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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 28 Août 2020 16:13 
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Marc Bloch
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Rebecca West a écrit :
.
L'orgueil démesuré de Chateaubriand -qui lui aliéna de nombreuses personnes- est tel qu'à le lire il est le parangon de la liberté retrouvée, c'est à lui que l'on doit la Restauration et s'il fait antichambre et voit passer "... le vice appuyé sur le bras du crime...", c'est tout simplement parce-qu'il est présent comme solliciteur et, n'obtiendra pas (contrairement à Talleyrand et Fouché) ce qu'il souhaite. Ceci vous remet le tout en perspective.

S'il fallait toucher -à travers les Mémoires d'un homme- la vérité de son existence et non les rêves inaboutis, les souffrances comme autant de bornes à l'élévation spirituelle et autre puis voir ce mélange comme "vérité", ceci se saurait.
Châteaubriand donnera sa démission à l'arrivée de Polignac et pour cause : il sait qu'il n'aura rien.
La démission lors de la nouvelle de l'assassinat du duc d'Enghien avait un peu plus d'étoffe mais il avait déjà fait le pas de trop, ce ne fut -au final- qu'une reculade...
Ajoutons à ceci que ses essais dans cette ambassade furent désastreux, il ne pouvait supporter la tutelle de Fesch. La fin d'Enghien arriva fort à propos.
On verra l'écrivain jouer de relations assez étranges afin de se faire rayer de la liste des émigrés etc.

Lire Chateaubriand est plaisir mais il faut savoir sortir du livre lorsque l'on évoque l'homme.
Pensez-vous qu'avec le "Mémorial", on a fait le tour de Bonaparte puis Napoléon ? IL existe une marge, une large marge et cette large marge est souvent l'essentiel.
:wink:
.


je suis assez réservé sur cette analyse.

Il me semble bien plus naturel de penser que Chateaubriand par son attitude depuis 1789 trouvait parfaitement justifié de participer à la mise en oeuvre du retour du Roi. ET SURTOUT , il considérait comme tout à fait anormal que des hommes qui avaient servi la révolution et l'Empire occupent des positions de premier plan.

Un détail secondaire : L'écrivain n'avait pas de relations étranges sous le consulat mais il fréquentait des cercles néo-monarchistes (comme Fontanes ou Bonald) qui voyaient dans Bonaparte et son régime un simple expédient - une étape vers la restauration.


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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 28 Août 2020 18:29 
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Jerôme a écrit :
il fréquentait des cercles néo-monarchistes (comme Fontanes ou Bonald) qui voyaient dans Bonaparte et son régime un simple expédient - une étape vers la restauration.

Des néo-monarchistes qui n'avaient pas pesé le personnage Bonaparte...

Louis XVIII n'avait pas manqué de lui faire des avances, que Bonaparte commentait ainsi :
"Si je rétablis les Bourbons sur le trône, il m'érigeront une statue... et il mettront mon cercueil dans le socle." :mrgreen:

Tiens au fait, question HS, à partir de quelle date Artois se fait-il appeler Louis XVIII ?

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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 28 Août 2020 19:04 
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Marc Bloch
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Pierma a écrit :
Jerôme a écrit :
il fréquentait des cercles néo-monarchistes (comme Fontanes ou Bonald) qui voyaient dans Bonaparte et son régime un simple expédient - une étape vers la restauration.

Des néo-monarchistes qui n'avaient pas pesé le personnage Bonaparte...

Louis XVIII n'avait pas manqué de lui faire des avances, que Bonaparte commentait ainsi :
"Si je rétablis les Bourbons sur le trône, il m'érigeront une statue... et il mettront mon cercueil dans le socle." :mrgreen:

Tiens au fait, question HS, à partir de quelle date Artois se fait-il appeler Louis XVIII ?


Vous voulez dire Provence sans doute : 1795 - à la mort de Louis XVII.
Sinon il s'est aussi fait appeler comte de Lille.


