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Message Publié : 17 Nov 2013 23:52 
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Laurentius a écrit :
Les expulsions après la SGM n'étaient pas limitées aux minorités. Villes comme Dantzig, Breslau, Koenigsberg ou Stettin n'étaient pas moins allemandes que Munich ou Cologne; les Allemands y étaient largement (>95%) majoritaires et l'avaient été pour beaucoup de siècles. Le but des expulsions était simplement le vol de terres avec tout ce qu'elles contenaient (immeubles, industries, oeuvres d'art,...).


A partir de quand on est une minorité ? Une ville entièrement peuplée d'allemand plantée au milieu d'un territoire peuplé de non-allemands, qui est la minorité ?

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Message Publié : 18 Nov 2013 8:13 
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Stettin, Breslau, ou Königsberg n'étaient pas des îlots germanophones au milieu de Polonais. Il en va d'ailleurs de même pour des villes comme Karlsbad ou Marienbad en Tchécoslovaquie.

Mais le problème des minorités a été résolu, violemment, certes, de façon brutale, mais résolu. Celui des minorités Hongroises de Slovaquie, de Roumanie et même de Serbie agite toujours l'UE. Seule une large autonomie peut le résoudre, à mon sens. Les germanophones du Haut-Adige, ou du Südtirol l'ont obtenue, on parle même de le faire pour les germanophones d'Eupen et Malmédy qui sont à l'heure actuelle rattachés à la Wallonie.

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Message Publié : 18 Nov 2013 10:56 
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Narduccio a écrit :
A partir de quand on est une minorité ? Une ville entièrement peuplée d'allemand plantée au milieu d'un territoire peuplé de non-allemands, qui est la minorité ?


Comme Jean-Marc Labat l'a expliqué, Stettin, Breslau et Königsberg se trouvaient au milieu du territoire allemand:

Image
Source: Wikipédia

Cette carte montre la distribution de la langue allemande dans les frontières de l'empire de Bismarck. Naturellement, langue et identité nationale ne coincident toujours, mais c'est une bonne approximation. Après la PGM, tous les territoires mixtes ont été donnés à la Pologne; donc, il n'y avait pas de problème des minorités dans les frontières de 1937. Le problème a été créé seulement après la SGM par changer les frontières de la Pologne dans une manière extreme. C'est pourquoi en Allemagne, on ne parle pas de l'expulsion des Allemands de la Pologne, mais des anciens territoires allemands de l'est. En fait, ces territoires étaient connus sous le nom d'Allemagne de l'Est avant la SGM, et le territoire pour lequel on utilise ce nom auhjourd'hui, c'était l'Allemagne Centrale.

Naturellement, il y avait en plus des problèmes des minorités dans les territoires en dehors des frontières de 1937, par exemple en Pologne, en Tchéchoslovaquie, ou en Italie. Certains de ces problèmes ont été créé délibérément par les traites de 1919. Par exemple, la frontière linguistique entre l'allemand et l'italien était très claire et tranchante. Néanmoins, on a décidé de ne pas la respecter et a donc créé artificiellement un problème de minorite dans le Tyrol du Sud.

Jean-Marc Labat a écrit :
Mais le problème des minorités a été résolu, violemment, certes, de façon brutale, mais résolu.


Oui, mais le prix était très élevé; millions de gens ont été tué, et des paysages culturels ont été complètement annéantis. Dans certains cas on peut dire que les Alliés ont terminé la guerre de Hitler dans un style hitlérien.


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Message Publié : 18 Nov 2013 11:12 
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N'oublions pas que les Polonais ont été expulsés des territoires annexés à l'URSS d'une façon tout aussi violente.

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Message Publié : 18 Nov 2013 11:39 
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Plutôt qu'une carte bicolore, il aurait mieux valu une carte avec les pourcentages de la population d'origine allemande. Je pensais pourvoir en trouver une assez rapidement ... Désolé, ce n'est pas le cas. :oops:

Effectivement, la Russie s'agrandit au détriment des pays limitrophes. Du coup, "on" déplace la Pologne vers l'Ouest et la frontière allemande se trouve aussi déplacée. Et on déplace les populations qui sont priées d'aller vers leurs nouveaux pays. Une espèce de jeu de la chaise vide. J'ai découvert qu'il y avait toujours une minorité allemande en Pologne (et elle a le droit maintenant d'être représentée au parlement polonais).

