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La liberté des chercheurs en histoire
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Auteur :  Pouzet [ 12 Nov 2018 12:55 ]
Sujet du message :  La liberté des chercheurs en histoire

Bonjour !
:mrgreen:

Il y a une époque pas très lointaine les chercheurs français qui sont fonctionnaires, étaient libres de choisir leur sujet de recherche en fonction de leurs bon plaisir. Par exemple un médiéviste pouvait consacrer toute sa vie à l'étude des croisades, et uniquement des croisades
Or aujourd'hui avec les tendances planificatrices qu'il y a dans le monde de la recherche française depuis 10 ans, est ce toujours le cas ?
Concrètement est ce qu'un chercheur en histoire (universitaire ou au CNRS) peut se consacrer à ses marottes, sans qu'on l'oblige à se consacrer à tel sujet de recherche plutôt que tel autre (sous peine de sanctions) ?

Merci pour vos lumières sur ce sujet !
:mrgreen:

Auteur :  Helios [ 12 Nov 2018 13:58 ]
Sujet du message :  Re: La liberté des chercheurs en histoire

C’est toujours le cas: aucune autorité n’impose de sujets de recherche et les chercheurs en histoire travaillent sur ce qu’ils veulent.
Après il y a des thèmes à la mode, pour lesquels il est plus facile de trouver des financements, mais ça n’empêche pas de faire autre chose, surtout une fois qu’on a un poste, où l’on fait ce qu’on veut.

Auteur :  Unagi [ 12 Nov 2018 16:20 ]
Sujet du message :  Re: La liberté des chercheurs en histoire

Bonjour,

Des personnes plus qualifiées que moi vont / ont répondre / répondu.
J'ai terminé Faire profession d'historien de Patrick Boucheron hier. Il dit que ses écrits ne faisant pas l'objet d'une commande ou de rencontres fortuites, donc plus personnels, sont arrivés à ... 40 ans.

Auteur :  Faget [ 12 Nov 2018 16:54 ]
Sujet du message :  Re: La liberté des chercheurs en histoire

Unagi a écrit :
Bonjour,

Des personnes plus qualifiées que moi vont / ont répondre / répondu.
J'ai terminé Faire profession d'historien de Patrick Boucheron hier. Il dit que ses écrits ne faisant pas l'objet d'une commande ou de rencontres fortuites, donc plus personnels, sont arrivés à ... 40 ans.

Et si vous traduisez le deuxième paragraphe en Français que voulez vous dire :?:

Auteur :  Helios [ 12 Nov 2018 17:00 ]
Sujet du message :  Re: La liberté des chercheurs en histoire

Unagi a écrit :
J'ai terminé Faire profession d'historien de Patrick Boucheron hier. Il dit que ses écrits ne faisant pas l'objet d'une commande ou de rencontres fortuites, donc plus personnels, sont arrivés à ... 40 ans.

C'est sans doute vrai pour bien des historiens, mais c'est, me semble-t-il, un problème différent de celui soulevé par Pouzet.

Je crois que Pouzet demandait s'il y avait des directives du pouvoir sur les travaux des historiens, avec des menaces de sanction: ce n'est pas le cas. Il y a plein de problèmes dans la recherche, mais il faut avouer qu'universitaire est encore une des professions les plus libres qui soit, surtout pour le volet recherches (c'est moins vrai pour la partie "enseignement" du travail d'universitaire).

Ce que dit Boucheron, c'est qu'il a passé le début de sa carrière à répondre aux sollicitations de ses collègues, en participant à des colloques, séminaires ou ouvrages collectifs, qu'il a en quelque sorte travaillé pour les autres davantage que pour lui. Mais il exagère un peu et j'imagine qu'il a choisi tout seul son sujet de thèse, qui est quand même le travail le plus prenant du jeune chercheur.

Auteur :  Unagi [ 12 Nov 2018 20:40 ]
Sujet du message :  Re: La liberté des chercheurs en histoire

Cf Helios, Faget.

Citer :
C'est sans doute vrai pour bien des historiens, mais c'est, me semble-t-il, un problème différent de celui soulevé par Pouzet.

Je crois que Pouzet demandait s'il y avait des directives du pouvoir sur les travaux des historiens, avec des menaces de sanction: ce n'est pas le cas. Il y a plein de problèmes dans la recherche, mais il faut avouer qu'universitaire est encore une des professions les plus libres qui soit, surtout pour le volet recherches (c'est moins vrai pour la partie "enseignement" du travail d'universitaire).

Ce que dit Boucheron, c'est qu'il a passé le début de sa carrière à répondre aux sollicitations de ses collègues, en participant à des colloques, séminaires ou ouvrages collectifs, qu'il a en quelque sorte travaillé pour les autres davantage que pour lui. Mais il exagère un peu et j'imagine qu'il a choisi tout seul son sujet de thèse, qui est quand même le travail le plus prenant du jeune chercheur.

