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Message Publié : 23 Juil 2015 10:55 
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Grégoire de Tours
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Elviktor a écrit :
on sait bien que le "Texte" du Coran actuel à été en quelque sorte "canonisé" sous le Calife Othmân (règne de 644 à 656) qui, selon wikipédia:
"en l'an 25 de l'Hégire (647) et environ quinze ans après la mort de Mohamed décide d'officialiser un exemplaire du texte coranique (parmi moults d'autres circulant à ce moment) et établit une classification unique des sourates les unes par rapport aux autres. C'est à cette fin qu'il charge une commission de préparer plusieurs copies (mus'haf) du Coran et les fait envoyer en différents points importants du territoire musulman.
Les copies du Coran écrites de nos jours suivraient toujours, mot pour mot, cette compilation des copies d'Othmân, écriture nommée « ar-rasm al-othmanî ». Quelques-unes de ces copies existent encore aujourd'hui : l'une se trouve à Istanbul, l'autre à Tachkent (Ouzbékistan), une troisième au British Museum de Londres."

calame a écrit :
Votre proposition (la canonisation du Coran sous Uthman) est discutable et de plus en plus discutée parmi les spécialistes, c'est même un sérieux point d'achoppement dans l'historiographie récente.

Saladin a écrit :
Calame a raison sur la "vulgate" d'Othman qui fait débat.

Jean-Marc Labat a écrit :
J'avais lu un article sur des découvertes (au Yémen ?) de Corans d'avant l'unification d'Othman où il était dit qu'il y avait des différences sensibles, mais je ne suis pas allé plus loin.


Narduccio a écrit :
Je pense aussi avoir lu quelque chose là-dessus. De ce que je m'en souviens, après la mort du Prophète, de nombreux musulmans voulaient avoir une recension de ce qu'il avait professé pour pouvoir se référer à sa parole. Donc, de nombreux écrivains proposaient des recueils plus ou moins complets. VU les différence entre les diverses versions, les sages de l'époque avaient décidé de faire une version officielle, la "vulgate" d'Othman. Mais, on considérait ces vieux "corans" comme des livres saints, puisqu'ils portaient la parole du Prophète, même si elle n'était pas tout à fait correcte et donc, ils ont été stockés dans des mosquées et c'était un de ces dépôts que l'on venait de découvrir. Ce qui allait permettre de mieux comprendre les choix qui auraient été faits à l'époque de la rédaction du Coran d'Othman. Sachant que certains pensent que la parole de Mahomet a peut-être été "ajustée" à l'époque.


Je me suis permis de creuser un peu cette affaire de compilation du Coran original, de versions différentes et du "canon" Othmanien, et voici ce que j'ai pu en comprendre à la lecture notamment de
http://www.forum-religion.org/islam/l-a ... 26196.html
http://www.maison-islam.com/articles/?p=176

