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 Sujet du message : Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 11:46 
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Salluste
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Bonjour,

Comme vous le savez peut-être, je suis scientifique et non historiens, et les méthodes sont quelques peu différentes… Je me pose une question sur la façon d'étudier l'histoire et l'utilisation des recherche dans la documentation:

-Est-ce que l'historien scane des archives d'une époque jusqu'à ce qu'il trouve un document interessant, et à partir de la fait une recherche dessus, avec cette thématique?
OU
-Est-ce que l'historien choisi sa thématique d'abord, pour ensuite chercher dans l'infinité de la documentation les documents qui s'y rapporte?

La première méthode aurait l'avantage de fournir un résultat, mais pas forcement ce que l'ont souhaite, la deuxième permet de bien rester dans la thématique où l'on est spécialiste, mais risque de ne jamais porter de fruit.

Ou bien peut-être existe-t-il une autre façon de faire ses recherches dans les archives, que j'ignore…

Merci d'avance de m'éclairer.


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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 14:40 
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Plutarque
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Bonjour,

Certains vous diront qu'il n'y a pas de "méthode" en Histoire comme il pourrait y en avoir en mathématiques. Il n'existe pas une série d'étapes à passer pour arriver à un résultat.

Je pense que le schéma le plus classique est le suivant, je parle bien sûr sous le contrôle des autres membres du forum.

L'historien a une idée de départ qui dépend de ses intérêts, de ses connaissances et, en grande partie, des financeurs (université, Etat, région, UE...).

A partir de là, comme il connait bien sa période et son historiographie, il sait à peu près vers quels "groupes" de sources se tourner (les historiens qui travaillent sur une source unique sont sûrement minoritaires). Cette étape, trouver et rassembler les sources, est sans doute la plus longue.

Ensuite, il étudie un maximum de documents en fonction de son temps et de ses financements. L'historien doit également entretenir une "veille", surtout sur les périodes les plus récentes ou celles dépendantes de l'archéologie.

Et il essaye de construire une réflexion avec ça.

Il faut aussi garder à l'esprit que les "pratiques" des historiens et historiennes peuvent varier du tout au tout selon les périodes.

Plus aucun historien ne travaille aujourd'hui en se promenant dans les sources et en trouvant quelque chose d'intéressant plus ou moins au hasard. C'est une évolution qui va sans doute s'accentuer avec le temps étant données les énormes problèmes budgétaires de l'Université en France.

Uvy.

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Betra er berfættum en bókarlausum að vera.
"Mieux vaut aller pieds nus que ne pas avoir de livres."
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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 14:53 
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Salluste
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UvyMordicante a écrit :
A partir de là, comme il connait bien sa période et son historiographie, il sait à peu près vers quels "groupes" de sources se tourner (les historiens qui travaillent sur une source unique sont sûrement minoritaires). Cette étape, trouver et rassembler les sources, est sans doute la plus longue.


Plus aucun historien ne travaille aujourd'hui en se promenant dans les sources et en trouvant quelque chose d'intéressant plus ou moins au hasard. C'est une évolution qui va sans doute s'accentuer avec le temps étant données les énormes problèmes budgétaires de l'Université en France.

Je comprends… mais du coup (sans vouloir offenser qui que ce soit) Il est casi impossible de trouver de nouvelles sources, et de faire une recherche inédite… non?

Si je comprends bien le tableau que vous décrivez, une recherche comme celle ci: http://www.histoire-valenciennes-cahv.fr/Memoires/index.php/Memoires/article/view/476 ne serait plus vraiment possible de nos jour?


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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 15:02 
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C'est penser que les sources sont une ressource finie (ce qui est théoriquement exact, mais pratiquement faux). Il y en a toujours de nouvelles qu'on découvre, qu'on redécouvre, qu'on associe avec d'autres, des nouvelles interprétations qui mettent en cause les analyses précédentes et nourrissent la réflexion sous un nouvel angle, etc., etc.
Donc un sujet d'Histoire est virtuellement inépuisable. Et c'est ce qui fait tout l'intérêt de cette matière.

CEN EdG

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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 15:18 
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Plutarque
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Rebonjour,

giby a écrit :
UvyMordicante a écrit :
Il est casi impossible de trouver de nouvelles sources, et de faire une recherche inédite… non?


