très important quand on a 18 ans, mais quand on en a 30 et qu'on ne peut pas avoir de prêt pour un appartement ou prévoir une vie de famille, ça l'est beaucoup plus.
Beaucoup de docteurs en histoire font toute leur carrière dans le secondaire. Soyez donc conscient que vous vous engagez dans une voie difficile, et qui va le devenir de plus en plus.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 25 Juil 2017 9:18 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote

Inscription : 23 Juil 2017 18:24
Message(s) : 7
Je comprends, merci beaucoup, je vais réfléchir sur la question!


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 25 Juil 2017 9:45 
Hors-ligne
Polybe
Polybe

Inscription : 21 Sep 2010 13:45
Message(s) : 62
Bonjour,

Je ne peux qu'appuyer les propos des intervenants précédents... Etre médiéviste est certainement plus une spécialisation qu'un métier... Il y a énormément de manière d'être médiéviste.

Mon ancien directeur de recherche en Master me disait il y a une dizaine d'années, qu'il n'acceptait plus les doctorants qui n'avaient pas de concours de l'enseignement car c'était, dans le cas contraire, les envoyer vers la précarité. La nouvelle formule du doctorat, qui occupe pas mal les doctorants, change un peu les choses, mais je crois que c'était une sage décision, partagée par de nombreux directeurs de recherche...

Et puis, je ne peux m'empêcher de signaler une chose... Je sais comment on enseigne le Moyen âge et les autres périodes dans le secondaire (parce que je l'enseigne moi-même), et parfois, à la fac ou dans le supérieur, au détour d'un CM ou TD, ou même grâce à un professeur, on voit d'une nouvelle manière, d'un nouvel éclairage, ce qu'est l'Histoire, ce qu'est l'Antiquité, l'époque moderne... alors qu'on trouvait cela génial ou ennuyant auparavant !
Les premières années dans le supérieur sont souvent un révélateur pour tout étudiant d'histoire qui veut poursuivre dans cette voie...
Donc il ne faut peut-être pas choisir directement sa faculté ou son école en fonction de son futur directeur de recherche (qui ne le sera que dans trois ans au minimum lorsqu'on sort du baccalauréat).

Enfin, méfions-nous aussi de la célébrité de certains professeurs... j'en ai connu quelques uns, très connus et d'une approche très pédagogique et très facile, mais aussi d'autres très connus et peu sympathiques... Cela m'a appris à ne pas toujours courir après la lumière de certains professeurs (qui écrivent beaucoup, passent beaucoup à la télévision) et parfois d'aller vers des professeurs moins connus mais tout aussi spécialistes et intéressants...


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 25 Juil 2017 9:55 
Hors-ligne
Polybe
Polybe
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 29 Oct 2014 16:51
Message(s) : 74
Localisation : þar ligg ég til ragnarök
Bonjour Hipposarz,

Pour compléter ce que dit Hélios. Si tu veux devenir prof à la fac, il te faut devenir Maître de Conférence (MCF), qui est le premier grade des enseignants chercheurs (il y a aussi les ATER, mais c'est un poste temporaire et les PRAG qui n'ont pas de recherches prévues, officiellement en tout cas). Le recrutement se fait par élection. L'université publie une offre d'emploi, généralement ultra spécifique (par ex: recherche un spécialiste des Etats Latins d'Orient, ou quelque chose comme ça). Ensuite les candidats passent un oral devant un jury de MCF et de PU. La sélection est généralement opaque et bien des fois, le jury sélectionne l'heureux élu sur des critères qui n'ont rien à voir avec l'oral de recrutement. L'exemple type étant le directeur du jury qui veut recruter un jeune chercheur qu'il connait bien et qui va concocter une offre de poste à laquelle seul le jeune chercheur en question correspond parfaitement. Une sélection similaire est organisée pour les MCF qui veulent passer PU.