1) L'intégralité du Coran a été révélée au Prophète Muhammad sur une étendue de 23 années. Chaque fois qu'un verset, un fragment de verset, ou plusieurs versets sont révélés au Prophète, celui-ci indique leur place au sein du texte coranique déjà révélé (par exemple au milieu du texte d'une sourate en train de se constituer). Cependant, le texte coranique possède plusieurs particularités.
La première de celles-ci est que le Prophète mourra en l'an 632 sans avoir indiqué l'ordre du classement de la totalité des sourates les unes par rapport aux autres. Différents Compagnons n'observent donc pas le même ordre dans leur classement des sourates.
Du vivant même du Prophète, au fur et à mesure de sa révélation, le Coran est conservé dans les mémoires des hommes et récité chaque jour dans les 5 prières obligatoires. Simultanément, ses versets sont tous mis par écrit sur ordre du Prophète lui-même.Les supports se constituent de papier, de pierres tendres, d'omoplates de chameaux, etc., et sont dispersés auprès de différents Compagnons (rapporté par al-Bukhârî).
il arrive que certains versets, révélés au Prophète, écrits et insérés là où il l'avait dit, et récités en tant que texte coranique, soient ensuite abrogés par ordre de Dieu Lui-même au Prophète. Le cas que évoqué ici est le "naskh at-tilâwa" : le passage lui-même est abrogé et sa récitation en tant que texte coranique ne se fait plus. Il est dès lors prévisible que certains Compagnons, ayant appris du Prophète un verset donné et n'étant par exemple pas à Médine lors de son abrogation, continuent à le réciter en tant que texte coranique.
D'autre part le Prophète a, parfois, sur la demande d'un Compagnon, expliqué le sens d'un passage que celui-ci ne comprenait pas. D'autres fois il a précisé le sens du verset et l'a cité juste après en avoir fait la récitation. Dès lors, il arrive qu'un Compagnon présent à ce moment-là retienne l'explication, et la répète ensuite à ses élèves juste après le texte coranique. Il arrive aussi qu'il écrive cette explication dans sa copie personnelle du verset. Et il arrive également qu'il pense qu'il s'agisse de mots appartenant au texte coranique lui-même. Il arrive, enfin, que ce soit un Compagnon qui, après avoir récité un passage du Coran, en explique le sens, et que c'est un de ses élèves ou un élève de ses élèves qui pense que cela fait partie du texte coranique lui-même.
De plus, certains mots du texte coranique peuvent être lus selon des variantes de récitation (qirâ'ât ou ahruf). Ces variantes se rapportent à des différences d'accents régionaux, à des différences lexicologiques, morphologiques, syntaxiques, etc., qui n'influent en rien sur le sens global du texte. Il s'agit par exemple des mots "nâs" / "nès", de "'ihn" / "sûf", etc. Le Prophète a parlé de sept variantes présentes dans l'ensemble du texte coranique. Le Prophète enseigne à un Compagnon un passage donné du texte coranique, et à un autre Compagnon il enseigne le même passage mais avec des variantes de récitation. Or il arrive qu'un Compagnon n'ait pas eu connaissance de la variante de récitation enseignée par le Prophète à un autre Compagnon.
Durant chaque mois du ramadan, le Prophète fait avec l'ange Gabriel une révision du texte coranique déjà révélé. Lors du dernier ramadan de sa vie, celui de l'an 10 de l'hégire, le Prophète fait la révision deux fois (rapporté par al-Bukhârî) ; il s'agit de "l'ultime révision" ("al-'ardha al-akhîra"). Le Prophète meurt au mois de rabî' al-awwal de l'an 11, soit cinq mois et quelques jours plus tard.

2) Archivage du texte coranique sous Abû Bakr, le premier calife du Prophète :
L'archivage de l'intégralité du texte coranique se fait lors du califat de Abû Bakr (632-634), autrement dit dans les 2 ans qui suivent la mort du Prophète.
Omar ibn ul-Khattâb, ayant constaté qu'une bataille, celle de al-Yamâma, a emporté de nombreux Compagnons connaissant par cœur l'intégralité du texte coranique, prend conscience du fait que ceux qui mémorisent l'intégralité du texte coranique pourraient tous mourir ainsi subitement, lors de batailles, sans avoir pu former des élèves connaissant eux aussi par coeur la totalité du livre saint ; une partie du texte coranique pourrait ainsi se perdre. Il demande au calife, Abû Bakr, d'ordonner l'archivage de l'intégralité du texte coranique. Après plusieurs hésitations, Abû Bakr accepte, et charge Zayd ibn Thâbit (qui avait été scribe du Prophète et qui lui-même connaît par coeur l'intégralité du texte coranique) de rassembler les divers supports écrits et de préparer une copie du texte coranique intégral.
Le texte est rédigé dans sa totalité sur des feuillets (sahifa, pl. suhuf).
Ceux-ci constituent donc une archive du texte coranique, destinée à servir en cas de mort subite de tous ceux qui mémorisent le Coran.
Ces feuillets sont confiés à la garde de Abû Bakr lui-même. Après la mort de ce dernier, le deuxième calife, Omar (634-644) les reçoit. Après sa mort, ils sont confiés à sa fille Hafsa, veuve du Prophète.

