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Message Publié : 06 Nov 2019 8:33 
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Eginhard
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Barbetorte a écrit :
Les entreprises nationalisées furent financées par des obligations à long terme. Les nationalisations n’ont pas donné lieu à des sorties massives de capitaux. En outre, les entreprises nationalisées étaient productives. On ne peut pas parler d’investissements stériles.

Sur le fond, cela ne change pas grand chose. Le sujet n'est pas la sortie d'espèces sonnantes et trébuchantes. Les fonds mobilisés, via les obligations, pour les nationalisations n'ont pas pu, par définition, être mobilisés pour autre chose; la question n'est pas la sortie d'argent, c'est celle de l'emprunt. Ces obligations sont bien une forme d'emprunt et quand l'Etat emprunte pour un sujet, il obère sa capacité à emprunt pour un autre domaine.
Si, aujourd'hui (désolé pour la limite temporelle), il est régulièrement noté que l'investissement des pouvoirs publics repose principalement sur les collectivités territoriales, c'est parce que l'Etat, empruntant pour le fonctionnement courant, ne peut plus emprunter pour l'investissement.


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Message Publié : 06 Nov 2019 15:22 
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Jerôme a écrit :
"23. La durée du travail sera progressivement réduite à trente-cinq heures après négociation entre les partenaires sociaux. La cinquième équipe sera instaurée dans les métiers pénibles. La cinquième semaine de congés payés sera généralisée."

https://www.monde-diplomatique.fr/mav/124/A/51865

Merci pour le lien, Jérôme. J'avais vaguement en tête que le PS après l'élection n'appliquait pas le Programme Commun (dont le PCF s'était retiré avant 81) mais je ne connaissais pas le texte de référence.
La promesse 23 est amusante, parce qu'elle contient le mot "progressivement", qui permet de larges interprétations. :mrgreen:
De ce fait je me demande quand a eu lieu le passage aux 39 heures ?

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Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu. (Chamfort)


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Message Publié : 06 Nov 2019 16:15 
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Eginhard
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Dès 1981 si ma mémoire est bonne. C'était la première heure de réduction, les 4 autres devaient suivre.
D'où les 35 heures de Dominique Strauss-Kahn 15 ans plus tard, il s'agissait en quelque sorte de rattraper une promesse non-tenue.


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Message Publié : 06 Nov 2019 17:27 
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Vézère a écrit :
Dès 1981 si ma mémoire est bonne. C'était la première heure de réduction, les 4 autres devaient suivre.
D'où les 35 heures de Dominique Strauss-Kahn 15 ans plus tard, il s'agissait en quelque sorte de rattraper une promesse non-tenue.

Oui, je le comprends bien comme cela. (Mon avis : "perseverare diabolicum", mais c'est une opinion personnelle.)

Il me semble que le ministre en charge était Martine Aubry, ministre du travail, tandis que Strauss-Kahn était à l'Industrie et aux Finances.

(Où il s'est signalé en donnant à Renault son accord - et le chèque associé - pour le pari fou consistant à racheter Nissan, qui perdait de l'argent. Un coup pareil ne réussit pas tous les jours... Mais je suis hors limites, c'était en 98.)

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Message Publié : 06 Nov 2019 23:08 
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Philippe de Commines
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ThierryM a écrit :
Sur le fond, cela ne change pas grand chose. Le sujet n'est pas la sortie d'espèces sonnantes et trébuchantes. Les fonds mobilisés, via les obligations, pour les nationalisations n'ont pas pu, par définition, être mobilisés pour autre chose; la question n'est pas la sortie d'argent, c'est celle de l'emprunt. Ces obligations sont bien une forme d'emprunt et quand l'Etat emprunte pour un sujet, il obère sa capacité à emprunt pour un autre domaine..
Les emprunts qui finançaient les nationalisations n’obéraient pas les capacités d’emprunt de l’État parce qu’à la différence des autres emprunts, ils finançaient l’acquisition d’actifs qui avaient la particularité d’être à la fois liquides et productifs. Autrement dit, les nationalisations se sont en fait auto-financées. Lorsque les entreprises nationalisées ont été à nouveau privatisées, l’Etat a encaissé une plus-value appréciable.


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Message Publié : 07 Nov 2019 10:06 
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Eginhard
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Barbetorte a écrit :
Les emprunts qui finançaient les nationalisations n’obéraient pas les capacités d’emprunt de l’État parce qu’à la différence des autres emprunts, ils finançaient l’acquisition d’actifs qui avaient la particularité d’être à la fois liquides et productifs. Autrement dit, les nationalisations se sont en fait auto-financées. Lorsque les entreprises nationalisées ont été à nouveau privatisées, l’Etat a encaissé une plus-value appréciable.
Des LBO avant l'heure! On aurait dû étendre le truc :wink:


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Message Publié : 07 Nov 2019 20:05 
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Eginhard
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Barbetorte a écrit :
ThierryM a écrit :
Sur le fond, cela ne change pas grand chose. Le sujet n'est pas la sortie d'espèces sonnantes et trébuchantes. Les fonds mobilisés, via les obligations, pour les nationalisations n'ont pas pu, par définition, être mobilisés pour autre chose; la question n'est pas la sortie d'argent, c'est celle de l'emprunt. Ces obligations sont bien une forme d'emprunt et quand l'Etat emprunte pour un sujet, il obère sa capacité à emprunt pour un autre domaine..
Les emprunts qui finançaient les nationalisations n’obéraient pas les capacités d’emprunt de l’État parce qu’à la différence des autres emprunts, ils finançaient l’acquisition d’actifs qui avaient la particularité d’être à la fois liquides et productifs. Autrement dit, les nationalisations se sont en fait auto-financées. Lorsque les entreprises nationalisées ont été à nouveau privatisées, l’Etat a encaissé une plus-value appréciable.


