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Message Publié : 05 Mars 2017 11:13 
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A la suite de la consultation des documents récoltés aux Archives ces dernières semaines, j'ai trouvé une réponse à une question que Vincent avait posé en son temps.
Le plan de 1860 de Lefuel montre en effet une séparation de la Galerie de Diane qui la coupe en son milieu. J'ai trouvé le mémoire du menuisier qui la réalise en 1852. C'est une cloison amovible qui reproduit le décor des petits côtés de la galerie (colonnes stuquées, moulures dorées, miroirs et porte) et elle permet de réduire de moitié la longueur de la galerie, créant ainsi deux pièces d'environ 25 m de long sur 8 m de large.

Plan d'ensemble de l'appartement (Lefuel, 1860)
Image

Détail sur la cloison
Image
On peut accéder à la moitié nord de la galerie ainsi réduite par les portes créées (sans doute à ce moment-là) dans le salon des Tapisseries. La galerie avait donc été "annexée" à l'appartement de réception de l'impératrice. Pour quel usage? Un autre salon de conversation? Une salle à manger? L'inventaire de 1855 et des photos anciennes qui montrent des chaises en cuir et des dessertes dans la galerie pourraient aller dans le sens de la seconde hypothèse.

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Message Publié : 19 Mars 2017 15:56 
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Comme le montre le plan, on trouvait à la suite du Salon des Tapisseries le "Petit salon vert" qui formait la troisième pièce des appartements de réception de l'impératrice. Le voici reconstitué dans son état de 1855 :

Image

Ce salon constituait l'ancienne chambre de la Reine Marie Thérèse, dont il avait conservé le décor (au moins à cette date, il semble avoir été modifié plus tard sans doute au moment de sa transformation en chambre pour l'impératrice en 1864).
Son ameublement comprenait un ensemble de sièges exécutés par Tilliard et aujourd'hui à Versailles, après avoir servi notamment pour le roi de Suède Gustave III dans ce palais et à Louis XVI à Compiègne. Il était recouvert de brocatelle verte à capitons.
Ce mobilier "historique" comprenant un canapé, six fauteuils, six chaises, deux causeuses et un écran était complété d'un mobilier plus récent, constitué de six fauteuils confortables et deux fauteuils crapauds, une chaise longue et deux tabourets à franges or et vert.
J'ai posé sur la cheminée, dans laquelle figurait le feu 'au sanglier et au cerf" de Pitoin, différents éléments indiqués par l'inventaire : une pendule de l'exemplaire dit "aux enfants musiciens" (Louvre), deux vases "éléphant" de la manufacture de Sèvres, et une paire de candélabres "aux femmes". En face, j'ai installé une évocation de la table "aux chasses géographiques", réalisée à partir du dessin de son plateau, en porcelaine de Sèvres, de sa description dans les inventaires (en bois d'ébène avec sculpture dorée, dont le chiffre impérial dans la ceinture) et un table similaire conservée à Versailles. Complétant cette table, deux encoignures de Carlin (Louvre) à dessus de marbre vert de mer.
L'éclairage était assuré par les deux candélabres mentionnés, auxquels répondaient les deux "aux enfants" sur la console, deux paires d'appliques du modèle de celles du comte d'Artois au Temple (Versailles), le lustre du Grand Cabinet de l'Empereur livré en 1810 déplacé là, et deux lampes carcel en porcelaine bleue.
Pour compléter cet ameublement, l'inventaire mentionne un piano du facteur Montal, en style Boulle évoqué ici par un piano datant de la même époque et correspondant à la description.

Figure donc ci-dessus ce qui est montré par la promenade "en vidéo" ci-dessous

https://vid.me/Ukzq

La bande son est constituée d'un extrait d'une valse d'Emile Waldteufel, professeur de piano de l'impératrice...
Bonne visite!