Pour les pourcentages des populations et des minorités, il est assez difficile d'avoir des documents sur le net et il faudrait se procurer les études ou thèses qu'il y a pu y avoir sur la question. Toutefois, j'ai trouvé quelque chose qui permet de comprendre le phénomène. Phénomène qui est assez proche de ce qui s'est passé en France lors du XIXème siècle, à part qu'avec la volonté intégratrice française, il y a eût un amalgame des populations alors que dans les terres sous domination allemande, autrichienne ou russe, on continuait de faire partie de sa communauté.

Voici un graphique trouvé sur wikipédia :
Image

C'est la répartition de la population de
Wikipédia a écrit :
Košice; allemand : Kaschau, hongrois : Kassa, appelée parfois Cassovie ([ka.sɔ.vi]) en français sur la base du nom latin Cassovia, est la deuxième ville de Slovaquie par sa population et était la cinquième de l'ancienne Tchécoslovaquie.

...

Les Hongrois forment la plus importante minorité de la ville et sont présents dans de nombreux villages au sud de la ville ; avant l'indépendance de la Tchécoslovaquie, et en plein processus de magyarisation, une majorité des habitants de la ville se déclaraient Hongrois (75,4 % en 1910)73. Au XXe siècle, la politique de slovaquisation de la Tchécoslovaquie puis de la Slovaquie a réduit fortement le nombre de citoyens se réclamant de cette communauté. Une partie de ceux-ci ont fait partie d'échanges de populations dans l'entre-deux-guerres, certains ont émigré, d'autres ont été expulsés par les décrets Beneš74. En 2001, seul 3,79 % de la population se déclarait hongroise9. Ces chiffres sont cependant à prendre avec recul car chaque nation dominant la ville a eu tendance à gonfler les chiffres des membres de sa communauté. Les personnes bilingues furent enregistrées en tant que Hongrois durant les périodes d'administration hongroise et slovaque sous le régime tchécoslovaque.


Dans de nombreuses régions, il y avait des populations bilingues. L'origine de cette population n'est pas toujours facile à déterminer et on pouvait changer d'origine ethnique en quelques générations selon les circonstances. Une grande partie de la Prusse orientale est peuplée par des slaves qui ont été germanisés depuis plusieurs siècles et qui seront chassés en 1945 en tant que personnes de nationalité "allemande". Ce sont les petits clins d’œils de l'histoire.

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Message Publié : 18 Nov 2013 11:58 
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PS : j'ai trouvé un site qui fait un très bon résumé des déplacements de populations en Europe après la SGM et de leurs conséquences sur les périodes suivantes : Les déplacés allemands après la Seconde Guerre mondiale

On y voit que des anglais travaillaient déjà dans l'organisation de ce transfert de populations en 1942!
Mémoire on line a écrit :
En février 1942, une première étude britannique esquissée par le Foreign Office d'Oxford mit en avant l'ampleur qu'allait prendre pareille projection. Orchestrée par John Mabbott, métaphysicien au St. John's College, cette étude avait le mérite de mettre en lumière le défi colossal auquel devaient s'attendre les Alliés pour aboutir à leurs fins. Mabbott avait clairement explicité que la mise en place d'un organisme international pour contrôler directement les migrations était indispensable, tant dans les zones évacuées que les pays récepteurs. De même, il fallait selon lui 5 à 10 ans pour organiser comme il se doit l'opération sans précipiter les choses et assombrir les horizons de cette opération.

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Message Publié : 18 Nov 2013 15:49 
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Très bon résumé.