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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 28 Août 2020 19:14 
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Jean Froissart
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.
Je ne fais que "repiquer" wiki :

17 novembre 1755 - 8 juin 1795 : Son Altesse Royale le prince Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence
8 juin 1795 – 6 avril 1814 : Son Altesse Royale le prince Louis Stanislas de France, dauphin de France (titre pris après le décès de Louis XVII durant la République, puis le Consulat et le Premier Empire)
6 avril 1814 - 20 mars 1815 : Sa Majesté le Roi de France et de Navarre (a-t-il le temps de se faire reconnaître comme XVIII ? Il envisageait un sacre...)
20 mars 1815 - 8 juillet 1815 : Sa Majesté le Roi Louis XVIII de France (Cent-Jours)
8 juillet 1815 - 16 septembre 1824 : Sa Majesté le Roi de France et de Navarre

-*-


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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 28 Août 2020 19:55 
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Rebecca West a écrit :
.
Je ne fais que "repiquer" wiki :

17 novembre 1755 - 8 juin 1795 : Son Altesse Royale le prince Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence
8 juin 1795 – 6 avril 1814 : Son Altesse Royale le prince Louis Stanislas de France, dauphin de France (titre pris après le décès de Louis XVII durant la République, puis le Consulat et le Premier Empire)
6 avril 1814 - 20 mars 1815 : Sa Majesté le Roi de France et de Navarre (a-t-il le temps de se faire reconnaître comme XVIII ? Il envisageait un sacre...)
20 mars 1815 - 8 juillet 1815 : Sa Majesté le Roi Louis XVIII de France (Cent-Jours)
8 juillet 1815 - 16 septembre 1824 : Sa Majesté le Roi de France et de Navarre

-*-

Une preuve de sagesse, de ne se nommer roi qu'à la Restauration.

@Jérôme : Oui, bien sûr c'est Provence. Où avais-je la tête ? :oops:

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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 28 Août 2020 20:23 
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Marc Bloch
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Emmanuel de Waresquiel me semble plus crédible que Wikipedia.

Il écrit ceci


Avec la proclamation de la République le 21 septembre 1792 puis la mort de Louis XVI le 21 janvier suivant, il n’est désormais plus rien en France, civilement mort, dépossédé de ses biens et apanages mis à la disposition de la nation dès le mois d’août 1792 et condamné à la peine capitale par contumace.

Cela ne l’empêchera pas de prendre la régence du royaume, à la mort de son frère sur l’échafaud, par une déclaration aux Français datée de Ham dans le duché de Westphalie le 28 janvier 1793, puis de se proclamer roi de France sous le nom de Louis XVIII, à Vérone, le 24 juin 1795, dans une lettre circulaire adressée à toutes les cours européennes, peu après la mort officielle du petit Louis XVII à la tour du Temple 


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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 28 Août 2020 21:15 
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Jean Froissart
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.
Je ne dispute pas à Waresquiel les péroraisons du comte de Provence qui, avant la fin de son aîné, lorgnait déjà le trône.
La déclaration de janvier 1793 n'a pas marqué outre-mesure la France, son "royaume".
La brève de 1795 n'a pas plus trouvé l'évidence au sein des cours européennes qui se sont passées le bonhomme.
Au moment du Congrès de Vienne, sans l'insistance de Talleyrand se jouant des hésitations (Napoléon II à égalité presque avec le Bourbon), rien n'était joué pour le comte de Provence.
Waresquiel est cité sur wiki dans les "notes" (1 - 23 - 24). Vous pourrez en apprécier la profondeur.

-*-


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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 29 Août 2020 10:08 
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Grégoire de Tours
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Pour revenir à l'intitulé du sujet, et à défaut de pouvoir enrichir le débat sur l'aspect stylistique de l'oeuvre de Châteaubriand (rien dans ma formation exclusivement scientifique ne m'autoriserait cette prétention), je vous signale cette proximité d'inspiration entre un passage des Mémoires et les deux premiers chapitres de La Confession d'un enfant du siècle de Musset.
Dérogeant à ma promesse de ne plus encombrer le forum avec des extraits des Mémoires, je vous livre le passage en question, qui ouvre le livre 1, chapitre 1, de la troisième partie :

Changement de monde. Retomber de Bonaparte et de l’Empire à ce qui les a suivis, c’est tomber de la réalité dans le néant, du sommet d’une montagne dans un gouffre. Tout n’est-il pas terminé avec Napoléon ? Quel personnage peut intéresser en-dehors de lui ? De qui et de quoi peut-il être question, après un pareil homme ? Dante a eu seul le droit de s’associer aux grands poètes qu’il rencontre dans les régions d’une autre vie. Comment nommer Louis XVIII en place de l’Empereur ? Je rougis en pensant qu’il me faut nasiller à cette heure d’une foule d’infimes créatures (en m’y comprenant), êtres douteux et nocturnes que nous fûmes d’une scène dont le large soleil avait disparu.
Les bonapartistes eux-mêmes s’étaient racornis. Leurs membres s’étaient repliés et contractés ; l’âme manqua à l’univers nouveau sitôt que Bonaparte retira son souffle ; les objets s’effacèrent dès qu’ils ne furent plus éclairés de la lumière qui leur avait donné le relief et la couleur
.