Il est toujours possible de découvrir de nouvelles sources. En histoire moderne et contemporaines il y a énormément de sources que personnes n'a jamais étudié. Vous prenez n'importe quel carton d'archive dans n'importe quelles archives (municipales, départementales, nationales) et la majorité des documents n'aurant jamais été touchés que par leur auteur original et éventuellement les archivistes. Je vous parle même pas des historiens qui utilisent des archives privées.

Si vous devez travailler sur la région X à la période Y sur le sujet Z vous allez aller aux archives de la région X et, sur le catalogue, commander les cartons de la période Y qui ont une chance de se rapporter au sujet Z. Mais en ce sens, vous être dépendant du travail des archivistes. Certains classements n'ont plus été touchés depuis longtemps et sont mal faits, d'autres n'ont pas été actualisés malgré l'ajout de documents... Et le tout avec des contraintes de temps et d'argent importantes.

Après, pour les périodes les plus anciennes, les découvertes de sources inédites sont beaucoup plus rares. Un exemple frappant est le Xe siècle, sur lequel nous manquons cruellement de documents. La connaissance de ce siècle, en Francie occidentale, dépend principalement de deux auteurs : Flodoard de Reims et Richer de Reims. Flodoard est connu depuis l'époque moderne, mais Richer a été découvert par hasard dans les années 1830 dans les caves d'une abbaye allemande. Qui sait peut-être que d'autres textes aussi importants nous attendent cachés quelque part. Mais qui financerait leur recherche?

Mais bon maintenant aux Etats-Unis ils commencent à recruter des historiens "ensiegnants-chercheurs" bénévoles alors...

En espérant avoir répondu à votre question,

Uvy.

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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 15:34 
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Philippe de Commines
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Les outils informatiques dont certains logiciels permettent de stocker et de croiser des quantités de données de plus en plus conséquentes. Par conséquent on a aujourd'hui la possibilité, en procédant à des recoupements et des comparaisons, de faire parler certaines archives qui il y a quelques années restaient totalement muettes.

Toujours dans la même veine, et surtout dans le domaine de l'archéologie préventive, les outils d'analyse spatiale permettent de mieux cerner la compréhension de certains milieux. Fatalement de tels outils n'existaient pas il y 15 ans à 20 ans de cela.

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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 15:44 
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Je plussoie à ce que dit nico86.

A l'Université Paris I, les médiévistes sont devenus fans de ce qu'ils appellent "l'analyse réseau". En simplifiant trsè grossièrement le trait, les historiens rentrent des données dans des logiciels spécialisés dans le traitement des données et il en sort des schémas, graphiques et statistiques. Les historiens ont ensuite à exploiter les résultats.

Ceci n'existait pas il y a 10 ans.

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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 15:49 
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Salluste
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CEN_EdG a écrit :
C'est penser que les sources sont une ressource finie (ce qui est théoriquement exact, mais pratiquement faux). Il y en a toujours de nouvelles qu'on découvre, qu'on redécouvre, qu'on associe avec d'autres, des nouvelles interprétations qui mettent en cause les analyses précédentes et nourrissent la réflexion sous un nouvel angle

UvyMordicante a écrit :
Il est toujours possible de découvrir de nouvelles sources. En histoire moderne et contemporaines il y a énormément de sources que personnes n'a jamais étudié. Vous prenez n'importe quel carton d'archive dans n'importe quelles archives (municipales, départementales, nationales) et la majorité des documents n'aurant jamais été touchés que par leur auteur original et éventuellement les archivistes. Je vous parle même pas des historiens qui utilisent des archives privées.

J'ai du mal m'exprimer, excusez moi… Je reformule.