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Message Publié : 09 Déc 2013 13:57 
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Grégoire de Tours
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Je viens de lire "Les expulsés" (évoqué plus haut dans cette discussion, et dont je rappelle qu'il ne parle pas de la fuite des Allemands ethniques devant l'Armée Rouge, mais uniquement des expulsions effectuées à partir de la fin de la guerre). .
Voici les réflexions qu'il m'inspire :
.1° Bien que le livre défende une thèse favorable aux Allemands - il condamne les expulsions, pas à cause de la façon inhumaine dont elles ont été effectuées, mais dans leur principe même - un point m'a considérablement étonné : l'auteur déclare qu'il n'utilisera aucun témoignage allemand non corroboré par une source non allemande. Selon lui, pour être plus convaincant. Mais cela ne tient pas debout : pourquoi le témoignage des Allemands expulsés serait-il plus sujet à caution que celui de n'importe quelle autre population ? Selon l'auteur, les Allemands ont recueilli systématiquement les témoignages des expulsés et les ont publiés.
Pourquoi cette attitude ? Je me demande si ça n'est pas la paresse : il s'est épargné le maniement de pas mal de volumes...
.2° Même dans le chapitre où est évoqué la vie des Allemands ethniques hors de l'Etat allemand avant la SGM, les journalistes, diplomates, observateurs cités qui ne sont pas citoyens des Etats de la région sont uniquement Anglais ou Américains. Cela continue quand il est question des expulsions. C'est le cas aussi des opinions publiques évoquées. Il n'est jamais question d'observateurs suisses, de la presse suisse, de l'opinion suisse (pourtant aux premières loges, et de langue allemande ou connaissant l'allemand, et nécessairement sensible aux problèmes ethniques). Ou scandinave, française, hollandaise, roumaine, que sais-je ? Si un diplomate est cité il est anglais. Si un haut-fonctionnaire d'un ministère des Affaires étrangères est cité, de même. Cela, pendant 700 pages (sauf une page, où il est question de l'attitude du gouvernement français quant à l'immigration éventuelle d'expulsés).
La première cause de cette attitude est évidemment la paresse.
A la fin on se demande s'il n'y en a pas une autre : l'idée selon laquelle les peuples de langue anglaise sont le lieu de la conscience universelle et de l'impartialité possible, le reste de l'humanité étant composé d'animaux capables de souffrance mais non de pensée véritable : après tout, ils n'ont inventé ni le whisky ni le chewing-gum.
.3° On se demande enfin pourquoi cet ouvrage est le premier ouvrage sur ce sujet traduit en français. Pourquoi pas un des nombreux ouvrages allemands ?
La réponse, je le crains : la France est une colonie culturelle du monde anglophone.
4° L'auteur emploie la terminologie polonaise officielle pour désigner les territoires pris à l'Allemagne : Territoires reconquis. Je trouve qu'il aurait dû mettre des guillemets, soit à l'ensemble ("Territoires reconquis"), soit au participe passé (Territoires "reconquis"), ou alors qu'il aurait dû employé une autre expression (par exemple : territoires devenus polonais, ou bien territoires néo-polonais).

.4° L'auteur condamne les expulsions. Je me permets de donner ma position.
. a) L'inclusion dans la Tchécoslovaquie en 1918 des territoires dits des Sudètes était scélérate. Cette injustice aurait dû être corrigée en 1945 et ces territoires auraient dû être laissés à l'Allemagne et à l'Autriche. L'expulsion est un crime du nationalisme tchèque, continuation du crime de 1918 de ce même nationalisme.
. b) Staline s'étant emparé de pas mal de territoires de la Pologne, la Pologne ayant été par l'Allemagne dévastée et détruite nationalement, l'annexion de terres allemandes, et l'expulsion des populations allemandes y vivant, n'était pas illégitime. Il aurait été souhaitable que les annexions aient été moins importantes. Par exemple : la frontière du Traité de Versailles, plus la Prusse Orientale, la Prusse Occidentale et la Haute-Silésie (sans la Poméranie Orientale et la Basse-Silésie, donc).
. c) Les expulsions des Allemands de Hongrie et de Yougoslavie furent des crimes, en l'occurrence des crimes communistes.


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Message Publié : 09 Déc 2013 18:20 
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jovien a écrit :
Je viens de lire "Les expulsés" (évoqué plus haut dans cette discussion, et dont je rappelle qu'il ne parle pas de la fuite des Allemands ethniques devant l'Armée Rouge, mais uniquement des expulsions effectuées à partir de la fin de la guerre). .
Voici les réflexions qu'il m'inspire :
.1° Bien que le livre défende une thèse favorable aux Allemands - il condamne les expulsions, pas à cause de la façon inhumaine dont elles ont été effectuées, mais dans leur principe même

C'est également le cas de Keith Lowe dans "l'Europe barbare". C'est un peu déconcertant : je pense que c'est un jugement facile à établir aujourd'hui, alors que l'Europe est devenue hyper-démocratique. En 45 il était beaucoup plus difficile de juger sereinement. De plus il y avait le souci de ne pas recommencer l'erreur du traité de Versailles qui avait laissé nombre de causes de conflit.
Aujourd'hui la présence de minorités allemandes ne poserait guère de problèmes, mais c'était très difficile à anticiper en 45.
Citer :
- un point m'a considérablement étonné : l'auteur déclare qu'il n'utilisera aucun témoignage allemand non corroboré par une source non allemande. Selon lui, pour être plus convaincant. Mais cela ne tient pas debout : pourquoi le témoignage des Allemands expulsés serait-il plus sujet à caution que celui de n'importe quelle autre population ? Selon l'auteur, les Allemands ont recueilli systématiquement les témoignages des expulsés et les ont publiés.
Pourquoi cette attitude ? Je me demande si ça n'est pas la paresse : il s'est épargné le maniement de pas mal de volumes...