Aussi, il n'y a pas de places "en recherche" (à part le CNRS et encore c'est des postes temporaires je crois). A la fac, les profs sont enseignants-chercheurs. Dans la pratique ils passent la très grande majorité de leur temps dans leurs cours ou dans les tâches administratives qu'on leur donne (organiser des colloques...). Bcp de chercheurs te diront qu'ils n'ont pas le temps de faire leurs recherches personnelles en dehors des vacances d'été. Et comme il y a toujours plus d'étudiants et toujours moins de moyens, pas besoin de passer l'agreg de maths pour comprendre...

Donc si tu veux devenir enseignant-chercheur il te faudra une thèse et une agreg (théoriquement non-obligatoire mais utilisée pour écrémer) bien classée.

Nous n'avons pas aussi parlé de l'obtention d'un contrat doctoral. Contrairement aux sciences dures, les thèses de sciences humaines ne sont pas toutes financées (c'est même une petite minorité qui sont financées). Et celles qui sont financées ne le sont souvent pas à temps plein. Beaucoup de thésard doivent enseigner à côté de leur thèse. Et quand on dit "financé", ça m'étonnerait qu'ils touchent le SMIC horaire. Donc, après un Master et une Agreg (donc Bac +6 au mieux et souvent plus), tu t'engages sur au minimum minimorum 5 ans de plus, sans être sûr d'avoir le poste que tu veux à la fin.

Seuls les MCF passent l'HDR, ex doctorat d'Etat. Il me semble que c'est le plus haut diplôme qui existe en France.

En ce qui concerne l'archéologie, je ne peux que conseiller à un futur étudiant en histoire, surtout en médiévale, de participer à des chantiers de fouille. C'est une expérience sympathique, et c'est "bien pour le CV". Tu trouveras toutes les infos sur le site du Ministère de la Culture. Si ça te tente, il existe des doubles cursus histoire/archéo dans certaines facs. Mais archéologue et historien, sont deux métiers, certes complémentaires, mais très différents. Faut pas avoir peu de la boue (ou de ce qu'on peut trouver dedans) xD. Mais dis-toi bien que la situation de l'emploi en archéologie est encore pire que celle qu'on décrit pour l'histoire, carrément catastrophique.

Comme l'a justement dit Calame, la majorité des docteurs en histoire font leur carrière dans le secondaire. Après, si tu tiens absoluement à enseigner à la fac, il y a toujours l'expatriation mais c'est un énième paris incertain. On ne compte plus les jeunes chercheurs européens qui vont tenter leur chance dans les pays émergeants. Mais rien n'assure à terme une place en France.

Sois aussi conscient que, malgré le tableau noir que l'on te décrit, la situation a de grandes chances de s'empirer avec les mesures annoncées par Macron.

En espérant t'avoir aidé,

Uvy

_________________
"Hefk á Saxa ok á Svíar herjat, Íra ok á Engla ok endr Skota, Frísa ok Frakka ok á Flæmingja; þeim hefk öllum óþarfr verit."
"J'ai combattu contre les Saxons et les Suédois, les Irlandais et les Anglais, et encore contre les Ecossais, les Frisons et les Francs et contre les Flamands ; à tous j'ai été nuisible."
Örvar-Odds saga


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 25 Juil 2017 10:00 
Hors-ligne
Modérateur
Modérateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 23 Jan 2009 15:49
Message(s) : 2666
UvyMordicante a écrit :
Aussi, il n'y a pas de places "en recherche" (à part le CNRS et encore c'est des postes temporaires je crois).

Juste sur ce point, il existe des postes fixes au CNRS (encore heureux !) :-)

Après, comme le dit Oreste, tu n'es qu'au lycée, et il est difficile d'avoir une vision réelle à la fois de tes capacités et de tes goûts. Si l'histoire t'intéresse beaucoup, fais donc trois ans de licence ou deux ans de prépa + une L3, et dans trois ans, tu y verras sans doute déjà bien plus clair.

