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 Sujet du message : Histoire du virus du sida
Message Publié : 28 Oct 2008 8:43 
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Jean Mabillon
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Le virus du sida serait apparu au Congo vers 1900
Jean-Michel Bader

Longtemps cantonné dans la forêt équatoriale, le VIH a contaminé à ce jour 55 millions de personnes.

D'où vient le virus responsable de la pandémie mondiale de sida découverte en 1981 et qui a déjà contaminé 55 millions d'êtres humains à la fin de 2007 ? Une nouvelle étude, réalisée par des chercheurs américains, congolais, français et belges, et publiée mercredi par la revue britannique Nature, jette un éclairage nouveau sur l'origine du virus de l'immunodéficience humaine HIV1.

Il y a quelques mois, des biologistes ont trouvé, dans les collections de ce qui était jusqu'en 1966 l'hôpital général de Léopoldville, 27 minuscules blocs de paraffine (d'un centimètre de côté) couleur d'ambre, datant de 1958 à 1960. Ces échantillons qui ont miraculeusement survécu à la dictature, à toutes les guerres et aux pillages contenaient des tissus humains fixés, parfaitement étiquetés ainsi que les cahiers du laboratoire correspondants, comportant les numéros d'identification, l'âge, le nom, le sexe, le type de tissu et la date de prélèvement.

Michaël Worobey (université de Tucson, Arizona), qui a analysé ces blocs, a découvert, dans un échantillon de biopsie d'un ganglion lymphatique d'une femme adulte datant de 1960 , la trace du virus du sida. Ce sont les acides nucléiques, autrement dit des fragments de gènes de l'ADN viral, qui ont ainsi été conservés pendant 48 ans. Les chercheurs ont d'abord amplifié (recopié par PCR) ces morceaux de gènes. Puis ils en ont établi la séquence génétique. Ils ont ensuite comparé ces bouts d'ADN viral de 1960 avec les séquences déjà répertoriées des souches connues de VIH1 depuis le début de l'épidémie en 1981. En effet, le virus du sida humain évolue très rapidement (il n'est pas rare qu'à quelques années d'intervalle un même malade présente de nombreuses mutations de la souche virale l'ayant contaminé).

Mutations en nombre

L'ADN du VIH mute un million de fois plus vite que ne le fait l'ADN d'une espèce animale, estime le Dr Paul Sharp dans un éditorial de Nature, accompagnant cette publication. En quelques décennies, un nombre non négligeable de mutations du virus du sida ont été observées.

Selon les chercheurs, si l'on tient compte de la vitesse de mutation du virus du sida, l'ancêtre à l'origine de la pandémie mondiale, est forcément beaucoup plus ancien. Les séquences génétiques de deux virus de 1959 et 1960 sont en effet «hautement divergentes» (12 % de différences). Il y a un demi-siècle, les souches de virus HIV1 étaient donc déjà si éloignées les unes des autres, que les chercheurs estiment désormais qu'elles avaient forcément un ancêtre commun cinquante ans auparavant, entre 1884 et 1924.

S'il est resté sans doute cantonné pendant de longues années dans la forêt équatoriale, contaminant des petits villages de manière isolée, le virus du sida n'a pu trouver son plein essor qu'avec le développement de l'urbanisation africaine. Dans l'histoire de l'épidémie humaine, l'ancêtre viral du VIH1 est un ancien virus de l'immunodéficience des singes (SIV) qui infecte naturellement les chimpanzés d'Afrique centrale et de l'Ouest.


Source: http://www.lefigaro.fr/sciences/2008/10 ... -vers-.php


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Message Publié : 28 Oct 2008 11:27 
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Quelques informations supplémentaires :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/sante/20081002.OBS3912/le_vih_infecte_lhomme_depuis_plus_dun_siecle.html



Citer :
SIDA
Le VIH infecte l’Homme depuis plus d’un siècle
NOUVELOBS.COM | 02.10.2008 | 18:03
La découverte d’un échantillon de virus datant de 1960, indique que le virus serait apparu chez l’Homme il y a plus d’un siècle.

Une nouvelle étude, parue dans la revue Nature, portant sur l’origine du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable de l’épidémie de Sida, révèle qu’il serait apparu chez l’Homme entre 1884 et 1924.

