A la une du Blog de l'histoire
Nous sommes actuellement le 17 Nov 2018 14:26

Le fuseau horaire est UTC+1 heure




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 14 message(s) ] 
Auteur Message
Message Publié : 12 Sep 2010 23:02 
Hors-ligne
Salluste
Salluste
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 06 Juil 2009 22:33
Message(s) : 274
Localisation : Partout et nul part
J'ai une question un peu complexe sur l'histoire politique du Royaume Uni.

On peut dater l'émergence d'une monarchie parlementaire a peu près équilibré après la Glorieuse Révolution de 1688. Mais dans quel mesure, au-delà des textes, au-delà des particularités de l'histoire de l'Angleterre, le fait que le Royaume Uni est connu une série de monarques étrangers (Guillaume III, les Hanovriens) qui étaient souvent assez éloignés des pratiques gouvernementales, a permis de consacrer cette équilibre institutionnel ? Un Roi comme George Ier s'intéressait finalement assez peu au gouvernement du Royaume et laissait une grande liberté à son premier ministre.

Un tel équilibre aurait-il été possible avec un Roi Anglais, pesant sur les débats et usant de ses prérogatives ?

D'ailleurs autre particularité de l'histoire politique du Royaume Uni, ses dynasties régnantes sont systématiquement d'origine étrangère depuis Edouard le Confesseur (Germanique, Hollandaise, Ecossaise etc.).


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 13 Sep 2010 15:27 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 20 Août 2010 13:58
Message(s) : 514
Stravroguine a écrit :
Un tel équilibre aurait-il été possible avec un Roi Anglais, pesant sur les débats et usant de ses prérogatives ?


Non, car en ce cas, l'équilibre aurait été rompu. Et cela pouvait aller fort loin, comme l'a montré l'exécution de Charles Ier ou l'exil de Jacques II.

Un roi faisant pression sur le Parlement ou outrepassant ses droits, aux yeux de ce même Parlement, n'aurait de toute façon subi que des déconvenues. Un exemple tardif en est le règne de Guillaume IV qui, en 1983, ne put imposer Robert Peel contre la majorité whig.

_________________
Il faut toujours éviter de combattre des désespérés.

Extrait du Taktika de Léon VI (empereur byzantin de 886 à 911)


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 13 Sep 2010 16:01 
Hors-ligne
Jean Froissart
Jean Froissart
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 30 Oct 2009 17:55
Message(s) : 1358
ciders a écrit :
Stravroguine a écrit :
Un tel équilibre aurait-il été possible avec un Roi Anglais, pesant sur les débats et usant de ses prérogatives ?


Non, car en ce cas, l'équilibre aurait été rompu. Et cela pouvait aller fort loin, comme l'a montré l'exécution de Charles Ier ou l'exil de Jacques II.

Un roi faisant pression sur le Parlement ou outrepassant ses droits, aux yeux de ce même Parlement, n'aurait de toute façon subi que des déconvenues. Un exemple tardif en est le règne de Guillaume IV qui, en 1983, ne put imposer Robert Peel contre la majorité whig.


Petite erreur sur la date. ;)

_________________
[...] Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie
Et l'aimer même si le temps est assassin
Et emporte avec lui les rires des enfants
Et les mistrals gagnants...

Renaud, Mistral gagnant, 1985.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 13 Sep 2010 18:16 
Hors-ligne
Grégoire de Tours
Grégoire de Tours

Inscription : 20 Août 2010 13:58
Message(s) : 514
Oh la belle coquille. En fait, je voulais dire 1834. :oops:

_________________
Il faut toujours éviter de combattre des désespérés.

Extrait du Taktika de Léon VI (empereur byzantin de 886 à 911)


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 13 Sep 2010 20:01 
Hors-ligne
Jean Froissart
Jean Froissart
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 28 Avr 2006 23:02
Message(s) : 1444
Localisation : Orne
La nationalité d'origine du monarque me semble n'avoir rien à voir avec la confiance qu'il accorde ou non au parlement.

En France, je connais bien deux monarques étrangers :

- Marie de Médicis, florentine, régente de 1610 à 1617, dont le conseiller le plus influent, Concini, était aussi un étranger, qui fut assez en désaccord avec le parlement.
- Anne d'Autriche, espagnole, régente de 1643 à 1645, dont le conseiller le plus influent, Mazarin, était aussi un étranger, qui fut en grand désaccord avec le parlement, ce qui donna la Fronde.

Dans l'Empire Romain Germanique, il y eut Ferdinand II, qui était Autrichien, et qui était donc un peu un étranger dans l'Empire allemand, ce qui ne l'empêcha pas de n'avoir aucun complexe pour diriger d'une manière très autoritaire, ce qui donna la guerre de trente ans.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 23 Sep 2010 12:44 
Hors-ligne
Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 07 Sep 2008 15:55
Message(s) : 2760
Permettez moi quelques observations - je ne suis pas un spécialiste mais depuis quelques temps ces questions me travaillent.