Oui je suis tout à fait d'accord avec vous mais je souhaitais prolonger cette discussion sur un sujet annexe car le fil m'intéresse. L'expérience de Boucheron (même si son parcours est remarquable) montre également que le choix de la thèse n'est pas à prendre à la légère tant elle peut légitimer l'activité future.
Au sein de mon université, certains professeurs n'hésitaient pas à prendre des étudiants en recherche uniquement pour faire avancer leurs travaux personnels (où ils volaient ensuite les idées des étudiants pour les incorporer dans leurs publications). Il faut bien avouer que nombre d'étudiants n'ont pas de réelle idée de ce qu'ils veulent faire après la L3 pour leur mémoire (et c'est bien normal).
On peut donc se faire embarquer dans une direction parfois assez éloignée de ses préoccupations et émotions du moment et trouver, malgré tout, un financement car le sujet est porteur. Être dérouté par son sujet est à mon avis une réelle opportunité, mais c'est parfois pour le pire. Ne sommes-nous pas là dans une certaine entrave?

Tout cela me permet de revenir à Boucheron car, lui comme la majorité, ont eu un "maître" bienveillant. Mais ce n'est pas toujours le cas.

Auteur :  Oliviert [ 13 Nov 2018 2:04 ]
Sujet du message :  Re: La liberté des chercheurs en histoire

Une orientation des sujets vient des colloques. Ils permettent de rencontrer du monde, et ainsi de rompre avec l'isolement de la recherche. Ils permettent souvent une publication facile d'une recherche pas très longue. Ils permettent souvent de découvrir de nouveaux lieux, et parfois de faire du tourisme. Ces colloques sont généralement organisés pour des commémorations. Donc, il faut faire une recherche en rapport avec le thème imposé, avec toutefois une certaine liberté surtout si on est connu.

Auteur :  Laurent Frédéric [ 13 Nov 2018 21:34 ]
Sujet du message :  Re: La liberté des chercheurs en histoire

Outre les centres d'intérêt de l'historien, sa production scientifique dépend de son laboratoire de rattachement et du programme scientifique pluriannuel, généralement triannuel, de celui-ci ; sans oublier de son financement, comportant notamment des aides publiques (Ministère de la recherche, institut universitaire de France, DRAC, collectivités territoriales) et de plus en vue privés (mécénat, dotation de fondations, de fondations d'entreprises). Il en est de même pour les aides à l'édition.

Pour ce qui est des travaux d'archéologie nationale, c'est avant tout l'intérêt et l'importance des découvertes qui conditionnent les publications. Mais c'est souvent les Commissions territoriales de la recherche archéologique (CTRA, ex-CIRA) qui font des préconisations sur le type d'article, type de publication, la taille de l'article etc...

Auteur :  UvyMordicante [ 14 Nov 2018 7:55 ]
Sujet du message :  Re: La liberté des chercheurs en histoire

Unagi a écrit :
Bonjour,

Des personnes plus qualifiées que moi vont / ont répondre / répondu.
J'ai terminé Faire profession d'historien de Patrick Boucheron hier. Il dit que ses écrits ne faisant pas l'objet d'une commande ou de rencontres fortuites, donc plus personnels, sont arrivés à ... 40 ans.


40 ans? Aujourd'hui c'est l'âge auquel beaucoup de chercheurs trouvent leur premier poste fixe.

Auteur :  Álvaro [ 14 Nov 2018 9:14 ]
Sujet du message :  Re: La liberté des chercheurs en histoire

Laurent Frédéric a écrit :
Outre les centres d'intérêt de l'historien, sa production scientifique dépend de son laboratoire de rattachement et du programme scientifique pluriannuel, généralement triannuel, de celui-ci ; sans oublier de son financement [...]


Vous avez totalement raison et j´irai même plus loin dans votre raisonnement : même pour les chercheurs et enseignants-chercheurs titulaires adscrits à un centre de recherche, le financement ou absence de celui-ci conditionne souvent le choix des sources et par conséquent le choix des sujets de recherche. Cela ne met évidemment pas en cause le principe d´indépendance, qui est par ailleurs inscrit dans le code de l´éducation (article L952-2).

Auteur :  Nico69 [ 16 Nov 2018 22:36 ]
Sujet du message :  Re: La liberté des chercheurs en histoire

Álvaro a écrit :
Laurent Frédéric a écrit :
Outre les centres d'intérêt de l'historien, sa production scientifique dépend de son laboratoire de rattachement et du programme scientifique pluriannuel, généralement triannuel, de celui-ci ; sans oublier de son financement [...]


Vous avez totalement raison et j´irai même plus loin dans votre raisonnement : même pour les chercheurs et enseignants-chercheurs titulaires adscrits à un centre de recherche, le financement ou absence de celui-ci conditionne souvent le choix des sources et par conséquent le choix des sujets de recherche. Cela ne met évidemment pas en cause le principe d´indépendance, qui est par ailleurs inscrit dans le code de l´éducation (article L952-2).


Qui décide des orientations ?
Sur le site de l'Agence Nationale de la Recherche je n'arrive pas à trouver qui sont les membres de la section histoire et mémoire de l'ANR.

http://www.agence-nationale-recherche.f ... ibilan_pi4[CODE]=ERC&tx_lwmsuivibilan_pi4[NumChamp]=149

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid56386/qui-finance-la-recherche.html

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