Ce travail repose sur la comparaison de deux échantillons viraux datant de 1959 et 1960. Le premier (ZR59) est le plus ancien virus humain disponible à ce jour. Le second (DRC60) provient d’un extrait de ganglion conservé dans de la paraffine et récemment découvert dans les archives de l’hôpital général de Kinshasa (ex-Léopoldville), en République Démocratique du Congo.

Une équipe internationale de scientifiques a analysé la séquence génétique de ces souches et a constaté de nombreuses différences entre les deux puisqu’elles divergent d’au moins 12%. Selon les chercheurs, pour qu’une telle variation soit possible dans les années soixante, il faut que le virus soit apparu dans la population humaine au début du siècle et peut être même avant. Soit pratiquement cinquante ans plus tôt que ce qui était admis jusqu’alors par la communauté médicale.

Au début, le VIH aurait été responsable de petites épidémies localisées touchant les villages de la forêt équatoriale africaine. Avec la colonisation et l’urbanisation de cette région -Kinshasa a été l’une des toutes premières villes fondées en Afrique centrale, en 1881- il a pu se répandre beaucoup plus facilement.

Aujourd’hui, le VIH touche 33 millions de personnes dans le monde et en a tué au moins 25 millions depuis que la maladie a été décrite pour la première fois en 1981. La grande majorité des malades sont porteurs de la souche identifiée sur les échantillons de Kinshasa.


J.I.
Sciences et Avenir.com
02/10/2008



L'info d'origine viendrait de là :
http://www.nature.com/nature/journal/v455/n7213/full/nature07390.html
Il faut payer pour voir l'article en complet et il est de toute façon en anglais ...

Citer :
Letter

Nature 455, 661-664 (2 October 2008) | doi:10.1038/nature07390; Received 21 May 2008; Accepted 8 September 2008

Direct evidence of extensive diversity of HIV-1 in Kinshasa by 1960

Michael Worobey1, Marlea Gemmel1, Dirk E. Teuwen2,3, Tamara Haselkorn1, Kevin Kunstman4, Michael Bunce5, Jean-Jacques Muyembe6,7, Jean-Marie M. Kabongo6, Raphaël M. Kalengayi6, Eric Van Marck8, M. Thomas P. Gilbert1,9 & Steven M. Wolinsky4

1. Ecology and Evolutionary Biology, University of Arizona, Tucson, Arizona 85721, USA
2. Sanofi Pasteur, F-69367 Lyon Cedex 07, France
3. UCB SA Pharma, Braine l'Alleud, BE-1420, Belgium
4. The Feinberg School of Medicine, Northwestern University, Chicago, Illinois 60611, USA
5. Ancient DNA Laboratory, School of Biological Sciences and Biotechnology, Murdoch University, Perth, Western Australia 6150, Australia
6. Department of Anatomy and Pathology, University of Kinshasa, Kinshasa B.P. 864, Democratic Republic of the Congo
7. National Institute for Biomedical Research, National Laboratory of Public Health, Kinshasa B.P. 1197, Democratic Republic of the Congo
8. Department of Pathology, University Hospital, University of Antwerp, Antwerp B-2610, Belgium
9. Present address: Centre for Ancient Genetics, Biological Institute, University of Copenhagen, Copenhagen DK-2100, Denmark.

Correspondence to: Michael Worobey1 Correspondence and requests for materials should be addressed to M.W. (Email: worobey@email.arizona.edu).

Human immunodeficiency virus type 1 (HIV-1) sequences that pre-date the recognition of AIDS are critical to defining the time of origin and the timescale of virus evolution1, 2. A viral sequence from 1959 (ZR59) is the oldest known HIV-1 infection1. Other historically documented sequences, important calibration points to convert evolutionary distance into time, are lacking, however; ZR59 is the only one sampled before 1976. Here we report the amplification and characterization of viral sequences from a Bouin's-fixed paraffin-embedded lymph node biopsy specimen obtained in 1960 from an adult female in Léopoldville, Belgian Congo (now Kinshasa, Democratic Republic of the Congo (DRC)), and we use them to conduct the first comparative evolutionary genetic study of early pre-AIDS epidemic HIV-1 group M viruses. Phylogenetic analyses position this viral sequence (DRC60) closest to the ancestral node of subtype A (excluding A2). Relaxed molecular clock analyses incorporating DRC60 and ZR59 date the most recent common ancestor of the M group to near the beginning of the twentieth century. The sizeable genetic distance between DRC60 and ZR59 directly demonstrates that diversification of HIV-1 in west-central Africa occurred long before the recognized AIDS pandemic. The recovery of viral gene sequences from decades-old paraffin-embedded tissues opens the door to a detailed palaeovirological investigation of the evolutionary history of HIV-1 that is not accessible by other methods.

