A la une du Blog de l'histoire
Nous sommes actuellement le 23 Mai 2017 23:41

Le fuseau horaire est UTC+1 heure




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 423 message(s) ]  Aller vers la page Précédent  1 ... 25, 26, 27, 28, 29
Auteur Message
Message Publié : 05 Mars 2017 11:13 
Hors-ligne
Tite-Live
Tite-Live
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 29 Août 2004 9:45
Message(s) : 368
Localisation : hirson, aisne, picardie
A la suite de la consultation des documents récoltés aux Archives ces dernières semaines, j'ai trouvé une réponse à une question que Vincent avait posé en son temps.
Le plan de 1860 de Lefuel montre en effet une séparation de la Galerie de Diane qui la coupe en son milieu. J'ai trouvé le mémoire du menuisier qui la réalise en 1852. C'est une cloison amovible qui reproduit le décor des petits côtés de la galerie (colonnes stuquées, moulures dorées, miroirs et porte) et elle permet de réduire de moitié la longueur de la galerie, créant ainsi deux pièces d'environ 25 m de long sur 8 m de large.

Plan d'ensemble de l'appartement (Lefuel, 1860)
Image

Détail sur la cloison
Image
On peut accéder à la moitié nord de la galerie ainsi réduite par les portes créées (sans doute à ce moment-là) dans le salon des Tapisseries. La galerie avait donc été "annexée" à l'appartement de réception de l'impératrice. Pour quel usage? Un autre salon de conversation? Une salle à manger? L'inventaire de 1855 et des photos anciennes qui montrent des chaises en cuir et des dessertes dans la galerie pourraient aller dans le sens de la seconde hypothèse.

_________________
Je m'en vais, mais l'Etat demeurera toujours


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 19 Mars 2017 15:56 
Hors-ligne
Tite-Live
Tite-Live
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 29 Août 2004 9:45
Message(s) : 368
Localisation : hirson, aisne, picardie
Comme le montre le plan, on trouvait à la suite du Salon des Tapisseries le "Petit salon vert" qui formait la troisième pièce des appartements de réception de l'impératrice. Le voici reconstitué dans son état de 1855 :

Image

Ce salon constituait l'ancienne chambre de la Reine Marie Thérèse, dont il avait conservé le décor (au moins à cette date, il semble avoir été modifié plus tard sans doute au moment de sa transformation en chambre pour l'impératrice en 1864).
Son ameublement comprenait un ensemble de sièges exécutés par Tilliard et aujourd'hui à Versailles, après avoir servi notamment pour le roi de Suède Gustave III dans ce palais et à Louis XVI à Compiègne. Il était recouvert de brocatelle verte à capitons.
Ce mobilier "historique" comprenant un canapé, six fauteuils, six chaises, deux causeuses et un écran était complété d'un mobilier plus récent, constitué de six fauteuils confortables et deux fauteuils crapauds, une chaise longue et deux tabourets à franges or et vert.
J'ai posé sur la cheminée, dans laquelle figurait le feu 'au sanglier et au cerf" de Pitoin, différents éléments indiqués par l'inventaire : une pendule de l'exemplaire dit "aux enfants musiciens" (Louvre), deux vases "éléphant" de la manufacture de Sèvres, et une paire de candélabres "aux femmes". En face, j'ai installé une évocation de la table "aux chasses géographiques", réalisée à partir du dessin de son plateau, en porcelaine de Sèvres, de sa description dans les inventaires (en bois d'ébène avec sculpture dorée, dont le chiffre impérial dans la ceinture) et un table similaire conservée à Versailles. Complétant cette table, deux encoignures de Carlin (Louvre) à dessus de marbre vert de mer.
L'éclairage était assuré par les deux candélabres mentionnés, auxquels répondaient les deux "aux enfants" sur la console, deux paires d'appliques du modèle de celles du comte d'Artois au Temple (Versailles), le lustre du Grand Cabinet de l'Empereur livré en 1810 déplacé là, et deux lampes carcel en porcelaine bleue.
Pour compléter cet ameublement, l'inventaire mentionne un piano du facteur Montal, en style Boulle évoqué ici par un piano datant de la même époque et correspondant à la description.