En premier lieu, il ne faut pas mésestimer la traditionalisme anglais : le parlement est une institution médiévale presqu'aussi prestigieux que la couronne. Il n'est pas inventé en 1688 mais date au moins de 1295 (et encore auparavant existait un grand conseil qu'il a remplacé). Défendre les droits du parlement ne signifie pas défendre une innovation face à la Tradition qu'incarnerait la monarchie mais défendre une Tradition tout aussi vénérable que la Royauté. Or en Angleterre la Tradition est souvent un argument fort.

En second lieu, la question n'est pas seulement politique mais aussi religieuse et fiscale : le Parlement est vu comme le moyen de défendre l'Eglise d'Angleterre (qui certes est une innovation - mais très relative car elle cultive quand même une certaine filiation avec l'Eglise catholique d'avant 1535 - l'épiscopat notamment). De plus le parlement est aussi un moyen d'empêcher la couronne de lever des impôts - or nobles
et bourgeois convergent dans le rejet de l'impôt !

En troisième lieu, la géographie est importante : l'Angleterre est une île - n'étant pas menacée par des invasions elle peut se passer d'armee de terre permanente et donc de fiscalité lourde...

Enfin ne negligeons pas les éléments conjoncturels :Jacques Ier (1603-1625) était un Ecossais mal à l'aise à Londres, Charles Ier (1625-1648) ou Jacques II (1685-1688) étaient des illuminés trop confiants dans le soutien du Saint-Esprit, Guillaume III était chef d'un Etat républicain, Marie II et Anne étaient ... des femmes, Georges Ier et Georges II étaient des Allemands. Entre 1603 et 1760 il n'y eut guère qu'un monarque habile et décidé à défendre ses droits : Charles II (1660-1685). Cette incroyable succession demonrauqes passifs ou au contraire déraisonnablement agités a beaucoup joué pour affaiblir la couronne.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 30 Avr 2012 18:54 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 06 Avr 2012 10:13
Message(s) : 7
C'est d'ailleurs sous George Ier, qui ne parlait pas anglais et se moquait de son royaume anglo-saxon, qu'est apparu un vrai Premier Ministre en la personne de Robert Walpole (Premier Lord du Trésor) responsable devant le Parlement en plus de devant le monarque. Ceci a donc crée crée un lien supplementaire entre le Roi et le Parlement soumettant en quelque sorte le gouvernement du pays au peuple, meme si a cette epoque le suffrage etait censitaire. Mais bon ce fut un + en tout cas


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 01 Mai 2012 8:10 
Hors-ligne
Salluste
Salluste
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 01 Jan 2012 21:34
Message(s) : 233
Et puis le Parlement anglais a commencé de vraiment avoir du pouvoir (plus que le roi, plus symbolique) avant Georges Ier. Je dirais que c'est venu au cours de la dynastie Stuart, l'absolutisme de James I et Charles I puis les suivants n'ayant pas plu au Parlement.
On peut même dire que cette montée en puissance des Lords et Commoners a commencé en 1215 avec la Magna Carta. Ca remonte à loin, et je suis bien d'accord que ce n'est qu'un acte, mais bon, quand même, c'est une graine plantée pour un système différent du système français.
Et en effet, à partir de Georges Ier, on verra apparaitre la figure du Premier ministre, de plus en plus importante que celle du souverain. Maintenant on voit ce qu'il en est.

_________________
L'Histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies. Alexis de Tocqueville


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 01 Mai 2012 8:40 
Hors-ligne
Philippe de Commines
Philippe de Commines
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 23 Mars 2005 10:34
Message(s) : 1873
Localisation : Nanterre
En même temps, la dynastie des Tudor est là pour montrer que des souverains énergiques sont capables de mettre au pas leur parlement.

_________________
Qui contrôle le passé contrôle l'avenir.
George Orwell


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 01 Mai 2012 11:32 
Hors-ligne
Salluste
Salluste
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 01 Jan 2012 21:34
Message(s) : 233
Tout à fait, Henry VIII avait des conseillers, mais le Parlement sous Henry VIII, de tous mes cours de civi britannique, je n'en ai jamais entendu parler, à part une fois pour dire qu'il n'avait que peu de pouvoirs. Pourtant il y'en avait bien un, qu'Henry VIII consultait souvent. Il s'en est très bien servi pour résoudre ses petits problèmes de mariage, puis une fois ceci réglé, pour récupérer les terres de l'Eglise, ce qui a montré que le Parlement pouvait avoir une importance malgré tout. En gros pour dire ça vulgairement, il s'est mis les parlementaires dans la poche. :D

Par contre, sous Elizabeth, le Parlement a siégé moins de trois ans en tout total, sur quarante-cinq années de règne. C'est très très peu, et pour l'utilisation, c'était plutôt à propos des taxes ... Ca en dit long! Mais il faut nuancer aussi, car justement, elle avait besoin d'argent pour financer les guerres (contre l'Espagne particulièrement), et le Parlement pouvait à ce moment agir en refusant d'allouer les sommes demandées. Ce qui fait d'ailleurs que la reine a dû vendre des terres, ou s'en approprier d'autres pas très légalement.