1. Ecology and Evolutionary Biology, University of Arizona, Tucson, Arizona 85721, USA
2. Sanofi Pasteur, F-69367 Lyon Cedex 07, France
3. UCB SA Pharma, Braine l'Alleud, BE-1420, Belgium
4. The Feinberg School of Medicine, Northwestern University, Chicago, Illinois 60611, USA
5. Ancient DNA Laboratory, School of Biological Sciences and Biotechnology, Murdoch University, Perth, Western Australia 6150, Australia
6. Department of Anatomy and Pathology, University of Kinshasa, Kinshasa B.P. 864, Democratic Republic of the Congo
7. National Institute for Biomedical Research, National Laboratory of Public Health, Kinshasa B.P. 1197, Democratic Republic of the Congo
8. Department of Pathology, University Hospital, University of Antwerp, Antwerp B-2610, Belgium
9. Present address: Centre for Ancient Genetics, Biological Institute, University of Copenhagen, Copenhagen DK-2100, Denmark.

Correspondence to: Michael Worobey1 Correspondence and requests for materials should be addressed to M.W. (Email: worobey@email.arizona.edu).

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Message Publié : 07 Déc 2014 1:07 
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Les maladies ont une histoire. Elle débute souvent par le patient zéro, soit le premier humain qui aurait contacté la maladie. On a beaucoup raconté de choses sur le Sida, donc pour certains médecins, trouver le patient zéro était primordial pour comprendre d'où venait la maladie (et cela peut souvent être utile pour la guérir). BE : VIH : l'origine de la pandémie identifiée

Citer :
"Nous avons un devoir moral, au nom des 36 millions de personnes décédées du sida, de comprendre ce qui a permis à cette pandémie, la plus dévastatrice des temps modernes, de prendre des proportions gigantesques". Tel était le souhait formulé par Jacques Pépin, professeur au Département de microbiologie et d'infectiologie de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke (UdeS), lors de la publication de son livre The Origins of Aids en 2011.

Trois ans plus tard, le professeur Pépin est au nombre d'un groupe de chercheurs qui, dans un article paru dans la prestigieuse revue scientifique Science lève le voile sur la genèse de cette pandémie sans précédent.

Selon le groupe, elle aurait pris naissance à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC) - alors le Congo belge - au cours des années 1920. "L'étude que nous publions précise la dynamique d'évolution du virus dans la ville de Kinshasa avec un niveau impressionnant de détails. Elle permet également de mieux cerner la progression de la maladie dans l'espace et dans le temps", explique le professeur Pépin.

Selon la publication, plusieurs facteurs, dont l'urbanisation rapide et le déploiement d'un réseau de chemins de fer, ont favorisé l'émergence du virus dans la capitale du Congo belge et sa dissémination sur son territoire entre les années 1920 et 1960. Le virus aura donc été confiné à cette région de l'Afrique pendant presque cinq décennies avant de se propager dans le reste du monde à la fin des années 1970. Rappelons que le VIH a été détecté pour la première fois aux Etats-Unis en 1981.

...

A la recherche du patient zéro
Maintenant que le site du développement de la pandémie du VIH se précise, d'autres questions continuent d'habiter nos chercheurs. Il reste, entre autres, à déterminer avec précision le lieu d'origine du patient zéro, c'est-à-dire de la toute première personne infectée par le VIH. L'hypothèse qui prévaut actuellement est celle d'un chasseur de brousse qui se serait contaminé en dépeçant un chimpanzé infecté. Une visite ultérieure dans un hôpital ou un centre de santé aurait alors été l'élément déclencheur de la vaste épidémie qui allait suivre.