Je voulais dire que la source qui va révolutionner la connaissance historique sur votre sujet préféré est par exemple une lettre écrite par un proche de la personne qui vous étudié, qui se trouve au milieu d'une farde de lettres reçu par la même personne que le destinataire de cette lettre, se trouvant dans le carton 1885-AD-203, rangé sur l'étagère F2 de la salle 49 du troisième sous-sol des archives départementales de votre département… Si aucun chercheur ne va papillonner dans les archives vous ne l'aurez pas… et si vous vous contentez de l'historiographie connue, vous étudiez un nombre fini de documents, ceux qui sont déjà connu… et vous accédez aux mêmes sources que tout le monde. Est-ce que cela ne conduit pas à un effet bulle?
nico86 a écrit :
Les outils informatiques dont certains logiciels permettent de stocker et de croiser des quantités de données de plus en plus conséquentes. Par conséquent on a aujourd'hui la possibilité, en procédant à des recoupements et des comparaisons, de faire parler certaines archives qui il y a quelques années restaient totalement muettes.
Pour que l'outil informatique soit efficace, il faut que le document soit océrisé, ce qui n'est le cas que de certain document, et uniquement imprimé…
Note d'humour, un professeur émérite d'histoire que je connais avait essayé d'océriser un document manuscript… il fut un peu déçu et ne comprenait pas que ça ne fonctionnait pas… J'ai pas osé lui dire que c'était déjà loin d'être parfait avec des documents tappé à la machine…


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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 15:56 
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UvyMordicante a écrit :
Je plussoie à ce que dit nico86.

A l'Université Paris I, les médiévistes sont devenus fans de ce qu'ils appellent "l'analyse réseau". En simplifiant trsè grossièrement le trait, les historiens rentrent des données dans des logiciels spécialisés dans le traitement des données et il en sort des schémas, graphiques et statistiques. Les historiens ont ensuite à exploiter les résultats.

Ceci n'existait pas il y a 10 ans.


Oui effectivement UvyMordicante le potentiel de ces outils est immense, et cela se vérifie dans bien d'autres domaines. A titre d'exemple en matière de criminologie le logiciel "Anacrim" a permis de relancer de très très vieilles affaires.

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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 16:02 
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nico86 a écrit :
Oui effectivement UvyMordicante le potentiel de ces outils est immense, et cela se vérifie dans bien d'autres domaines. A titre d'exemple en matière de criminologie le logiciel "Anacrim" a permis de relancer de très très vieilles affaires.
Ce genre d'outils n'est-il pas limité à des données standardisées?
Si l'on est à utiliser des documents de type corespondances, compte-rendus divers et variés, ou même des sources en vrac, on risque vite d'être limité, non?


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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 16:06 
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Inscription : 25 Juil 2009 21:18
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giby a écrit :
nico86 a écrit :
Les outils informatiques dont certains logiciels permettent de stocker et de croiser des quantités de données de plus en plus conséquentes. Par conséquent on a aujourd'hui la possibilité, en procédant à des recoupements et des comparaisons, de faire parler certaines archives qui il y a quelques années restaient totalement muettes.
Pour que l'outil informatique soit efficace, il faut que le document soit océrisé, ce qui n'est le cas que de certain document, et uniquement imprimé…
Note d'humour, un professeur émérite d'histoire que je connais avait essayé d'océriser un document manuscript… il fut un peu déçu et ne comprenait pas que ça ne fonctionnait pas… J'ai pas osé lui dire que c'était déjà loin d'être parfait avec des documents tappé à la machine…


Le monde du tout papier est en train de se refermer assez rapidement, les technologies le permettent.
Ensuite c'est surtout une question de moyens, de temps et de méthode.

La numérisation et la mise en base de la donnée évolue de manière exceptionnelle, il y a quelques années il aurait été inimaginable que l'on développe aussi rapidement la mise en ligne d'archives et autres documents.

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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 16:13 
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Philippe de Commines
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Inscription : 25 Juil 2009 21:18
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giby a écrit :
nico86 a écrit :
Oui effectivement UvyMordicante le potentiel de ces outils est immense, et cela se vérifie dans bien d'autres domaines. A titre d'exemple en matière de criminologie le logiciel "Anacrim" a permis de relancer de très très vieilles affaires.
Ce genre d'outils n'est-il pas limité à des données standardisées?
Si l'on est à utiliser des documents de type corespondances, compte-rendus divers et variés, ou même des sources en vrac, on risque vite d'être limité, non?


Je ne pense pas qu'à terme cela soit un problème à terme. Pour tout vous dire je ne vois pas de limite à l'évolution l'intelligence artificielle.