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Message Publié : 30 Avr 2017 7:59 
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A la suite du Petit salon vert commençait l'appartement privé de l'impératrice. Le visiteur entrait dans le "Cabinet de travail de Sa Majesté l'Impératrice" ancien Grand cabinet de la Reine, puis cabinet de toilette puis cabinet du secrétaire particulier de l'Empereur, cabinet de toilette du Roi et enfin Salon des dames de l'appartement de réception de Louis Philippe. La vue en coupe de Lefuel de 1860 correspond au décor décrit par Moench en 1808, et l'inventaire des tableaux dressé en 1864 est identique à celui du XVIIe s, le décor mural état 1855 est donc le même que sous le Premier Empire.
Comme au Premier Empire, ce cabinet était ouvert sur deux pièces secondaires (un passage et l'antichambre noire ouvrant sur la Galerie de Diane), éclairées en second jour par les portes vitrées en partie supérieure à droite du cabinet, décrites dans les mémoires de travaux de 1808 : en effet, l'inventaire de 1855 mentionne, comme au Premier Empire, "deux rideaux de porte vitrée en mousseline brodée, 2 lés chacun, plissés en haut et en bas".

En voici une première vue d'ensemble, afin de se rendre compte du volume et de l'effet qui pouvait être produit sur un visiteur entrant chez l'impératrice depuis le Petit salon vert.

Image

J'ai pu y replacer une grande partie du mobilier historique : l'encoignure en laque et bronze doré de Marie Antoinette reconstituée à partir de la commode du même ensemble (MET), une paire de vases en serpentine verte et bronze doré (Louvre), le bureau à cylindre de Marie Antoinette aux Tuileries (Louvre) et le régulateur de Riesener (Versailles), placé dans ce cabinet en 1855, puis avec une copie sous forme de baromètre dans le nouveau cabinet de travail (créé en 1860 à la suite des salons vert, rose et bleu). Ce dernier semble avoir "naturellement" sa place devant le trumeau entre les deux portes.
Les sièges se composaient de trois ensembles : quatre fauteuils confortables, quatre chaises de même en soie bleu clair, et six chaises Chiavari à garniture rayée de diverses couleurs et à fleurs. Donc pas de sièges "historiques" dans ce cabinet.

Image

La pendule a été identifiée par B. Chevallier comme celle actuellement présentée dans la grande chambre de l'empereur à Fontainebleau. En bronze doré, elle est ouverte sur ses quatre côtés et permet de voir le mécanisme.
Image
Château de Fontainebleau, n°OA5282

La paire de chenets de 1780, attribuée à Gouthière, figurait en 1807 dans le cabinet de travail de l'empereur alors à la suite de ce salon, puis elle a été transférée en 1809 dans le nouveau cabinet (sous le second Empire, petit salon vert) où elle est mentionnée sous la Restauration. Elle est depuis 1901 au Louvre.
Image

Je pense avoir identifié le modèle des candélabres, qui ne sont pas mentionnés par Bernard Chevallier. L'inventaire de 1855 les décrit ainsi : "711 - Deux girandoles en bronze doré et ciselé mat, style Louis XVI, socle allongé, bouts demi-circulaires, sur pieds coniques à feuilles, torsades, rangs de perles, moulures à feuilles, fond du socle verni imitation bleu lapis, orné d'une couronne de fleurs et tige de myrthe, surmonté de figures de femmes (...) dans un arabesque, tenant un thyrse entouré de pampres, branches à riches rinceaux et tête d'aigles, bassins à feuilles d'acanthe, haut 49 cm, L'un 700 francs" (par comparaison, l'un des deux lustres de la pièce à 24 lumières, en cristal de roche et bronze doré, de 1,64 m de haut et 80 cm de diamètre est estimé à 467 francs).
En recherchant une équivalence de ces candélabres sur le net, j'ai trouvé ce modèle attribué à François Rémond décrit comme "célèbre modèle" et copié par Beurdeley vers 1880 :

Modèle à 8 branches, avec le socle peint en lapis :
Image
Attributed to Louis-Auguste-Alfred Beurdeley - A pair of Louis XVI style gilt bronze, marble and lapis lazuli figural candelabra, French, late 19th century. the underside of one with faint BY mark, the underside of one figure with MY mark from the bronze master model, the other with impressed MY stamp and the numeral 3. - Dim: Height 25 1/4 in.; Width 14 in.; Depth 5 in. 64 cm; 35.5 cm; 12.5 cm
http://www.sothebys.com/en/auctions/eca ... t.546.html

Détail sur le socle :
Image

Modèle à 4 branches, que j'ai suivi au vu de la hauteur du candélabre indiquée dans l'inventaire :
Image

https://www.1stdibs.com/furniture/decor ... -test-pool

Autre élément historique : la table à écrire de Riesener, OA5162, présente à Compiègne puis aux Tuileries au XIXe, et aujourd'hui au Louvre :
Image

Je l'ai installée en complément du "coin" de sièges confortables autour de la cheminée, usage montré par les aquarelles de Fortuné de Fournier pour le Grand salon de l'impératrice à Saint Cloud. En voici une vue avec l'ensemble du mur du nord, et la porte ouverte sur le passage menant à la chambre de l'impératrice. En l'absence d'indications précises de l'inventaire (un écran en bois doré), l'écran est un modèle simplifié de style Louis XVI.