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Message Publié : 07 Déc 2014 8:11 
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Pierre de L'Estoile
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D'une certaine façon, il vaut mieux que le Sida ne se soit pas répandu immédiatement car, à l'époque, les dégâts auraient été infiniment plus graves. Les progrès médicaux et pharmaceutiques modernes ont relativement permis de les limiter.

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Message Publié : 07 Déc 2014 11:56 
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Grégoire de Tours
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Info très intéressante ! Je me souviens lorsque l'information est apparue dans les journeaux (en 1981) et je n'aurais jamais soupçonné qu'elle avait débuté en fait 50 ans auparavant.

Ce que j'aimerais savoir c'est quelles sont les méthodes employées dans ce genre d'étude pour déterminer si tel ou tel individu des années '30 était atteint ou non du Sida ? Ils ont analysé des ossements ?

Sinon, ne connaissant rien au sujet, la page wikipedia suivante (sans doute mise à jour récemment) m'a paru intéressante : [url]http://fr.wikipedia.org/wiki/Origine_du_virus_de_l%27immunodéficience_humaine[/url]


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Message Publié : 07 Déc 2014 12:42 
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Gér@rd a écrit :
Ce que j'aimerais savoir c'est quelles sont les méthodes employées dans ce genre d'étude pour déterminer si tel ou tel individu des années '30 était atteint ou non du Sida ? Ils ont analysé des ossements ?


Le lien que vous avez posté donne la réponse :
Citer :
En octobre 2014, une vaste étude statistique de l’ensemble des données génétiques disponibles sur le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) vient confirmer que l'épidémie humaine a démarré à Kinshasa en 1920 et retrace les facteurs et les étapes du développement de cette épidémie en République démocratique du Congo (RDC)


En fait, le virus ne cesse d'évoluer. Il perdrait même de sa virulence. Il "suffit" donc de faire un arbre "généalogique" des diverses mutations. A partir de cet arbre on peut calculer la distance génétique entre les diverses versions et le temps entre chaque mutation qui s'est inscrite dans le génome du virus. A partir de cela on peut trouver la date d'apparition. Et la zone qui possède le plus de variants, doit être la zone d'origine du virus.

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Message Publié : 07 Déc 2014 13:32 
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Grégoire de Tours
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Narduccio a écrit :
Gér@rd a écrit :
Ce que j'aimerais savoir c'est quelles sont les méthodes employées dans ce genre d'étude pour déterminer si tel ou tel individu des années '30 était atteint ou non du Sida ? Ils ont analysé des ossements ?


Le lien que vous avez posté donne la réponse :
Citer :
En octobre 2014, une vaste étude statistique de l’ensemble des données génétiques disponibles sur le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) vient confirmer que l'épidémie humaine a démarré à Kinshasa en 1920 et retrace les facteurs et les étapes du développement de cette épidémie en République démocratique du Congo (RDC)

Ah ok... J'avais bien lu cette phrase mais n'avais pas compris en quoi consistaient ces données génétiques analysées (je n'y connais rien en génétique, faudrait que je my mette).


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Message Publié : 07 Déc 2014 14:53 
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Gér@rd a écrit :
Ah ok... J'avais bien lu cette phrase mais n'avais pas compris en quoi consistaient ces données génétiques analysées (je n'y connais rien en génétique, faudrait que je my mette).


Pour faire simple, l'ADN et l'ARN mutent sans cesse. On sait que certaines mutations ne se font que dans un sens, alors que certaines peuvent se faire dans 2 sens. Et on sait que les organismes vivants éliminent les mutations létales. Ou plutôt, comme ils meurent quand ils ont des mutations trop négatives, ces mutations se trouvent éliminées d'elles-mêmes.

Admettons qu'on a un gène A. Ensuite, ce gène mute en donnant 2 formes différentes A1 et A2. Qui ensuite mutent en A1', A1" et A1'" (pour A1) et A2' et A2" (pour A2). On peut faire un arbre généalogique. Sachant que le virus a continué de muter dans sa population d'origine (les singes) mais d'une manière différente parce que les conditions sont différentes. On peut donc remonter jusqu'au virus originel en faisant de la rétro-ingénierie génétique. Et en comparant les diverses souches et leurs distances génétiques respectives, on estime le temps depuis la séparation des souches humaines et des souches simiesques.