Parce que vous pensez que le sujet ne fait pas encore polémique ? Vous n'imaginez pas qu'il puisse y avoir une forme de négationnisme dans les pays concernés ? (Ces anciens nazis expulsés qui exagèrent tout, certes, il y a bien eu quelques incidents, mais rien de cette ampleur... Ces pays-là n'ont jamais dit autre chose.) En réalité ce crime de masse est un des plus occultés qui soit.

Hé oui, aujourd'hui encore, si on veut produire un document irréfutable il faut en passer par là.

(Il suffit de voir sur ce forum et sur d'autres la compréhension qui existe quant au sentiment de vengeance contre les Allemands... imaginez ce que ça peut donner dans les pays qui ont expulsé, des pays qui ont été traités bien pire que la France par les nazis.)
Citer :
.2° Même dans le chapitre où est évoqué la vie des Allemands ethniques hors de l'Etat allemand avant la SGM, les journalistes, diplomates, observateurs cités qui ne sont pas citoyens des Etats de la région sont uniquement Anglais ou Américains. Cela continue quand il est question des expulsions. C'est le cas aussi des opinions publiques évoquées. Il n'est jamais question d'observateurs suisses, de la presse suisse, de l'opinion suisse (pourtant aux premières loges, et de langue allemande ou connaissant l'allemand, et nécessairement sensible aux problèmes ethniques). Ou scandinave, française, hollandaise, roumaine, que sais-je ? Si un diplomate est cité il est anglais. Si un haut-fonctionnaire d'un ministère des Affaires étrangères est cité, de même. Cela, pendant 700 pages (sauf une page, où il est question de l'attitude du gouvernement français quant à l'immigration éventuelle d'expulsés).
La première cause de cette attitude est évidemment la paresse.
A la fin on se demande s'il n'y en a pas une autre : l'idée selon laquelle les peuples de langue anglaise sont le lieu de la conscience universelle et de l'impartialité possible, le reste de l'humanité étant composé d'animaux capables de souffrance mais non de pensée véritable : après tout, ils n'ont inventé ni le whisky ni le chewing-gum.

Cette façon de caricaturer est excessive. Il y a un peu de vrai, mais je pense que la raison essentielle est l'absence d'autres pays n'ayant aucune part dans les expulsions.(à part les Français - qui s'en foutaient, d'ailleurs - et les Suisses, qui n'étaient pas mieux placés pour observer ces mouvements, sauf peut-être la Croix-Rouge.) Dans la pratique ce sont surtout les autorités d'occupation anglaises et américaines qui se sont retrouvées avec les expulsés sur les bras, et donc les journalistes et les diplomates de ces pays qui se sont émus de la situation et ont essayé de se renseigner sur place.
Citer :
.3° On se demande enfin pourquoi cet ouvrage est le premier ouvrage sur ce sujet traduit en français. Pourquoi pas un des nombreux ouvrages allemands ?


Parce que les ouvrages allemands sont allemands, donc pas crédibles sur le sujet. C'est dommage, effectivement, mais je crois qu'il sera difficile d'en sortir.
Essayez donc de publier un livre en Algérie sur le massacre des harkis, juste pour rire...
Citer :
La réponse, je le crains : la France est une colonie culturelle du monde anglophone.

Ce genre de considération est ridicule. Surtout appliqué au sujet qui nous intéresse. Comme si l'édition historique en France était aux mains des anglo-saxons ! (ça pourrait s'entendre à propos d'Hollywood, mais concernant l'écriture de l'histoire, vous vous sentez colonisé, vous ?)

Déjà, à vous lire, cet historien est fainéant et arrogant, parce qu'il est anglo-saxon. Franchement... :rool:
Citer :
. a) L'inclusion dans la Tchécoslovaquie en 1918 des territoires dits des Sudètes était scélérate. Cette injustice aurait dû être corrigée en 1945 et ces territoires auraient dû être laissés à l'Allemagne et à l'Autriche. L'expulsion est un crime du nationalisme tchèque, continuation du crime de 1918 de ce même nationalisme.

Mouais... en pratique dans les Sudètes il est impossible de séparer les populations tchèques et les populations allemandes. On a le choix entre une minorité tchèque en Allemagne ou une minorité allemande en Tchécoslovaquie.