J'ai "ouvert" le cylindre pour laisser apparaître les tiroirs, et installé un tapis qui correspond dans ses grandes lignes (centre marron, fond blanc autour, fleurs et arabesques) à celui mentionné par l'inventaire, ce qui permet de se rendre compte que ce tapis "éclaire" la pièce et met en valeur les meubles anciens. Il est par contre plus petit que la pièce (4,20m sur 4,90m pour le tapis, contre 5,50m de côté pour la pièce) donc une partie du parquet apparaît autour.

Image

Ce cabinet étant une pièce intime de l'impératrice, et la pratique étant indiquée par B. Chevallier pour le cabinet de travail créé pour Eugénie en 1860, j'ai installé des photographies de membres de la famille impériale (ceux indiqués par B. Chevallier): l'empereur et le prince impérial, la princesse Mathilde, le Prince impérial à 3 ans et l'Empereur, de gauche à droite sur le bureau, et sur l'encoignure, la princesse Clotilde et la duchesse d'Albe, soeur de l'impératrice.

Deux autres meubles de rangement sont indiqués dans l'inventaire : une table coiffeuse et une étagère en que j'ai placées contre le mur de la fenêtre, ici vu depuis le passage vers la galerie de Diane :
Image

Face à la cheminée, on trouvait sans doute de l'autre côté : une console en amarante (ici d'un modèle proche conservée à Fontainebleau), sur laquelle j'ai posé deux cassolettes (modélisation des originaux au Louvre) et l'autre coupe en serpentine, le tout encadré par deux chaises confortables, comme cela se fait à Saint Cloud. L'éclairage est assuré par deux appliques (maintenant à l'Elysée, dans le salon Pompadour).
Vue avec le passage vers la galerie de Diane
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Pour le plaisir de se replonger dans le Second Empire et donner l'échelle de la pièce, une "dame du palais" en robe à crinoline avec ce côté du salon et l'enfilade sur les salons vert et des tapisseries.

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Message Publié : 03 Juin 2017 17:00 
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J'ai eu la possibilité de consulter de nouveaux documents des archives qui permettent de préciser le changement d'affectation de pièces de l'appartement de l'impératrice mentionné par B. Chevallier. En effet, une belle liasse de documents se rapporte à des travaux de restauration des appartements impériaux entre septembre et décembre 1866, aboutissant à de nouvelles fonctions de pièces chez l'impératrice, et correspondant à la livraison d'un nouveau mobilier pour ces pièces intervenue en décembre 1866 et janvier 1867 d'après le registre d'entrée du mobilier.
Ainsi, le cabinet de toilette (aménagé en 1854 sur l'emplacement du billard de Louis Philippe) devient le cabinet bibliothèque (qui tendu de bleu devient tendu de rouge), la chambre devient le cabinet de toilette (avec semble-t-il la création d'un miroir et de son cadre à la place du lit), l'ancien cabinet de travail est l'oratoire depuis 1865 et le petit salon vert devient la nouvelle chambre à coucher.

Les trois plans maison ci-dessous figurent ces changements :
Etat de l'appartement, 1860-1865, après l'achèvement des nouveaux appartements de l'impératrice :
Image

Etat de l'appartement, 1865-1866 : aménagement d'un oratoire dans l'ancien cabinet de travail
Image

Etat de l'appartement 1867-1871 : changement d'affectation du cabinet de toilette, de la chambre et du petit salon vert :
Image


A la suite du cabinet de travail, une incursion dans l'oratoire de l'impératrice.
Cet oratoire a son petit rôle historique, puisque d'après Mme Carette, lectrice puis dame d'honneur de l'impératrice, Dame du Palais et auteur des "Souvenirs intime de la Cour des Tuileries", c'est là qu'Eugénie a entendu pour la dernière fois la messe aux Tuileries au matin du 4 septembre 1870.