C'est donc ici, dans les 2 ans qui suivent la mort du Prophète (et non 20 ans après), sous le califat de Abû Bakr, que le texte coranique est rédigé dans son intégralité dans une même copie (il s'agit plus précisément d'un ensemble des feuillets).

3) Uniformisation des copies coraniques sous Uthmân, troisième calife du Prophète :
Sous le califat de Uthman, troisième calife (644-656), le territoire musulman s'est considérablement agrandi et de nouveaux problèmes surgissent chez certains musulmans. Quatre type de divergences apparaissent à propos du texte du Coran en l'espace de la quinzaine d'années qui suit la mort du Prophète et ces quatre particularités du texte coranique vont engendrer des divergences entre les élèves des Compagnons:
- certains des Compagnons du Prophète se sont installés qui en Syrie, d'autres en Irak (dans la ville de Bassora, dans celle de Kufa)... Or, chaque Compagnon enseigne à ses élèves ce qu'il connaît et a appris du Prophète.
- Le fait que le Prophète n'ait pas indiqué l'ordre de classement de la totalité des sourates entraîne alors que la copie personnelle du Coran qu'a préparée Ibn Mas'ûd (qui habite Kufa) diverge de celle qu'avait préparée Ubayy ibn Kaab…
- De même, parce que certains versets avaient été abrogés sur ordre de Dieu au Prophète mais que certains Compagnons n'en avaient pas eu connaissance, la copie préparée par Ubayy contient deux courtes sourates relevant de cette catégorie : al-Khal' et al-Hafd.
Parce que des Compagnons citent parfois, après un verset, le sens d'un mot ou d'un passage du texte, il arrive qu'un élève de ces Compagnons croit qu'il s'agisse du texte coranique.
- Enfin, parce que les élèves d'un Compagnon donné n'ont jamais entendu une autre récitation que celle que leur professeur a apprise du Prophète, ils ne peuvent imaginer que ce dernier a enseigné le même texte à d'autres Compagnons, mais avec des variantes. Dès lors, mis en présence d'élèves d'un autre Compagnon (comme lors de la campagne d'Azerbaïdjan, qui réunit des musulmans de Syrie et d'Irak), ils estiment que ceux-ci n'arrivent pas à réciter correctement le Coran.

Le calife Uthmân décide alors d'officialiser un type unique de copie du texte coranique. Il charge donc une commission de Compagnons experts en récitation du texte coranique de travailler à partir des feuillets préparés par Zayd ibn Thâbit à l'époque et sur la demande du premier calife, Abû Bakr (632-634), et de préparer une copie coranique qui devra servir de modèle uniforme ; cette commission est composée de : Zayd ibn Thâbit lui-même, Abdullâh ibn uz-Zubayr, Sa'ïd ibn ul-'As et Abd ur-Rahmân ibn ul-Hârith ibn Hishâm (rapporté par al-Bukhârî, n° 4702). C'est ainsi que plusieurs exemplaires de cette copie dite "uthmanienne" sont préparés.
Ce qu'il ordonne n'est plus le recensement du texte coranique – celui-ci ayant déjà eu lieu sous Abû Bakr – mais la préparation de copies coraniques dotées de certaines particularités et devant être universalisées. L'objectif de Uthmân est :
– que personne ne récite plus, comme faisant partie du texte coranique, des versets dont la récitation même avait été abrogée sur indication du Prophète (mansûkh ut-tilâwa) ;
– que personne ne récite plus, en le considérant comme faisant partie du texte coranique, ce qui n'est que le commentaire d'un verset ayant été dit par le Prophète, ou par un Compagnon à ses élèves ;
– que disparaissent les graves querelles à propos des authentiques variantes de récitation ayant été enseignées par le Prophète ;
– et que soit unifié le classement des sourates les unes par rapport aux autres.