Après, si on veut affiner le résultat, il faut aller à la chasse aux échantillons. Pour diverses raisons des médecins ont gardé des échantillons de matériels humains (des bouts de corps conservés dans divers liquides). Il faut savoir que certains liquides dégradent le matériel génétique. Ce qui interdit toute analyse ADN. Mais, dans de bonnes conditions certains échantillons restent exploitables. Donc, l'une des phases ultérieures peut être une chasse aux échantillons et analyse des échantillons intéressants pour trouver des traces éventuelles du virus. D'une autre coté, on peut faire une analyse médico-historique classique en fouillant dans un tas de dossiers pour trouver des gens qui ont des symptômes qui peuvent s'apparenter aux manifestations du Sida. En fait, l'idéal serait un mix des 2 solutions, l'une étayant l'autre et vice-versa.

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Message Publié : 07 Déc 2014 18:33 
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Grégoire de Tours
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Merci Narduccio pour cette explication très claire ! J'étais effectivement loin d'imaginer la possibilité de cette méthode en partant d'une base de donnée génétique.


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Message Publié : 07 Déc 2014 23:30 
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jibe a écrit :
D'une certaine façon, il vaut mieux que le Sida ne se soit pas répandu immédiatement car, à l'époque, les dégâts auraient été infiniment plus graves. Les progrès médicaux et pharmaceutiques modernes ont relativement permis de les limiter.

Il serait intéressant de comprendre comment cette maladie a pu rester endémique au Congo belge pendant 20 ans, et pourquoi justement elle ne s'est pas répandue plus tôt.

Si quelqu'un a déjà répondu je m'en excuse, je n'ai pas relu tout le sujet.

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Si l'avenir est multiple, le passé est unique. Malgré cela, la réalité historique est parfois difficile à découvrir.


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Message Publié : 12 Déc 2014 17:11 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 04 Mai 2010 14:51
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La question de l’hôte importe pour la virulence. Le virus HIV (cousin du HTLV) est un virus de singe :passage accidentel chez l'humain : mutation etc... Il faut alors plusieurs "aller -retour" inter-espèces pour obtenir une virulence et une contamination maximum. Des signes cliniques associés au Sida étaient connus depuis longtemps (cryptosporidiose, maladie de Kaposi déjà relié aux homosexuels) mais le lien de causalité entre ces signes, l'immunodéficience (non détectable en 1920) et un virus a mis longtemps à émerger.


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Message Publié : 13 Déc 2014 21:03 
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Jean-Pierre Vernant
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Inscription : 08 Juin 2009 10:56
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Localisation : Limoges
C'est un sujet qui a été abordé dans ce documentaire sur arte récemment

http://www.arte.tv/guide/fr/051599-000/ ... -coloniale

Pour l'émission :

http://future.arte.tv/fr/hiv-sa-vraie-histoire

Cela m'avait aussi sidéré de voir combien cette histoire virale était longue avant sa propagation mondiale. Néanmoins cela pose la question pertinente des nouvelles réalités de notre monde en voie de "globalisation". Les diverses alertes virales récentes depuis les grippes jusqu'à ebola en sont de bons exemples également et invite au parallèle avec les autres pandémies mondiales qui émaillent l'Histoire, à une époque où pourtant les contacts étaient largement moins intenses qu'aujourd'hui.

_________________
Scribant reliqua potiores, aetate doctrinisque florentes. quos id, si libuerit, adgressuros, procudere linguas ad maiores moneo stilos. Amm. XXXI, 16, 9.


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Message Publié : 12 Fév 2015 18:36 
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Polybe
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Inscription : 30 Jan 2015 16:08
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Chers amis,bonjour,

La question soulevée est très intéressante et elle contient de façon "non apparente" des sous questions .
En effet l'origine du HIV est l'Afrique Sub Sahélienne ... et plus précisément celle de "hier" .
Et "hier"... c'était en Afrique Sub Sahélienne un tout autre monde ...
. Les moyens de communications étaient rares .
. Les zones échappant à tout contrôle étaient très étendues .
. Les Archives déjà peu nombreuses, ont pour la plupart assez mal résisté aux "indépendances" respectives .
. L'extrapolation des données conservées à l'ensemble de la population est un exercice très acrobatique,car les populations recensées (population urbaine) sont sensiblement différentes par leurs modes de vie avec le reste de la population qui elle échappe à tout contrôle statistique (population sylvestre) .