L'emplacement de cet oratoire est assez vaguement indiqué selon les ouvrages, et à partir de ce que j'ai trouvé dans les archives, je propose de le localiser dans l'ancienne salle de bains de l'empereur, elle-même ancien oratoire de la reine Marie Thérèse sous Louis XIV. Je pense également que le cabinet de travail de l'impératrice de 1855, "désaffecté" après la création du cabinet de travail à la suite du salon bleu en 1861, était sans doute considéré comme faisant partie de l'oratoire.

Un plan pour localiser tout cela et suivre le post :
Image

Les éléments archivistiques dont je dispose sont les suivants :
-la mention dans le registre des entrées de l'ameublement complet de cet oratoire le 4 mars 1865 (notamment un autel, un tabernacle, un bénitier), avec quelques compléments mobiliers les mois suivants (notamment deux paires de vases et deux consoles)
De ces entrées et notamment la première, je conclue que l'oratoire est créé en mars 1865, soit après la désaffectation du cabinet de travail. Cette création "tardive" rejoint l'indication de Jacques Boulenger qu'il a été créé pour permettre à l'impératrice de faire ses dévotions car "au début de l'Empire, l'impératrice, qui était pieuse, se rendait à la chapelle pour faire ses dévotions, mais elle s'y sentait observée et cela la gênait" (version google books, sans page). Il place cet oratoire dans le cabinet de toilette, mais je ne suis pas d'accord! :D

https://books.google.fr/books?id=MBHNDA ... re&f=false

-Une seconde mention du registre d'entrée est intéressante : la livraison le 11 avril 1867 d'une portière en tapisserie des Gobelins pour le "passage entre l'oratoire et le cabinet de toilette" , "Vénus et l'amour" et 3,25m x 2 m (une portière de la série des Dieux), qui montre que les deux pièces étaient contigües et séparées par un passage. Or à cette date (depuis décembre 1866) le cabinet de toilette de l'impératrice est situé dans l'ancienne chambre de l'impératrice. Il ouvre sur deux pièces : le cabinet-bibliothèque au nord, et au sud sur l'ancien cabinet de travail de l'impératrice, séparé par un passage ouvrant sur un escalier qui existe depuis Napoléon 1er. Ce ne peut donc être que sur l'oratoire qu'ouvre la porte qu'orne la portière, ce d'autant que les dimensions de cette porte correspondent à celles de la portière (elle fait 3,20 m de haut sur 1.50 m d'après la coupe cotée de Lefuel).

-troisième élément intéressant : le registre d'entrée mentionne la livraison le 4 mars 1865 d'une paire de rideaux de porte vitrée en marceline cramoisie, qui est "traditionnellement" au fil des inventaires du XIXe s dans ce qui est l'ancien cabinet de travail, et liée à la présence de deux portes vitrées ouvrant sur l'ancienne salle de bains de l'empereur.

Ces trois éléments me conduisent à conclure qu'entre 1865 et 1870 l'ancien cabinet de travail d'Eugénie est réputée être l'oratoire de l'impératrice.

Les sources littéraires apportent une précision supplémentaire, qui permet de placer l'autel et le prie-Dieu d'Eugénie dans l'ancienne salle de bains, ancien oratoire de Marie Thérèse : en effet, Mme Carette rapporte (p 156) qu'"une pièce à une seule fenêtre servait de communication entre le cabinet de toilette et la chambre à coucher" ce qui est effectivement le cas après 1866 car l'ancien cabinet de travail n'a qu'une fenêtre, et il se trouve de fait entre le cabinet de toilette et la chambre.
Puis Mme Carette indique que cette pièce "était divisée en deux parties par une cloison décorée de peintures sur fond d'or. C'était là que se trouvait dissimulé l'oratoire particulier de l'impératrice. La cloison habituellement close s'ouvrait à deux battants pour le service divin". Or nous savons par le mémoire de restauration de la pièce en 1808 de Moench que les peintures des portes et des murs sont constitués de motifs décoratifs sur fond blanc et or, et que la seule porte qui s'ouvre à deux battants en dissimulant un espace est précisément l'ancien oratoire de Marie Thérèse.