A propos de crime, comment qualifier le fait de laisser les Tchèques aux mains des nazis à Munich en 1938 ? La revendication allemande satisfaite démantelait tout le système défensif des Tchèques. Etonnons-nous qu'ils s'en souviennent en 1945 !
Citer :
. b) Staline s'étant emparé de pas mal de territoires de la Pologne, la Pologne ayant été par l'Allemagne dévastée et détruite nationalement, l'annexion de terres allemandes, et l'expulsion des populations allemandes y vivant, n'était pas illégitime.

En somme, les Polonais auraient le droit d'expulser des Allemands de régions allemandes, au motif que Staline a beaucoup d'appétit.
Par contre les Tchèques n'auraient pas le droit d'expulser des Allemands de régions mixtes, parce que Staline ne leur a rien pris.
Tout cela est bien un peu discutable.

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Message Publié : 09 Déc 2013 19:00 
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Grégoire de Tours
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Pierma a écrit :

Cette façon de caricaturer est excessive. Il y a un peu de vrai, mais je pense que la raison essentielle est l'absence d'autres pays n'ayant aucune part dans les expulsions.(à part les Français - qui s'en foutaient, d'ailleurs - et les Suisses, qui n'étaient pas mieux placés pour observer ces mouvements, sauf peut-être la Croix-Rouge.) Dans la pratique ce sont surtout les autorités d'occupation anglaises et américaines qui se sont retrouvées avec les expulsés sur les bras, et donc les journalistes et les diplomates de ces pays qui se sont émus de la situation et ont essayé de se renseigner sur place.


Avis aux amateurs, il existe des archives du CICR qui abordent ces problématiques

Inventaire C G2 DP, Displaced persons (Personnes déplacées) 1939-1950: http://www.icrc.org/fre/assets/files/other/c_g2_dp.pdf

Inventaire O CMS, Commission mixte de secours 1941-1948 Genève: http://www.icrc.org/fre/assets/files/other/o_cms.pdf

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Message Publié : 09 Déc 2013 19:55 
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@Pierma
1° Quand je disais que la France est une colonie culturelle du monde anglophone, c'était bien entendu au sens où elle est une colonie volontaire. Ca ne m'étonnerait pas que 95% des livres d'histoire traduits en français soient traduits de l'anglais. Exemple : la biographie de Mussolini par Renzo de Felice n'est toujours pas traduite. Je gage que, si elle était d'un auteur anglais, elle aurait été traduite depuis longtemps.
2° Comme je le disais, même quand l'auteur cite des opinions de l'entre-deux-guerres quant à l'Europe centrale (par exemple sur Benes), toutes les opinions qu'il cite sont d'anglophones.
3° On n'est pas obligé de s'aligner sur les négationnistes, et même, c'est une faute que le faire : ce n'est pas parce qu'il y a des Tchèques ou des Polonais (ou des Français...) qui mettront automatiquement en doute tout témoignage de victime allemande qu'il faut s'incliner devant ces germanophobes. (Et, évidemment, quand on écrit sur les harkis, on ne cède pas au diktat du politiquement correct de l'Etat algérien ; quand il est question de persécutions subies par les juifs, on ne s'interdit pas de citer des témoignages juifs au motif que certains antisémites n'admettent pas les témoignages de juifs).
4° A mon avis, il y avait pas mal de territoires dits des Sudètes où les Allemands formaient plus de 90% de la population. Les territoires de population mixte n'étaient pas si peuplés que ça.
5° La Tchécoslovaquie sans les Sudètes était indéfendable ? Eh bien, elle aurait dû en 1918, pour sa sécurité, non pas annexer les Sudètes mais ne donner aucun motif à l'Allemagne de l'attaquer : en ne les annexant pas, justement.


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Message Publié : 09 Déc 2013 19:59 
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Pierre de L'Estoile
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Citer :
La Tchécoslovaquie sans les Sudètes était indéfendable ? Eh bien, elle aurait dû en 1918, pour sa sécurité, non pas annexer les Sudètes mais ne donner aucun motif à l'Allemagne de l'attaquer : en ne les annexant pas, justement.
Ce serait donc de la faute des tchèques ?

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Message Publié : 09 Déc 2013 23:30 
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jovien a écrit :
5° La Tchécoslovaquie sans les Sudètes était indéfendable ? Eh bien, elle aurait dû en 1918, pour sa sécurité, non pas annexer les Sudètes mais ne donner aucun motif à l'Allemagne de l'attaquer : en ne les annexant pas, justement.