Dans le but d'uniformiser les copies coraniques et de mettre ainsi fin aux quatre types de divergences évoquées, Uthman demande que toutes les autres copies coraniques soient brûlées (rapporté par al-Bukharî, n° 4702).
Il faut également noter que la graphie des copies "uthmaniennes" est particulière: ni les points diacritiques (qui expriment la différence entre certaines lettres de l'alphabet arabe, comme le "tâ", le "bâ" et le "yâ"), ni les signes indiquant les voyelles courtes n'y figurent, l'objectif est de permettre la récitation de plusieurs variantes rapportées du Prophète, qu'on peut retrouver à partir du même "socle" (cf. Al-Itqân, p. 238, Fath ul-bârî, tome 9 p. 39). La graphie uthmanienne sans points ni voyelles permet ainsi de retrouver les deux récitations "nanshuruhâ" / "nunshizuhâ" dans le texte coranique.
De plus, les musulmans des premiers temps ne se contentaient pas de posséder une copie pour réciter le Coran. Ils utilisaient celle-ci comme support, mais avaient également recours à son nécessaire complément: l'apprentissage auprès d'un maître qualifié. Cette méthode a subsisté jusqu'à nos jours: à la fin des études, le maître octroie un diplôme mentionnant toute la chaîne de ses maîtres, et des maîtres de ses maîtres, jusqu'au Prophète et attestant la conformité de la récitation à ce que lui-même a appris de son maître" (Préface à la traduction du Saint Coran, Muhammad Hamidullah).
Donc en l'an 25 de l'hégire, soit 15 ans (et non 20 ans) après la mort du Prophète. les copies préparées, Uthmân les fait envoyer en différents points importants du territoire musulman. (Tous ces éléments sont rapportés par al-Bukhârî, n° 4702.)
Avec l'uniformisation des copies coraniques, il y a désormais plusieurs conditions pour qu'une variante de récitation puisse être récitée comme texte du Coran. D'une part il faut qu'il soit prouvé par une chaîne de transmission authentique que cette variante a été enseignée par le Prophète. Mais d'autre part, même dotée de la chaîne de transmission voulue, il faut dorénavant que cette variante puisse également être récitée à partir de la graphie des copies coraniques préparées par la commission de Uthman (graphie qu'on nomme "ar-rasm al-'uthmânî"). Les copies du Coran écrites de nos jours suivent toujours mot pour mot et lettre pour lettre cette écriture des copies d'Uthman, (écriture "ar-rasm al-'uthmanî").