Sur la base de ces éléments, j'ai cherché à simuler ce que pouvait être cet oratoire. Le registre d'entrée mentionne "15 lés de tenture relevée à l'antique en marceline cramoisie" que je propose d'interpréter comme un décor textile habillant les murs de la pièce (qui avaient sans doute conservé leur décor de boiseries peintes sur fond or, peut être moins propices à la méditation). En considérant qu'un lé fait environ 70 cm de large, les quinze lés trouvent leur place presque "naturellement" : 3 lés sur les petits côtés (2.10 m de large), 6 sur le mur du fond (environ 4 m de large) et 3 du côté de la porte, les 3 lés "manquants" correspondant aux deux battants.


Vue de l'emplacement supposé de l'oratoire en 1865, en communication avec le Petit salon vert, chambre de l'impératrice à partir de décembre 1866. Le bureau de Marie Antoinette est retiré du cabinet de travail en 1857 mais tout le reste du mobilier est maintenu jusqu'en 1867. On voit l'évocation de la chaise et le prie-Dieu de l'impératrice mentionnés par le registre d'entrée.
Image

Vue de l'oratoire avec les deux battants ouverts. Le mémoire de Philippe Denis indique qu'un tableau conservé au musée d'Amiens "'Saint Jean Baptiste enfant" par Paul Baudry, acquis en 1857, se trouvait dans cet oratoire. Je l'y ai donc placé.
Image

La marche d'autel est indiquée comme faisant 1.66 m de long sur 0.80 m de large et 10 cm de haut, ce qui permet de la placer dans le renfoncement de la largeur. Le tapis de Smyrne de 1.80 m de long devait déborder un peu sur le sol. Il reste suffisamment de place pour installer la chaise en bois doré et velours de soie cramoisie et le prie-Dieu de même indiquée dans les livraisons, ainsi que les deux petites tables (l'une sans doute sur le long mur, l'autre en face de l'autel contre le mur).
L'autel et son canon depuis la porte

Vue d'ensemble de l'oratoire depuis le fond : la chaise et le prie-Dieu de l'impératrice ; sur un tapis de Smyrne recouvrant une marche, l'autel "en bois sculpté et doré sur fond blanc" avec une garniture complète (un crucifix en bronze verni couleur or, six chandelier de même, un porte missel en chêne sculpté.
Image

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Message Publié : 03 Juin 2017 17:11 
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Pierre de L'Estoile
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Félicitations et merci beaucoup à Hardouin !


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Message Publié : 07 Juin 2017 6:00 
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Merci Jérôme de manifester votre intérêt!

En attendant d'avoir sous peu les documents nécessaires pour poursuivre l'appartement (chambre et cabinet de toilette de l'impératrice) j'ai commencé à réaliser le "fameux" cabinet de travail d'Eugénie, sur la base de différents documents (coupes de Lefuel, tableau de Castiglione, témoignages de contemporains)

Image
Volume du premier cabinet vu depuis les fenêtres, avec la plinthe et la porte en acajou, du reps vert au mur (de la tonalité du tableau de Castiglione) et différents éléments : le régulateur de Riesener et son pendant (aujourd'hui à Versailles) placés dans les angles comme l'indique des mémoires et le bureau de Benneman pour Louis XVI à Fontainebleau (Louvre), présent depuis l'Empire au palais, et qui a notamment servi à la reine Marie Amélie. Il est placé face à la cheminée avec devant un canapé en soie rouge cerise mentionné par l'inventaire et visible sur le tableau de Castiglione derrière le bureau. Deux tables drapées encadrent ces deux meubles (ce qu'indique Mme Carette, et l'on voit effectivement une des deux tables à droite du bureau sur le tableau). J'ai ajouté les cinq chaises légères en bois doré, dossier à balustres et garniture cerise indiquées par le registre d'entrée.

Un tapis de Smyrne est au sol. La cheminée de griotte évoque celle d'origine, identique à celle du tableau de Castiglione dans le second cabinet (précision du mémoire du marbrier en 1866). C'est celle du cabinet doré de la reine à Versailles, en attendant de réaliser celle du cabinet!
Mme Carette précise qu'on trouvait un portrait de l'empereur en 1865 par Cabanel au centre de ce mur. Retiré avant l'incendie et rendu à l'impératrice, il a été acheté par Compiègne en 2008. Le voici de retour!