C'est vrai que ça aurait mieux valu, compte-tenu du contexte de 1938.

Mais bon, en 1919, on comptait sur la France et on n'imaginait pas une reculade pareille.

On ne peut pas dire que l'Allemagne de 1918 ait été dépecée par le traité de Versailles. Il suffit par exemple de se souvenir de ce que Napoléon avait fait de la Prusse vaincue.

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Message Publié : 10 Déc 2013 13:11 
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Grégoire de Tours
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Pour mesurer ce qui s'est passé avec les Allemands des Sudètes.
Ils étaient 3,5 millions au recensement de 1910.
Actuelle Rhénanie-Palatinat, en 1905 : 3,4 M.
Actuelle Sarre, en 1925 : 0,75 M.
Ce qui est arrivé est donc comparable à ce qui serait arrivé si, en 1918, la France avait annexé la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, puis, en 1945, en avait expulsé la population.
Région Lorraine, actuellement : 2,3 M.
Champagne-Ardennes, actuellement : 1,3 M.
Franche-Comté, actuellement : 1,1.
Total de ces trois régions, actuellement : 4,7.
Ce qui est arrivé est donc comparable à ce qui serait arrivé si Hitler, victorieux, avait annexé ces trois régions et en avait expulsé la population.
Dans une interview donné au journal français "Le Matin", à la création de la Tchécoslovaquie, Masaryk ne donnait pas une justification de sécurité : il disait que les Allemands étaient des étrangers à la Bohème, immigrés essentiellement au cours du dernier siècle (en fait, immigrés essentiellement cinq siècles auparavant, sans violence), et que, de plus, il escomptait une dégermanisation rapide.
Ajoutons que les Tchèques ont subi peu de pertes matérielles et humaines dans la SGM : ils n'ont pas été mobilisés (et tués au combat ou prisonniers), pas été bombardés, les combats à la Libération furent très brefs et limités. L'industrie s'est développée. A ma connaissance, ils ont mangé à leur faim. La résistance a été insignifiante (d'où l'attentat contre Heydrich, exécuté par une équipe venue de l'extérieur). Certes, ils ont été opprimés nationalement, et forcés de travailler pour leurs oppresseurs. Il y a eu la répression consécutive à l'attentat, et l'extermination des juifs. Mais on ne voit pas en quoi ils étaient fondés à réclamer à l'Allemagne une indemnité sous forme d'un territoire vidé de sa population.


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Message Publié : 10 Déc 2013 13:31 
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jovien a écrit :
Ajoutons que les Tchèques ont subi peu de pertes matérielles et humaines dans la SGM : ils n'ont pas été mobilisés (et tués au combat ou prisonniers), pas été bombardés, les combats à la Libération furent très brefs et limités. L'industrie s'est développée. A ma connaissance, ils ont mangé à leur faim. La résistance a été insignifiante (d'où l'attentat contre Heydrich, exécuté par une équipe venue de l'extérieur). Certes, ils ont été opprimés nationalement, et forcés de travailler pour leurs oppresseurs. Il y a eu la répression consécutive à l'attentat, et l'extermination des juifs. Mais on ne voit pas en quoi ils étaient fondés à réclamer à l'Allemagne une indemnité sous forme d'un territoire vidé de sa population.


Hmmm ! il y a peut-être du vrai dans ce que vous dites ! mais attention à la façon dont vous le dites ! A vous lire, au premier degré, on pourrait croire que les tchèques auraient du remercier les allemands de les avoir envahis et dépecés et que les massacres de Lidice et Lezaky n'étaient que des épiphénomènes. En fait la tchécoslovaquie a été le premier état non germanophone agressé par Hitler. Ce à cause des exigences d'une petitre partie germanophone de sa population. Après Munich, et les sudètes intégrés au reich, c'est toute la partie la plus fortifiée du pays qui est tombée aux mains de Hitler, rendant le pays incapable de se défendre
Bon ! soit on considère les sudètes comme tchèques et techniquement ce sont des traitres, soit on ne les considère pas comme tchèques, mais comme irrédentistes dangereux pour le pays et l'état les expulse. Ou est le problème ? En 1915 les arméniens eux on eu moins de chance ! leurs sympathies pro-russes leur ont coûté beaucoup plus cher

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C'est l'ambition qui perd les hommes. Si Napoléon était resté officier d'artillerie, il serait encore sur le trône.

Mr Prudhomme


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