_________________
L'Histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies. Alexis de Tocqueville


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 01 Mai 2012 12:42 
Hors-ligne
Salluste
Salluste
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 06 Juil 2009 22:33
Message(s) : 274
Localisation : Partout et nul part
Dans un sens, on peut considérer je pense Elisabeth Ier comme le souverain le plus absolutiste de l'histoire d'Angleterre, bien plus que les médiocres Jacques et Charles Ier, chef de l'Eglise grâce à son père, habile mécène de propagandiste de génie qui vont chanter la gloire de son régime comme Shakeaspeare, elle atteint par son charisme et par son autorité un niveau de pouvoir que ne retrouverons jamais aucun roi d'Angleterre.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 01 Mai 2012 12:58 
Hors-ligne
Salluste
Salluste
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 01 Jan 2012 21:34
Message(s) : 233
Ce n'est pas faux. Elle a même refusé de se marier malgré les demandes pressantes du Parlement, qui souhaitait consolider la dynastie avec un héritier. Son seul époux, c'était l'Angleterre!
Charles I aura bien tenté plusieurs fois de soumettre le Parlement, mais il se fera battre à chaque fois. Encore qu'il a réussi à sauver son proche, Buckingham du Parlement qui voulait l'évincer du gouvernement. Et puis il a régné sans Parlement aussi, pendant onze ans, ce n'est pas rien quand même!
Après je le concède, les hommes Stuart étaient très narcissiques, avides de pouvoir, caractériels et capricieux, donc pour le charisme, Elizabeth s'en sort haut-la-main.

_________________
L'Histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies. Alexis de Tocqueville


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 13 Mai 2012 16:40 
Hors-ligne
Jean Mabillon
Jean Mabillon

Inscription : 07 Sep 2008 15:55
Message(s) : 2760
clio38 a écrit :
Ce n'est pas faux. Elle a même refusé de se marier malgré les demandes pressantes du Parlement, qui souhaitait consolider la dynastie avec un héritier. Son seul époux, c'était l'Angleterre!
Charles I aura bien tenté plusieurs fois de soumettre le Parlement, mais il se fera battre à chaque fois. Encore qu'il a réussi à sauver son proche, Buckingham du Parlement qui voulait l'évincer du gouvernement. Et puis il a régné sans Parlement aussi, pendant onze ans, ce n'est pas rien quand même!
Après je le concède, les hommes Stuart étaient très narcissiques, avides de pouvoir, caractériels et capricieux, donc pour le charisme, Elizabeth s'en sort haut-la-main.



Je connais mal Elizabeth Iere mais j'avais compris qu'elle pouvait gouverner seule pour deux raisons. L'une purement juridique est que n'ayant jamais eu besoin d'argent pour financer une armée terrestre ni d'ailleurs une flotte (d'où l'appel aux corsaires !), elle n'avait pas besoin de convoquer le parlement pour voter des impôts - et pouvait vivre avec les taxes indirectes qui à l'époque étaient établies par la Couronne sans besoin d'une loi.

La raison plus profonde est que la politique de la Reine (notamment son ambition coloniale) était largement appuyée par les notables qui en ont été les acteurs (et financeurs) spontanés. La guerre navale contre l'Espagne semble avoir largement menée par des corsaires (privés).... voire des pirates ! de même sur le plan religieux, elle respecte l'Eglise officielle tout en laissant les dissidents (puritains par exemple) prospérer et en continuant à persécuter les catholiques.

Les Stuarts voudront changer de ligne - et d'abord en matière religieuse : tolérer les catholiques, réprimer les puritains et les calvinistes, domestiquer et "racatholciser" l'Eglise officielle créer une armée de terre permanente, ... bref ils se heurteront systématiquement aux idées, aux intérêts et aux préjugés des classes moyennes et supérieures anglaises (et écossaises). Pour cela ils auront besoin d'argent - que le parlement leur refusera... ce qui créera un conflit entre les 2 institutions (couronne et parlement).


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Message Publié : 16 Fév 2015 2:36 
Hors-ligne
Hérodote
Hérodote

Inscription : 16 Fév 2015 2:26
Message(s) : 9
Vous me conseillerez quels livres sur l'histoire politique du Royaume-Uni à cette époque ? En gros, de Walpole à Birkenhead, avec un focus sur l'opposition entre Tories et Whigs, puis Libéraux et conservateurs. De préférence par des historiens Anglais (pas de Roland Marx). :?: Merci.


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Afficher les messages publiés depuis :  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 14 message(s) ] 

Le fuseau horaire est UTC+1 heure


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas insérer de pièces jointes dans ce forum

Recherche de :
Aller vers :  





Propulsé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction et support en françaisHébergement phpBB