Pour ce qui est de l'HIV il y a encore une autre hypothèse : la vaccination "anti polio" . Or "sur place" la culture de la souche de polio se faisait sur des reins de singes verts,que l'on sait aujourd'hui (mais pas "hier") susceptibles d'être infectés par l'HIV .
Si vous suivez cette hypothèse,vous allez tomber sur un leurre statistique : effectivement la zone de vaccination recouvre la zone initiale d’apparition des premiers cas de SIDA.
Mais c'est oublier "autre chose" ... On ne vaccinait que les grands centres ,et on ne tenait des registres pour les maladies "bizarres" que dans les "grands centres" . Donc "forcément" vous allez retrouver les "grands centres" partout ...mais en soi,cela ne veut strictement rien dire .....

Pour ce qui est des questions de recherche des virus,vous avez la chance avec les pays anglo saxons (et leurs colonies): en cas de décès "curieux",la recommandation était (et est toujours ) de recueillir de façon "stable" des échantillons de sang-urine-foie,rein...
Mais une fois encore,vous avez le "biais d'interview" précédemment signalé : pour que l'on puisse recueillir et exploiter de nos jours des échantillons il faut :
a) que le décès paraisse "suspect",cad non attribuable à une cause "normale" de décès... or en Afrique,à cette époque... les causes de mortalité étaient très nombreuses ...et n'inquiétaient pas grand monde....
b) qu'il y ait sur place des moyens humains et matériels pour prendre les échantillons (+ le temps pour le faire).
c) qu'il y ait moyen de les acheminer de façon exploitable dans un centre où l'échantillon sera conservé convenablement avec sa fiche d'accompagnement .

Vous avez donc toutes les chances de n'avoir dans votre étude que des échantillons urbains et peu d'échantillons originaires de la forêt .

Néanmoins la recherche des premières souches serait extrêmement intéressantes pour la modélisation des différentes zones virales ,à fin de déterminer leur pourcentage de chance de muter,et à quelle vitesse .
Toutes les zones ne sont pas susceptibles de muter à la même vitesse ,et en fin d'étude,vous allez trouver des zones relativement stables (et très intéressantes pour servir de cibles tant à un test diagnostic qu'à un traitement constant) ,et des zones relativement instables ,tout aussi intéressantes (par exemple pour créer des tests ou des médicaments non pas dirigé vers l'HIV "actuel" ,mais l'HIV susceptible de survenir "demain" ).

_________________
Faire son Devoir.


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 Sujet du message : Les tontons Macoutes
Message Publié : 10 Août 2019 11:45 
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Pierma a écrit :
Il serait intéressant de comprendre comment cette maladie a pu rester endémique au Congo belge pendant 20 ans, et pourquoi justement elle ne s'est pas répandue plus tôt.


Pour reprendre ce qu'a dit Narduccio (sa référence n'est plus accessible), c'est une question à laquelle le médecin canadien Jacques Pépin a répondu dans son ouvrage The Origins of AIDS, Cambridge University Press, 2011. Les ouvrages plus récents le confirment (David Quamman, The Chimp and the River, 2015), et article paru dans Science cette année, cité cet été dans Science et Avenir: https://www.sciencesetavenir.fr/sante/sida-ou-quand-et-comment-la-pandemie-mondiale-est-elle-nee_27923

Théories réfutées

Avant cela, les théories sur un "patient zéro" dans les années 80 ont fait florès, aux dépends d'un certain Gaetan Dugas, stewart de son état, accusé d'être à l'origine de la pandémie. Cette théorie a été réfutée (https://www.sciencesetavenir.fr/sante/s ... dre_107784). La théorie sur le vaccin de la polio, celle de Edward Hooper (The River, 1999), a été nuancée par les travaux ultérieurs, notamment ceux de Pépin.