Or, désormais, des variantes existent qui remplissent la première mais non pas la seconde de ces conditions. Ainsi "Wa-dh-dhakari wa-l-unthâ", que Ibn Mas'ûd et Abou-d-Dardâ ont apprise du Prophète, alors que d'autres Compagnons ont appris la variante qui a été reprise dans les copies uthmaniennes : "Wa mâ khalaqa-dh-dhakara wa-l-unthâ" (92/3) (rapporté par al-Bukhârî, n° 4659). .
Toutes ces variantes relèvent de catégories qui, contrairement aux autres, ne pouvaient être englobées par une même graphie et Ibn Mas'ûd (qui habite Kufa, en Irak) a, depuis plusieurs années, préparé une copie coranique personnelle, où figurent justement certaines de ces variantes non-incluses dans la graphie des copies uthmaniennes et qui ne devaient à l'avenir plus pouvoir être récitées en tant que texte coranique. Et il a de nombreux élèves auxquels il a enseigné le texte du Coran selon la récitation qu'il a appris à en faire du Prophète. Il ne comprend pas les raisons amenant Uthman à vouloir universaliser les copies qu'il a fait préparer et à demander qu'on détruise toute copie antérieure. Le reproche qu'Ibn Mas'ûd fait n'est pas que les copies préparées soient fausses, c'est qu'il ne comprend pas pourquoi il devrait abandonner certaines variantes qu'il a apprises du Prophète et qui figurent dans sa copie à lui. Si les variantes englobées par Zayd dans ces copies sont correctes, celles que lui récite sont aussi correctes, De plus, affirme-t-il, les variantes de récitation qu'il a apprises du Prophète sont elles aussi conformes à "l'ultime révision".
Nous sommes cependant ici en présence d'une voie tracée par un des califes orthodoxes ("al-khulafâ ar-rashidûn"). Et c'est pourquoi plusieurs éminents Compagnons du Prophète désapprouvent les propos de Ibn Mas'ûd demandant à ses élèves de continuer à utiliser leurs copies (c'est ce que az-Zuhrî affirme : rapporté par at-Tirmidhî, n° 3104). De plus, nous sommes en présence d'un consensus (ijmâ') qui se réalise ensuite dans toute la communauté musulmane (lorsque Ibn Mas'ûd meurt en l'an 32 de l'hégire, soit environ trois ans avant le décès du calife Uthmân). Depuis la communauté des savants musulmans est quasi- unanime pour dire qu'il est nécessaire de suivre la graphie des copies uthmaniennes ("ar-rasm ul-'uthmânî") (Al-Itqân, p. 1163), et c'est pourquoi les copies coraniques le font toujours, aujourd'hui encore, bien que les copies "uthmaniennes" n'englobent donc pas la totalité mais une grande partie des variantes de récitation enseignées par le Prophète au cours de sa mission.
Par ailleurs, elles incluent une partie seulement des variantes de récitation conservées lors de l'ultime révision (al-'ardha al-akhîra) entre l'ange Gabriel et le Prophète: celles relatées par Ibn Mas'ûd n'ont pas été abrogées lors de l'ultime révision.

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Message Publié : 23 Juil 2015 11:46 
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Message Publié : 23 Juil 2015 11:59 
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Elviktor a écrit :
Les copies du Coran écrites de nos jours suivraient toujours, mot pour mot, cette compilation des copies d'Othmân, écriture nommée « ar-rasm al-othmanî ». Quelques-unes de ces copies existent encore aujourd'hui : l'une se trouve à Istanbul, l'autre à Tachkent (Ouzbékistan), une troisième au British Museum de Londres
Non, ces manuscrits ne peuvent pas être othmaniens, puisqu'ils sont écrits dans le style coufique.
Le style employé au VIIe siècle est le style hijazi, c'est le style qu'on retrouve sur ces fragments, ou sur le codex parisino-petropolitanus étudié par F. Deroche : https://fr.wikipedia.org/wiki/Codex_Par ... opolitanus

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Message Publié : 23 Juil 2015 12:46 
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Pour ceux qui souhaiterai plus de détails sur la découverte yéménite, ils s'agit des manuscrits de Sanaa, découverts en 1972 dans un plafond de mosquée.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuscrits_de_Sana%27a

https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=Manuscrit+de+Sanaa

http://lecourrierdelatlas.com/Idees-rel ... Sanaa.html

http://www.maison-islam.com/articles/?p=183


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Message Publié : 23 Juil 2015 16:43 
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Narduccio a écrit :
Merci

Je vous en prie...

Ren' a écrit :
Elviktor a écrit :
Les copies du Coran écrites de nos jours suivraient toujours, mot pour mot, cette compilation des copies d'Othmân, écriture nommée « ar-rasm al-othmanî ». Quelques-unes de ces copies existent encore aujourd'hui : l'une se trouve à Istanbul, l'autre à Tachkent (Ouzbékistan), une troisième au British Museum de Londres

Non, ces manuscrits ne peuvent pas être othmaniens, puisqu'ils sont écrits dans le style coufique.
Le style employé au VIIe siècle est le style hijazi, c'est le style qu'on retrouve sur ces fragments, ou sur le codex parisino-petropolitanus étudié par F. Deroche : https://fr.wikipedia.org/wiki/Codex_Par ... opolitanus