Image
Le registre, comme le tableau, montre entre les deux cabinets "Deux portières en drap d’or doublé en reps vert contre doublées en molleton 3 lés chacune ornées de biais et franges soie violette et or, Ht 3,50m , long 2,30m" J'ai disposé ces deux portières en utilisant comme texture le motif du tableau de Castliglione pour être au plus près de l'original.
Outre le portrait de Cabanel, j'ai placé quelques tableaux, mentionnés dans le mémoire de Philippe Denis, retirés en septembre 1870 et rendus à l'impératrice, notamment le portrait de sa soeur, la duchesse d'Albe par Winterhalter, un tableau de Helene Browne "la lecture de la Bible" et dans le reflet deux tableaux de Antoine Hebert "Jeune fille au puits " et "paysannes à la fontaine". L'emplacement du portrait de la duchesse d'Albe est attesté par le tableau de Castiglione et les souvenirs de Mme Carette, ainsi que celui des paysannes à la fontaine par cette dernière. Entre les fenêtres, toujours d'après Me Carette, la duchesse de Mouchy par Winterhalter et à droite de la portière en drap d'or "Ruth revenant des champs" de Cabanel.

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Message Publié : 08 Juin 2017 12:00 
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Pierre de L'Estoile
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Est ce ce portrait de Cabanel que l'impératrice considérait comme le plus exact des représentations de Napoleon III mais que l'intéressé détestait à cause de la culotte et des bas de soie ?


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Message Publié : 09 Juin 2017 6:52 
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C'est tout à fait cela cher Jérôme.
A noter que ce portrait succède à un autre portrait de l'Empereur par Flandrin représenté dans la même pièce (le salon Louis XIV, ancien grand cabinet de Napoléon 1er) en général de brigade.
Image

Le décor est en réalité composite puisqu'il même à droite la cheminée de Percier et Fontaine du salon Louis XIV, et à gauche le buste de Napoléon 1er du cabinet du conseil et les drapeaux du cabinet des drapeaux (ou salon des aides de camp) avec un tapis "de Smyrne" qui se trouvent au rez de chaussée sur le jardin
Réalisé en 1861, le portrait de l'empereur est installé en 1862 dans le cabinet de travail de l'impératrice puis remplacé par le tableau de Cabanel. Il a été offert à l'empereur au tribunal de commerce de la Seine et est maintenant à Versailles.

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Message Publié : 10 Juin 2017 12:27 
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J'ai découvert dans les documents photographiés récemment un mémoire d'achèvement du décor des trois salons "colorés" des nouveaux appartements d'Eugénie, à la suite de travaux menés entre le 2 janvier et le 15 septembre 1860.
L'intérêt de ce mémoire est qu'il indique des changements de parti (boiseries dorées au lieu de boiseries blanches rechampies or, changement de ton des fonds bleu, rose...) et surtout il décrit précisément ce qui est doré, ce qui est peint en camaieu, ce qui est peint en coloris, ce qui est doré rechampi blanc, ce qui est sculpté...
En mettant en relation ce document avec le recueil de dessin de Rouyer, il est possible de reconstituer de manière assez fidèle maintenant le décor de ces salons. J'ai donc repris l'évocation du salon bleu en la modifiant en fonction de ce mémoire.

Image

Pour ceux qui l'auraient en mémoire, par rapport à la première évocation :
-j'ai accentué la couleur bleue du fond (qui était plutôt verdâtre) pour avoir un décor contrasté
-les panneaux de lauriers qui encadrent les miroirs et qui marquent les angles avaient été fait en camaieu bleu, le mémoire précise que ce sont des boiseries sculptées et dorées
-des filets bleus figuraient entre les moulures dorées des panneaux des portes et des lambris, je les ai ajoutées
-les panneaux des vantaux des portes comprenaient des parties sculptées et dorées (des guirlandes pour l'essentiel) et des parties peintes.
-j'ai "peint" en coloris les différents éléments naturels en laissant en bleu les arabesques. Le tapis de la pièce, livré en 1866 donc après son achèvement est conçu sur le même principe. Harmonie parfaite du décor donc!
-les éléments des portes (targuettes, poignées... ) ont été complétées.

Je vais reprendre la cheminée, pour la rendre plus réaliste, et réaliserai le mobilier à la suite de celui du cabinet de travail.

Rappel : lien vers le recueil de Rouyer sur Gallica :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b5 ... rk=64378;0

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Message Publié : 12 Juin 2017 9:44 
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Superbe!
Comme toujours, vous faites un travail remarquable et il est important de continuer de vous en féliciter.