Naissance officielle

Le virus a une histoire naturelle beaucoup plus longue que sa « naissance officielle ». En juin 1981, la revue cientifique Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR), liée au CDC (Center for Diseases Control) mettait en lumière les cas de cinq jeunes hommes californiens d’orientation homosexuelle, ayant souffert tous d’une forme grave de pneumonie, dont le facteur infectieux demeurait alors inconnu. Il fallut attendre 1983 pour que les professeurs français Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier isolent le Virus de l’immuno-déficience humaine à l’origine du Syndrome de l’immuno-déficience acquise, ou VIH/SIDA.

Chimpanzés d'Afrique centrale

Jacques Pépin, du Centre hospitalier de l’Université de Sherbrooke (CHUS), a retracé l'expansion du virus depuis une sous-espèce de chimpanzés vivant exclusivement en Afrique centrale, les Pan Troglodytes troglodytes.

Ces singes ne peuvent nager, donc la zone géographique de leur territoire est limitée. On connait de façon sûre les zones qu’a occupées et qu’occupe toujours ce primate (les noms sont de la période coloniale) : Cameroun Français, Gabon, Moyen-Congo, Oubangui-Chari, Guinée espagnole, l’enclave Cabinda de l’Angola et la toute petite portion du Congo Belge se situant au nord de la rivière Congo.

« Depuis au moins quelques centaines d’années, ce singe est porteur du Virus de l’immuno-déficience simiesque, SIVcpz, lequel est génétiquement identique au VIH-1 ». 6 % des P.t. troglodytes étaient porteurs du SIVcpz, situés en Afrique Centrale (Cameroun et Congo). Il est possible qu'il y ait eut contamination à l'homme pendant les décennies ou siècles prédédents, mais si tel est le cas, le virus a atteint un "cul-de-sac épidémiologique" et ne s'est pas propagé, s'éteignant avec son porteur

1921

1921 est l'année – le Dr Pépin admet une marge d’erreur de plus ou moins 10 ans – où se serait produite l’infection initiale – vraisemblablement survenue lorsqu’un chasseur de chimpanzé aura été contaminé, de sang à sang, par sa proie.

Premier facteur: l'arrivée des fusils. Les chimpanzés sont intelligents et difficiles à chasser sans fusil. L'arme à feu a facilité cette chasse, et donc la contamination probable d'un ou plusieurs chasseurs par des bêtes blessées.

Une fois le virus transmis à l'homme à l'époque de la colonisation et des chemins de fer, la pandémie est en marche, qui va s'accélérer avec la globalisation. Deux facteurs ont permis la première expansion du virus entre les humains. la première véritable chaîne de transmission du virus est d'origine iatrogénique, c’est-à-dire le fait de médecins, d’infirmières et autre personnes soignantes, en place sur le sol africain.

Campagnes de vaccination

A partir des années 1920 ont lieu en Afrique des campagnes massives de lutte contre certaines maladies tropicales – campagnes contre la malaria au Cameroun, contre le pian et la maladie du sommeil (trypanosomiase) en République Centrafrique, par les équipes mobiles préconisées par Eugene Jamot. Les médicaments étaient administrés par voie intraveineuse pour accentuer leurs effets. A l'époque, on ré-utilise les mêmes aiguilles et les mêmes seringues d’un patient à un autre, après un simple rinçage, sans stérilisation (pas d'autoclaves sans électricité). . Ces campagnes ont été suivies par des épidémies de cas d’hépatite C, transmis via les aiguilles contaminées.

Prostitution

« Jusqu’aux Indépendances, raconte encore Pépin la pratique de la prostitution en Afrique était celle de « femmes libres » (ainsi les appelaient-on) qui avaient quatre ou cinq clients, souvent les mêmes, ce qui ne favorisait pas une dissémination à grande échelle du VIH-1. » Mais cela c’était avant que le développement intense des exploitations coloniales dans les années 1930, 1940 et 1950, marqué par une forte urbanisation, construisant notamment des voies ferrées qui viennent grossir des villes comme Léopoldville au Congo Belge, devenue après l’indépendance, Kinshasa, épicentre reconnu aujourd’hui de la pandémie.