Figure donc ci-dessus ce qui est montré par la promenade "en vidéo" ci-dessous

https://vid.me/Ukzq

La bande son est constituée d'un extrait d'une valse d'Emile Waldteufel, professeur de piano de l'impératrice...
Bonne visite!

_________________
Je m'en vais, mais l'Etat demeurera toujours


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 30 Avr 2017 7:59 
Hors-ligne
Tite-Live
Tite-Live
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 29 Août 2004 9:45
Message(s) : 368
Localisation : hirson, aisne, picardie
A la suite du Petit salon vert commençait l'appartement privé de l'impératrice. Le visiteur entrait dans le "Cabinet de travail de Sa Majesté l'Impératrice" ancien Grand cabinet de la Reine, puis cabinet de toilette puis cabinet du secrétaire particulier de l'Empereur, cabinet de toilette du Roi et enfin Salon des dames de l'appartement de réception de Louis Philippe. La vue en coupe de Lefuel de 1860 correspond au décor décrit par Moench en 1808, et l'inventaire des tableaux dressé en 1864 est identique à celui du XVIIe s, le décor mural état 1855 est donc le même que sous le Premier Empire.
Comme au Premier Empire, ce cabinet était ouvert sur deux pièces secondaires (un passage et l'antichambre noire ouvrant sur la Galerie de Diane), éclairées en second jour par les portes vitrées en partie supérieure à droite du cabinet, décrites dans les mémoires de travaux de 1808 : en effet, l'inventaire de 1855 mentionne, comme au Premier Empire, "deux rideaux de porte vitrée en mousseline brodée, 2 lés chacun, plissés en haut et en bas".

En voici une première vue d'ensemble, afin de se rendre compte du volume et de l'effet qui pouvait être produit sur un visiteur entrant chez l'impératrice depuis le Petit salon vert.

Image

J'ai pu y replacer une grande partie du mobilier historique : l'encoignure en laque et bronze doré de Marie Antoinette reconstituée à partir de la commode du même ensemble (MET), une paire de vases en serpentine verte et bronze doré (Louvre), le bureau à cylindre de Marie Antoinette aux Tuileries (Louvre) et le régulateur de Riesener (Versailles), placé dans ce cabinet en 1855, puis avec une copie sous forme de baromètre dans le nouveau cabinet de travail (créé en 1860 à la suite des salons vert, rose et bleu). Ce dernier semble avoir "naturellement" sa place devant le trumeau entre les deux portes.
Les sièges se composaient de trois ensembles : quatre fauteuils confortables, quatre chaises de même en soie bleu clair, et six chaises Chiavari à garniture rayée de diverses couleurs et à fleurs. Donc pas de sièges "historiques" dans ce cabinet.

Image

La pendule a été identifiée par B. Chevallier comme celle actuellement présentée dans la grande chambre de l'empereur à Fontainebleau. En bronze doré, elle est ouverte sur ses quatre côtés et permet de voir le mécanisme.
Image
Château de Fontainebleau, n°OA5282

La paire de chenets de 1780, attribuée à Gouthière, figurait en 1807 dans le cabinet de travail de l'empereur alors à la suite de ce salon, puis elle a été transférée en 1809 dans le nouveau cabinet (sous le second Empire, petit salon vert) où elle est mentionnée sous la Restauration. Elle est depuis 1901 au Louvre.
Image

Je pense avoir identifié le modèle des candélabres, qui ne sont pas mentionnés par Bernard Chevallier. L'inventaire de 1855 les décrit ainsi : "711 - Deux girandoles en bronze doré et ciselé mat, style Louis XVI, socle allongé, bouts demi-circulaires, sur pieds coniques à feuilles, torsades, rangs de perles, moulures à feuilles, fond du socle verni imitation bleu lapis, orné d'une couronne de fleurs et tige de myrthe, surmonté de figures de femmes (...) dans un arabesque, tenant un thyrse entouré de pampres, branches à riches rinceaux et tête d'aigles, bassins à feuilles d'acanthe, haut 49 cm, L'un 700 francs" (par comparaison, l'un des deux lustres de la pièce à 24 lumières, en cristal de roche et bronze doré, de 1,64 m de haut et 80 cm de diamètre est estimé à 467 francs).
En recherchant une équivalence de ces candélabres sur le net, j'ai trouvé ce modèle attribué à François Rémond décrit comme "célèbre modèle" et copié par Beurdeley vers 1880 :