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Message Publié : 12 Juin 2017 11:23 
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Oui, on ne vous félicite pas assez, comme si ce travail remarquable allait de soi... :oops:

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 15 Juin 2017 17:15 
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Merci à vous de ces messages d'encouragement à poursuivre!

Dans les documents nouvellement consultés, j'ai trouvé des informations concernant le salon bleu qui ont permis de corriger et de compléter la maquette :

-les motifs de la cheminée que j'avais fait en "bronze doré" dans la précédente version sont en réalité partie prenante du marbre de la cheminée. Celle-ci est d'ailleurs la plus coûteuse de l'appartement (1600 francs) Elle était donc d'un blanc immaculé
-l''autre information concerne le plafond, qui ne figure pas dans les descriptions de l'époque et dans le recueil de Rouyer. Les mandats de paiement permettent de savoir qu'il était de forme ovale et orné d'une peinture réalisée par Eugène Appert représentant "un ciel mouvementé où se détache une bannière en filigrane d'or, de riches draperies des fleurs et des oiseaux, le tout encadré par un décor de fleurs sur un treillage". une apothéose de bleu et de fleurs donc. Le même Appert réalise le plafond "ciel avec vol d'oiseaux" de la salle à manger des appartements Napoléon III du Louvre.
J'ai utilisé un plafond des années 1860 présentant les mêmes caractéristiques. Les angles triangulaires du plafond étaient ornés d'une couronne impériale encadrée de feuilles d'olivier maintenus par un ruban.
Cette forme ovale correspond à la forme de la pièce, qui est un carré allongé : le plan coté publié par Rouyer indique que le salon fait 6,40m de large sur 7,06 m de long
-enfin, on verra dans le "reflet" du mur des fenêtres les rideaux qui étaient en satin blanc surmontés de lambrequins en tapisserie à fleurs bordés de bleus. Leur dessin identique dans les trois salons est connu par l'une des vues du recueil de Rouyer qui montre ces lambrequins dans le reflet du mur du fond du salon rose.

J'ai installé un lustre Louis XVI, repris du salon Louis XIV au palais,(lustre dont nous avons des photos et la description dans l'inventaire où il est indiqué de ce style), afin d'avoir quelque chose de cohérent.
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Message Publié : 21 Juin 2017 9:52 
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Pour ceux qui ne l'auraient pas vue, car elle commence à "dater" un peu et elle est noyée dans d'autres messages, la vidéo de reconstitution du palais en 1870, même si depuis novembre, de nouvelles informations ont permis de compléter ou corriger le modèle. J'en ferai une autre avec ces corrections et les appartements de l'empereur et de l'impératrice durant l'été

Voici le lien :
https://vid.me/3e9o

Cette video dure un peu de 20 mn. on traverse le palais du nord au sud, en commençant par le vestibule central et l'escalier d'honneur. Viennent ensuite la salle des gardes, la salle des travées, la chapelle, la galerie de la paix et le salon de la colonne, puis la salle des Maréchaux (avec l'hymne impérial "en partant pour la Syrie" après l'annonce de l'arrivée de l'empereur) et l'enfilade du grand appartement de réception : salon du Premier consul, salon d'Apollon, salle du trône, salon Louis XIV et Galerie de Diane.

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Message Publié : 03 Juil 2017 13:36 
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Toujours aussi fabuleux Hardouin... je visite la page toutes les semaines dans l'attente de nouvelles splendeurs...

Je me permets de poster ce petit message histoire de vous donner du coeur à l'ouvrage !

Continuez, c'est vraiment admirable !


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Message Publié : 04 Juil 2017 18:51 
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Inscription : 29 Août 2004 9:45
Message(s) : 386
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Merci cher Comte de votre message! Le coeur ne manque pas et l'ouvrage non plus ^^

J'ai poursuivi la reconstitution des salons avec le salon rose en me basant comme le précédent sur les indications des mémoires des peintres et des sculpteurs pour déterminer ce qui est peint en colori, en camaieu ou doré. LA cheminée en marbre blanc avec incrustations de lapis lazuli et bronze doré a été fait d'après le dessin original. Le plafond qui représentait le triomphe de Flore est la colorisation de la gravure de Rouyer.
Voici donc une première vue avec une quelques éléments du mobilier ici recouvert de l'exemplaire original de la garniture, sur le tapis original livré en 1866.

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