Quand au risque des directeurs "médiatiques" peu sympathiques (ou tout au moins peu disponibles pour leurs étudiants), malheureusement, c'est souvent le cas. Plus un professeur est reconnu, moins il a de temps... :-|


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 25 Juil 2017 10:49 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote

Inscription : 23 Juil 2017 18:24
Message(s) : 7
Je suis au moins très heureux d'avoir des gens du métier qui me répondent! Cela me permet d'avoir une vision extrêment réaliste des choses et je vous en remercie! Même si le tableau que vous me peignez est si noir que ça en devient effrayant! xD Mais à ce que j'ai compris devenir enseignement chercheur nécessite du temps et offre une grande incertitude! La chose déjà bonne est que l'enseignement dans le secondaire offre un emplois, ce qui est déjà une bonne chose! Mais dans l'enseignement secondaire, prenez vous en compte les prépas ou est-ce uniquement les lycées? Car, je vous avoue malgré toutes ces mises en garde que j'écoute et considère avec grande attention, je me dis que dans tous métiers, il me faudra lutter quelque soit la filière pour devenir enseignant chercheur! Mais comme vous l'avez dit, je suis encore au lycée! Je vais donc bien prendre le temps d'y réfléchir! Mais par exemple, je voulais vous demander si ce n'est pas trop indiscret, vous en tant qu'étudiant confirmé en histoire, pensez-vous pouvoir un jour enseigner à la fac ? Pour ce qui est d'Emmanuel Macron, j'ai en effet entendu parler de cette nouvelle politique d'examen mise en place par les universités pour sélectionner leurs enseignants; la tâche va en effet devenir de plus en plus rude!
Merci encore pour vos réponses!


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 25 Juil 2017 12:11 
Hors-ligne
Polybe
Polybe
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 29 Oct 2014 16:51
Message(s) : 74
Localisation : þar ligg ég til ragnarök
De ce que j'en sais, les profs de prépas (CPGE) sont recrutés sur dossier par les directeurs des prépas (je peux me tromper sur ce point). Ils prennent généralement des profs agrégés, docteurs, expérimentés dans le secondaire et qui sont passés par ce que vivent les étudiants de pérpa. Donc par exemple, la majorité des profs de prépa ENS sont normaliens etc...

Hipposarz a écrit :
je voulais vous demander si ce n'est pas trop indiscret, vous en tant qu'étudiant confirmé en histoire, pensez-vous pouvoir un jour enseigner à la fac ?


Je ne me fais pas (plus) trop d'illusions. Et j'ai peur que les aspects matériels me rattrapent avant les candidatures MCF ^^

Hipposarz a écrit :
Pour ce qui est d'Emmanuel Macron, j'ai en effet entendu parler de cette nouvelle politique d'examen mise en place par les universités pour sélectionner leurs enseignants; la tâche va en effet devenir de plus en plus rude!
Merci encore pour vos réponses!


Evitons de parler trop de politique ici, sinon on risque de se faire recadrer par un modérateur. La loi Vallaud-Belkacem a mis en place la sélection en Master, et, à mon avis, la sélection va être de plus en plus présente à l'université. Donc ça va rendre la vie des étudiants plus difficile. Quant à Macron, il a baissé le budget de l'enseignement supérieur. Or, il y avait déjà beaucoup de problèmes d'argent avant cette baisse. Si tu veux t'en faire une idée, tu peux regarder ce site https://universiteenruines.tumblr.com/, qui recense les pires cas. Peut-on toujours faire mieux avec moins de moyens? Moi je ne le crois pas.

Uvy

_________________
"Hefk á Saxa ok á Svíar herjat, Íra ok á Engla ok endr Skota, Frísa ok Frakka ok á Flæmingja; þeim hefk öllum óþarfr verit."
"J'ai combattu contre les Saxons et les Suédois, les Irlandais et les Anglais, et encore contre les Ecossais, les Frisons et les Francs et contre les Flamands ; à tous j'ai été nuisible."
Örvar-Odds saga


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Afficher les messages publiés depuis :  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 25 message(s) ]  Aller vers la page 1, 2  Suivant

Le fuseau horaire est UTC+1 heure


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 3 invité(s)


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas insérer de pièces jointes dans ce forum

Recherche de :
Aller vers :  





Propulsé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction et support en françaisHébergement phpBB