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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 16:19 
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Salluste
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nico86 a écrit :
Je ne pense pas qu'à terme cela soit un problème à terme. Pour tout vous dire je ne vois pas de limite à l'évolution l'intelligence artificielle.
Je repart sur le même exemple des recherches sur les correspondence.
Techniquement, c'est possible de faire des base de donnés.
En pratique, il faudrait employer des personnes à plein temps pour taper des lettres de sorte à la remplir… Quand on voit que dans la bibliothèque de Valenciennes qui est le plus gros dépots d'archive au nord de Paris, et le seul de Flandre Artois Hainau Picardie à être complet et continue depuis le moyen-age jusqu'à nos jours… n'a qu'un archiviste à mi temps.


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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 16:20 
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Plutarque
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Inscription : 29 Oct 2014 16:51
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Localisation : Frakkland
giby a écrit :
J'ai du mal m'exprimer, excusez moi… Je reformule.

Je voulais dire que la source qui va révolutionner la connaissance historique sur votre sujet préféré est par exemple une lettre écrite par un proche de la personne qui vous étudié, qui se trouve au milieu d'une farde de lettres reçu par la même personne que le destinataire de cette lettre, se trouvant dans le carton 1885-AD-203, rangé sur l'étagère F2 de la salle 49 du troisième sous-sol des archives départementales de votre département… Si aucun chercheur ne va papillonner dans les archives vous ne l'aurez pas… et si vous vous contentez de l'historiographie connue, vous étudiez un nombre fini de documents, ceux qui sont déjà connu… et vous accédez aux mêmes sources que tout le monde. Est-ce que cela ne conduit pas à un effet bulle?


Je ne connais pas grand chose aux archives contemporaines, encore plus en ce qui concerne le for privé. Si cette lettre date de 1885, sans doute a-t-elle été traitée par des archivistes de l'Ecole des Chartes au milieu du XXe siècle. Si le personnage est un peu connu, la lettre a sans doute été rencensée quelque part. Même à la fin du XIXe, les archivistes avaient l'obligation de faire des "résumés" des documents qu'ils traitaient. Regardez par exemple les éditions des chartes des rois de la France médiévale. Chaque charte a un petit résumé en français avec les informations essentielles qui vous permettent de savoir si la charte en question est intéressante pour vous. Parfois, certains archivistes publiaient des recueils de ces résumés (si une personne est intéressée par un document résumé, charge à elle d'aller le consulter aux archives).

De toute façon, les archivistes aujourd'hui maintiennent l'intégrité des versements aux archives. Donc, si quelqu'un verse aux Archives Nationales la correspondance personnelle de Vincent Despieds dont une des lettres se trouve donner des informations révolutionnaires sur De Gaulle, la lettre en question ne sera pas sortie du carton "Vincent Despieds" pour être mise dans un carton "De Gaulle". Elle sera sans doute reproduite, publiée etc... mais pas bougée de son carton.

J'espère avoir bien répondu, sans doute des contemporanéistes sur le forum sauront mieux vous renseigner.

Uvy.

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 Sujet du message : Re: Question de méthodologie
Message Publié : 26 Avr 2018 17:30 
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Salluste
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Inscription : 02 Avr 2018 11:35
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UvyMordicante a écrit :
Même à la fin du XIXe, les archivistes avaient l'obligation de faire des "résumés" des documents qu'ils traitaient.

Entre ce qui est obligatoire, et ce qui est fait, il y a un monde… Des archives en caisses où personne n'a idée du contenu, il y a un paquet… et pas uniquement des documents récent… N'oublions pas non plus les centres d'archives qui demandent aux personnes qui offrent un fond de faire eux même un inventaire avec contenu… Après, les fiches faites par les archivistes du XIXe siècles ne sont pas informatisées, donc c'est toujours une lourde tache…

La question n'est pas de savoir dans quel carton se trouve tel document, c'est que le document ait une identité électronique… c'est un travail titanesque! Sans compté les documents qui disparaissent des fonds d'archives… ce qui arrive aussi…
UvyMordicante a écrit :
J'espère avoir bien répondu, sans doute des contemporanéistes sur le forum sauront mieux vous renseigner.

Oui, bien entendu, et je vous en remercie.


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