Cette urbanisation, qui d’abord draine surtout des travailleurs masculins dans les capitales, inscrit rapidement un important déséquilibre hommes/femmes dans les villes; cela favorisera une intensification de la prostitution, avec plusieurs centaines de clients annuellement par prostituée.

Globalisation par Haiti et les "Tontons Macoutes"

La politique coloniale Belge n'avait pas créé de classe prête à prendre le relais après l'indépendance, ni favorisé la formation d'instituteurs. En 1960, le Congo indépendant commença à faire venir de nombreux instituteurs d'Haiti, dont plusieurs sont repartis avec le HIV-1 vers l'hémisphère occidental. A partir de Haiti, le virus se serait propagé avec le tourisme sexuel, ainsi qu'à cause d'une compagnie: “Hemo-Caribbean”, qui préparait et commercialisait du plasma pour les pays occidentaux, à partir de sang prélevé sur les populations les plus pauvres d'Haiti, alors probablement contaminées. Cette compagnie était dirigée par Luckner Cambronne, de sinistre réputation, le chef des Tonton Macoutes (la police secrète de "Papa Doc" Duvalier). Cambronne y gagna le surnom de "Vampire des Caraïbes", et ce scandale dit du "sang noir" aurait contribué à l'expansion du virus en Amérique du Nord.

La pratique de mélanger ensemble, sciemment ou on, les pools de sang contaminé et sain, puis de distribuer ces produits, parfois en connaissance de cause, sera à l'origine d'autres affaires de sang contaminé. De nombreux patients transfusés ont ainsi contracté le virus dans de nombreux pays. Une affaire criminelle en France dans les années 1980 fut un scandale d'Etat.

Nous arrivons au début des années 80, et deux comportements rendent certaines populations plus vulnérables à la contraction du virus par voir sanguine ou sexuelle: toxicomanie et fréquence du changement de partenaire sexuel. La pandémie est alors connue et s'accélère.


http://www.hinnovic.org/le-cote-histori ... ie-1-de-2/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_sang_contaminé
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/s ... -nee_27923
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/s ... dre_107784
https://fr.wikipedia.org/wiki/Luckner_C ... andale_du_«_sang_noir_»_et_disgrâce
http://canyonwalkerconnections.com/aids ... -haiti-us/

_________________
Image message du Loire au Dalgonar, oct. 1913


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 Sujet du message : Re: Histoire du virus du sida
Message Publié : 15 Août 2019 10:19 
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Thucydide
Thucydide

Inscription : 12 Avr 2019 21:35
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Il me semble que de récentes études situent l'apparition du VIH aux années 1900-1920, aux confins de la frontière entre le CameroUn et la Congo (probablement dans les environs de la ville de Mambélé). Le patient zéro, serait un chasseur victime d'une morsure de chimpanzé. Le VIH étant donc le résultat d'une transmission chez l'homme d'un autre virus -- le virus de l'immunodéficience simienne (VIS).

Voici quelques "patients zéros" du Sida:
➡️ Arne Vidar Røed (1946 - 1976) est le premier patient connu du Sida. Marin norvégien fréquentant de nombreuses prostitués lors de ses escales. Il l'aurait contracté au CameroUn en 1961/1962.
➡️ Robert Rayford (1953-1969). Ce jeune adolescent américain se présente dans un hôpital de Saint-Louis en 1968. Malgré les traitements, il décède l'année suivante. Quand le virus est identifié au début des années 80, des études postérieures à sa mort l'identifient en 1987 comme le premier patient américain décédé du sida.
➡️ Le québécois Gaëtan Dugas (1953-1984), fut considéré pendant très longtemps, et à tord, comme le "patient zéro" américain. Stewart pour Air Canada, homosexuel très actif, il aurait eu jusqu'à 250 partenaires sexuels par an dans toutes les grandes villes d'Amérique du Nord.
Propagé aux caraïbes à la fin des années 1960, le VIH a d'abord atteint la ville de New York vers 1970 puis San Francisco vers 1975 (voir la carte ci-dessous). Infecté entre 1975 et 1977, Gaëtan Dugas n'est donc pas celui qui a rapporté le VIH d'Haïti. Il est cependant considéré comme étant à l'origine de 9 des 19 premières contamination identifiée à Los Angeles.


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