Fort bien Ren , je voudrais juste rectifier que cette affirmation sur les copies d'Istanbul, de Tachkent et de Londres que vous m'attribuez est, comme je l'avais indiqué au moment ou je la rapporte, tirée elle-même de...wikipédia :)

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Message Publié : 23 Juil 2015 17:23 
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Elviktor a écrit :
Fort bien Ren , je voudrais juste rectifier que cette affirmation sur les copies d'Istanbul, de Tachkent et de Londres que vous m'attribuez est, comme je l'avais indiqué au moment ou je la rapporte, tirée elle-même de...wikipédia :)
Oups ! J'aurais dû corriger l'intitulé de ma citation, car je l'avais en effet fort bien compris dans votre message initial :oops:
...Mes excuses pour ce désagrément ;)

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Message Publié : 23 Juil 2015 17:45 
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Cangadoba a écrit :
Pour ceux qui souhaiterai plus de détails sur la découverte yéménite, ils s'agit des manuscrits de Sanaa, découverts en 1972 dans un plafond de mosquée.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuscrits_de_Sana%27a
https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=Manuscrit+de+Sanaa
http://lecourrierdelatlas.com/Idees-rel ... Sanaa.html
http://www.maison-islam.com/articles/?p=183


Wikipédia:
"Les manuscrits de Sana'a retrouvés en 1972 au Yémen sont constitués de fragments sur parchemins et sur papiers provenant de 926 Corans.
La restauration des manuscrits a été organisée et supervisée par Gerd-Rüdiger Puin, spécialiste de calligraphie arabe et de paléographie coranique à l'Université de la Sarre, qui a examiné de façon minutieuse les fragments de parchemin de cette collection et leur donne une datation au Carbone 14 de l'année 657 à l'année 690.
Le docteur Hans-Caspar Graf von Bothmer, spécialiste des manuscrits arabes de la période médiévale, qui a travaillé également sur le projet de restauration et de catalogage des manuscrits de Sana’a, en étudiant les caractéristiques paléographiques, la décoration et l’enluminure des manuscrits a daté, lui, le texte de la dernière décennie du Ier siècle de l'Hégire, vers 91-96 H, soit 710 - 715, sous le règne du calife omeyyade Al-Walid."

Ce que montre la controverse sur les Manuscrits de Sana'a (qui porte sur le fait qu'il est fort possible que ces manuscrits reprennent le contenu d'une copie du Coran antérieure aux copies uthmaniennes, par exemple celle de Ibn Mas'ûd, ou celle d'un autre Compagnon) et implique, il me semble, en tout premier point la découverte de la version du Coran de Birmingham (qui serait bien antérieure à celle de Sana'a et- sous toutes réserves- pourrait être une des versions pré-unification Uthmanienne) c'est que toutes les versions -qui par la suite deviendront non orthodoxes de la "Récitation"- n'avaient tout simplement pas été supprimées ou éradiquées lors du projet unificateur du Coran mené par le Calife Uthman...?

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Message Publié : 23 Juil 2015 21:30 
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Eginhard
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En ce qui concerne les pages retrouvées, elles correspondent parfaitement au Coran d'aujourd'hui. L'écriture n'a cependant pas la présence des voyelles. Il s'agit de la fin de la sourate Marie et du début de la sourate Ta Ha. Quand on lit ces pages à partir des images diffusées il n'y a pas de problème pour les reconnaitre lorsqu'on est arabophone ou lecteur habitué du Coran.