Modèle à 8 branches, avec le socle peint en lapis :
Image
Attributed to Louis-Auguste-Alfred Beurdeley - A pair of Louis XVI style gilt bronze, marble and lapis lazuli figural candelabra, French, late 19th century. the underside of one with faint BY mark, the underside of one figure with MY mark from the bronze master model, the other with impressed MY stamp and the numeral 3. - Dim: Height 25 1/4 in.; Width 14 in.; Depth 5 in. 64 cm; 35.5 cm; 12.5 cm
http://www.sothebys.com/en/auctions/eca ... t.546.html

Détail sur le socle :
Image

Modèle à 4 branches, que j'ai suivi au vu de la hauteur du candélabre indiquée dans l'inventaire :
Image

https://www.1stdibs.com/furniture/decor ... -test-pool

Autre élément historique : la table à écrire de Riesener, OA5162, présente à Compiègne puis aux Tuileries au XIXe, et aujourd'hui au Louvre :
Image

Je l'ai installée en complément du "coin" de sièges confortables autour de la cheminée, usage montré par les aquarelles de Fortuné de Fournier pour le Grand salon de l'impératrice à Saint Cloud. En voici une vue avec l'ensemble du mur du nord, et la porte ouverte sur le passage menant à la chambre de l'impératrice. En l'absence d'indications précises de l'inventaire (un écran en bois doré), l'écran est un modèle simplifié de style Louis XVI.

J'ai "ouvert" le cylindre pour laisser apparaître les tiroirs, et installé un tapis qui correspond dans ses grandes lignes (centre marron, fond blanc autour, fleurs et arabesques) à celui mentionné par l'inventaire, ce qui permet de se rendre compte que ce tapis "éclaire" la pièce et met en valeur les meubles anciens. Il est par contre plus petit que la pièce (4,20m sur 4,90m pour le tapis, contre 5,50m de côté pour la pièce) donc une partie du parquet apparaît autour.

Image

Ce cabinet étant une pièce intime de l'impératrice, et la pratique étant indiquée par B. Chevallier pour le cabinet de travail créé pour Eugénie en 1860, j'ai installé des photographies de membres de la famille impériale (ceux indiqués par B. Chevallier): l'empereur et le prince impérial, la princesse Mathilde, le Prince impérial à 3 ans et l'Empereur, de gauche à droite sur le bureau, et sur l'encoignure, la princesse Clotilde et la duchesse d'Albe, soeur de l'impératrice.

Deux autres meubles de rangement sont indiqués dans l'inventaire : une table coiffeuse et une étagère en que j'ai placées contre le mur de la fenêtre, ici vu depuis le passage vers la galerie de Diane :
Image

Face à la cheminée, on trouvait sans doute de l'autre côté : une console en amarante (ici d'un modèle proche conservée à Fontainebleau), sur laquelle j'ai posé deux cassolettes (modélisation des originaux au Louvre) et l'autre coupe en serpentine, le tout encadré par deux chaises confortables, comme cela se fait à Saint Cloud. L'éclairage est assuré par deux appliques (maintenant à l'Elysée, dans le salon Pompadour).
Vue avec le passage vers la galerie de Diane
Image

Pour le plaisir de se replonger dans le Second Empire et donner l'échelle de la pièce, une "dame du palais" en robe à crinoline avec ce côté du salon et l'enfilade sur les salons vert et des tapisseries.

Image

_________________
Je m'en vais, mais l'Etat demeurera toujours


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Afficher les messages publiés depuis :  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 423 message(s) ]  Aller vers la page Précédent  1 ... 25, 26, 27, 28, 29

Le fuseau horaire est UTC+1 heure


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 4 invité(s)


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas insérer de pièces jointes dans ce forum

Recherche de :
Aller vers :  





Propulsé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction et support en françaisHébergement phpBB