Nous ne serons pas d'accord, peu importe. Mais, lorsque vous nationalisez, vos titres ne sont plus, par construction, des titres liquides puisque vous ne pouvez pas les revendre. Sinon, ce n'est plus une nationalisation.


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Message Publié : 07 Nov 2019 21:26 
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Philippe de Commines
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Le gouvernement Chirac a revendu en 1987 les entreprises nationalisées sans aucune difficulté.


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Message Publié : 08 Nov 2019 10:00 
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Eginhard
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Barbetorte a écrit :
Le gouvernement Chirac a revendu en 1987 les entreprises nationalisées sans aucune difficulté.


Entreprises qui n'étaient donc plus nationalisées.

La liquidité des actions est conditionnée à l'existence d'un choix entre de vendre (privatiser) ou ne pas vendre (nationaliser). Quand vous n'avez pas ce choix (ce qui était le cas avec la mise en oeuvre du programme commun puisqu'il ne pouvait pas être question de reprivatiser les entreprises nationalisées), les titres n'ont plus de liquidité puisque vous vous interdisez vous-même de les vendre. Quand la politique d'un gouvernement consiste à nationaliser une entreprise pour la garder nationalisée, les titres perdent leur liquidité.


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Message Publié : 08 Nov 2019 12:57 
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Philippe de Commines
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Non. Pas du tout. Un bien est dit liquide si, mis sur le marché, il trouve facilement preneur à un prix satisfaisant pour le vendeur. C'est la définition du terme liquide. Il n'y en a pas d'autre.

Ce n'est pas parce qu'on s'abstient de mettre un bien en vente qu'il n'est pas liquide.

Les actions des entreprises nationalisées en 1981 ont trouvé facilement preneurs sur les marchés financiers à des cours tout à fait satisfaisants lorsque l'Etat eut décidé de les vendre.
Si l'Etat décidait de vendre la Bibliothèque nationale, il aurait beaucoup plus de mal qu'il n'en a eu à revendre la BNP en 1987. La grande bibliothèque est un bien peu liquide. Les actions des grandes entreprises sont en revanche très liquides.


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Message Publié : 08 Nov 2019 14:17 
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Jules Michelet
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autant que je sache les grandes entreprises ont été nationalisées pour échapper à la logique du marché et obéir à une logique d'intérêt général. C'était l'idée force de Chevènement au ministère de l'industrie. Delors et fabius n'y croyaient pas et depuis leur tour de contrôle de la rue de Rivoli ont imposé une gestion plus classique (au mieux faire des bénéfices et au moins ne pas faire de pertes). C'est ce qui a permis aux entreprises de trouver preneurs lors des privatisations : on ne vendait pas des administrations mais des entreprises dont l'actionnaire avait été temporairement l'Etat (mais un Etat qui n'avait pas soumis ces entreprises à des méthodes de gestion non capitalistes).


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Message Publié : 09 Nov 2019 21:12 
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Salluste
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ThierryM a écrit :
Si, aujourd'hui (désolé pour la limite temporelle), il est régulièrement noté que l'investissement des pouvoirs publics repose principalement sur les collectivités territoriales, c'est parce que l'Etat, empruntant pour le fonctionnement courant, ne peut plus emprunter pour l'investissement.

Les taux bas changent le regard des économistes sur la dette. Ancien chef économiste du FMI, Olivier Blanchard appelle les Etats à sortir de l’obsession de la dette publique. Lorsque les taux d’emprunt sont bas, la dette publique s’accumule moins vite, son coût pour le budget est plus faible. Blanchard a la conviction que les taux vont rester bas dans de nombreux pays pendant très longtemps.
Blanchard considère que le moment est propice pour financer des dépenses d'investissement en creusant les déficits.


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Message Publié : 09 Nov 2019 23:14 
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Arkoline a écrit :
ThierryM a écrit :
Si, aujourd'hui (désolé pour la limite temporelle), il est régulièrement noté que l'investissement des pouvoirs publics repose principalement sur les collectivités territoriales, c'est parce que l'Etat, empruntant pour le fonctionnement courant, ne peut plus emprunter pour l'investissement.

Les taux bas changent le regard des économistes sur la dette. Ancien chef économiste du FMI, Olivier Blanchard appelle les Etats à sortir de l’obsession de la dette publique. Lorsque les taux d’emprunt sont bas, la dette publique s’accumule moins vite, son coût pour le budget est plus faible. Blanchard a la conviction que les taux vont rester bas dans de nombreux pays pendant très longtemps.
Blanchard considère que le moment est propice pour financer des dépenses d'investissement en creusant les déficits.


Vous parlez bien d'une situation historique ? Pas d'une analyse de la situation actuelle...

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Appelez-moi Charlie


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