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Message Publié : 23 Juil 2015 21:59 
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Salluste
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Elviktor a écrit :
Saladin a écrit :


Je relève dans cette vidéo ce qu'avance le spécialiste de l'islam et du christianisme à l'université de Birmingham, le professeur David Thomas, : "que les parties du Coran qui sont contenues dans ce fragment sont en effet très similaires au Coran que nous détenons aujourd'hui [sous-entendu le Coran diffusé et référence de nos jours], donc ceci tend à soutenir que le Coran que nous connaissons aujourd'hui est plus ou moins très proche du Coran des premières années de l'Islam."
et me fait la réflexion que si "ces parties de Coran", probablement des toutes premières années de l'Islam, sont très proches de celles contenues dans le Coran d'aujourd'hui, elles n'en sont toutefois pas les mêmes. Et personnellement, c'est cette "variance" (que je trouve la plus passionnante à décrypter, analyser et mettre à jour) qui m'interpelle, se trouve être à mon sens le véritable objet d'étude et est bien peu soulignée dans cette annonce, plutôt que l'ancienneté du support sur lequel ces parties sont portées qui, si cela reste remarquable, ne me semble que bien secondaire.


Je pense aussi que les différences entre le texte officiel du Coran et celui de ce manuscrit inédit seront l'intérêt essentiel de cette découverte, et j'ajoute qu'elles pourraient devenir aussi un enjeu politique si les théologiens musulmans dans leur diversité et oppositions prennent part aux débats.
Je suis notamment curieux de savoir si la primauté des sourates médinoises sur les sourates mecquoises en sortira renforcée.


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Message Publié : 23 Juil 2015 22:43 
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Elviktor a écrit :
Ce que montre la controverse sur les Manuscrits de Sana'a (qui porte sur le fait qu'il est fort possible que ces manuscrits reprennent le contenu d'une copie du Coran antérieure aux copies uthmaniennes, par exemple celle de Ibn Mas'ûd, ou celle d'un autre Compagnon) et implique, il me semble, en tout premier point la découverte de la version du Coran de Birmingham (qui serait bien antérieure à celle de Sana'a et- sous toutes réserves- pourrait être une des versions pré-unification Uthmanienne) c'est que toutes les versions -qui par la suite deviendront non orthodoxes de la "Récitation"- n'avaient tout simplement pas été supprimées ou éradiquées lors du projet unificateur du Coran mené par le Calife Uthman...?
A propos de Sana'a : [url]http://www.academia.edu/7281199/_Le_palimpseste_de_Ṣanʿā_et_la_canonisati_on_du_Coran_nouveaux_éléments_[/url]

Merci de mettre les liens internet dans des balises url, il suffit alors de cliquer dessus.

Pour la modération : Narduccio

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Message Publié : 23 Juil 2015 23:05 
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Salluste
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Merci Ren, je n'arrivait pas à retrouver ce lien.

Autre chose, j'avais lu dans un des articles relatifs à cette découverte que des fragments de parchemins provenant de la même source étaient possédé par une institution française.
http://www.bfmtv.com/international/grande-bretagne-l-une-des-plus-anciennes-versions-du-coran-decouverte-903355.html

Ceci me suggère que l'affaire n'est peut-être pas terminée, j'imagine très bien que la communauté scientifique va examiner à la loupe le reste des parchos venus de la même source (un prètre collectionneur de Mossoul si j'en crois RFI)
http://www.rfi.fr/europe/20150722-royaume-uni-coran-birmingham-tresor-islam-parchemin-vieux/

On considère souvent le Coran comme un texte figé, je n'imaginais pas que sa rédaction ai pu être aussi dynamique. Je connaissait la recension d'Othman, mais l'analyse d'Elviktor m'a fait découvrir ces sourates intégrée puis retirée par Mahomet et la récension préalable sous Abou Bakr ainsi que la version " Ibn Mas'ûd". C'est très intéressant et je le remercie d'avoir partagé ces réflexions.


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Message Publié : 24 Juil 2015 10:52 
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Saladin a écrit :
En ce qui concerne les pages retrouvées, elles correspondent parfaitement au Coran d'aujourd'hui. L'écriture n'a cependant pas la présence des voyelles. Il s'agit de la fin de la sourate Marie et du début de la sourate Ta Ha. Quand on lit ces pages à partir des images diffusées il n'y a pas de problème pour les reconnaitre lorsqu'on est arabophone ou lecteur habitué du Coran.


- "En ce qui concerne les pages retrouvées, elles correspondent parfaitement au Coran d'aujourd'hui"
Vous parlez bien là, Saladin, du manuscrit de Birmingham et dans sa totalité ?...dans ce cas cela contredirait les premières affirmations et présentation faite aux médias TV (rapportées par vous-même ci-dessous) du professeur David Thomas.
Saladin a écrit :
Vidéo de l'AFP : https://www.youtube.com/watch?v=iQu1w7dLUwk
le professeur David Thomas, : "les parties du Coran qui sont contenues dans ce fragment sont en effet très similaires au Coran que nous détenons aujourd'hui [sous-entendu le Coran diffusé et référence de nos jours], donc ceci tend à soutenir que le Coran que nous connaissons aujourd'hui est plus ou moins très proche du Coran des premières années de l'Islam."


- " L'écriture n'a cependant pas la présence des voyelles. Il s'agit de la fin de la sourate Marie et du début de la sourate Ta Ha."
Déjà donc, cette écriture (du moins dans cette sourate) répond ou ne répond pas au Canon Utmanien ? :wink:

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Message Publié : 24 Juil 2015 11:02 
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Nico69 a écrit :
cette découverte pourrait devenir aussi un enjeu politique si les théologiens musulmans dans leur diversité et oppositions prennent part aux débats.
Je suis notamment curieux de savoir si la primauté des sourates médinoises sur les sourates mecquoises en sortira renforcée.


Je ne suis pas sûr de bien vous suivre Nico69, à propos de cette "primauté":
Existe-t'il deux versions du Coran dans le Coran actuel, l'un avec des sourates (en plus ou en moins) variantes de Médine et l'autre, dite de La Mecque, avec des sourates (en plus ou en moins) portant ses propres variations ?

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Message Publié : 24 Juil 2015 11:12 
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Cangadoba a écrit :
On considère souvent le Coran comme un texte figé, je n'imaginais pas que sa rédaction ai pu être aussi dynamique. Je connaissais la recension d'Othman, mais l'analyse d'Elviktor m'a fait découvrir ces sourates intégrées puis retirées par Mahomet, la récension préalable sous Abou Bakr ainsi que la version " Ibn Mas'ûd". C'est très intéressant et je le remercie d'avoir partagé ces réflexions


Je suis comme vous Cangadoba, je découvre (en grande partie) ces événements et/ou épisodes sur la génese du Coran et les trouve (pardon éventuellement pour cet excès) passionnants. :)

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Message Publié : 26 Juil 2015 16:44 
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Ren' a écrit :
Elviktor a écrit :
Les copies du Coran écrites de nos jours suivraient toujours, mot pour mot, cette compilation des copies d'Othmân, écriture nommée « ar-rasm al-othmanî ». Quelques-unes de ces copies existent encore aujourd'hui : l'une se trouve à Istanbul, l'autre à Tachkent (Ouzbékistan), une troisième au British Museum de Londres
Non, ces manuscrits ne peuvent pas être othmaniens, puisqu'ils sont écrits dans le style coufique.
Le style employé au VIIe siècle est le style hijazi, c'est le style qu'on retrouve sur ces fragments, ou sur le codex parisino-petropolitanus étudié par F. Deroche : https://fr.wikipedia.org/wiki/Codex_Par ... opolitanus


Pour autant que je puisse le comprendre la recension d'Othman porte sur le "Rasm" non sur la calligraphie, par conséquent aussi bien le Codex Parisino-petropolitanus (écrit en en style Kufi [ou Coufique] ) que le Le Codex de Samarcande (appellé aussi Coran d'Othman qui se trouve aujourd'hui à Tachkent au Turkestan et écrit, lui, en style Hijazi) sont des originaux ou des copies d'originaux du Coran Othmanien (c'est à dire de la version canonisée du Coran promulguée par le calife Othman en l'an 647 ap. JC [an 25 de l'Hégire]) répondant parfaitement aux attentes et exigences de l'écriture "ar-rasm al-'uthmanî".

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