Pour Musset, on peut voir le texte dans le forum " Révolution et Empire ", sujet " Pourquoi tant de ralliements à Napoléon en 1815 ? ", page 3/4 de la discussion.

La question que je me pose : lequel des deux à inspiré l'autre ?... La Confession a été publiée en 1836 ; les Mémoires l'ont été plus tard, mais je ne sais pas à quelle date Châteaubriand a écrit ce chapitre.


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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 29 Août 2020 10:23 
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On a eu il y a quelques semaines un texte magnifique sur le même thème : le désenchantement après l'aventure napoléonienne. ("A cette époque là un seul homme respirait en Europe...")

C'était peut-être Musset aussi, mais je n'en suis pas certain.

Si quelqu'un peut m'éclairer, ça facilitera ma recherche : je veux le copier dans mes morceaux choisis...

Oups, quel âne, je n'avais pas vu vos indications, b sonneck. :oops: C'est la page 2/3, en fait.

Ici -> http://passion-histoire.net/viewtopic.p ... 3&start=15

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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 29 Août 2020 11:52 
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Jean Froissart
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.
b sonneck a écrit :
Pourquoi tant de ralliements à Napoléon en 1815 ?[/i] ", page 3/4 de la discussion.

Ce ne sont pas des ralliements, Bonaparte est le héros romantique par excellence.
Certains -tel Stendhal- qui a servi ne se souvient que des moments qui nourrissent son style.
Il n'y a aucun recul pour que le sens critique se fasse une place, aucune envie non plus : on se lâche et on s'en rajoute.
Si la propre vie des auteurs (ce n'est pas le cas pour Musset) n'offre pas son panel de souffrances et bien on se donne des modèles et -à travers ces modèles- l'introspection de l'auteur peut noircir des pages.
C'est tout nouveau cette introspection : avant il ne fallait rien laisser paraître des émotions. Tout à coup, elles se doivent d'être paroxystiques et décrites dans les moindre détails.
Le coeur, les battements, les accélérations, l'affadissement du teint et de l'intérieur etc. Une aubaine qui a servi les médecins durant un long temps.
NB est un héros "romantique" que l'Europe nous envie, il a rêvé (la propagande impériale s'est faite très sélective) et a accompli la plupart de ses rêves. Il existe une dimension christique. C'est le martyr par excellence des froids de l'âme et taiseux des émotions (ainsi semble le reste de l'Europe).
Chez les voisins, on exalte Guillaume Tell ou autre héros sorti d'une saga empoussiérée. Ces héros et les états qui leur sont prêtés sont déclinés (opéras, romans, poésie etc.).

Citer :
La question que je me pose : lequel des deux à inspiré l'autre ?... La Confession a été publiée en 1836 ; les Mémoires l'ont été plus tard, mais je ne sais pas à quelle date Châteaubriand a écrit ce chapitre

La boite était entrebaillée mais Chateaubriand a su l'optimiser.
Lui-même s'analyse dans "René" : voilà pourquoi cette autobiographie un peu romancée le gêne autant. Elle donne les clés à ce qui s'inscrira comme le "mal du siècle".

Toutes mes excuses pour la longueur :

[... cette vie qui m'avait d'abord enchanté, ne tarda pas à me devenir insupportable. Je me fatiguai de la répétition des mêmes scènes et des mêmes idées. Je me mis à sonder mon coeur, à me demander ce que je désirais. Je ne le savais pas (voici le ressort)
... j'embrassai ce projet avec l'ardeur que je mets à tous mes desseins...
... On m'accuse d'avoir des goûts inconstants, de ne pouvoir jouir longtemps de la même chimère, d'être la proie d'une imagination qui se hâte d'arriver au fond de mes plaisirs, comme si elle était accablée de leur durée ; on m'accuse de passer toujours le but de ce que je puis atteindre ; hélas ! Je cherche seulement un bien inconnu dont l'instinct me poursuit. Est-ce ma faute si je trouve partout des bornes, si ce qui est fini n'a pour moi aucune valeur ? Cependant je sens que j'aime la monotonie des sentiments de la vie et, si j'avais encore la folie de croire au bonheur, je le chercherais dans l'habitude.

Comment voulez-vous être contenté avec un tel cahier des charges qui annonce tout et son contraire : c'est le tourment de l'âme et on tourmente et on s'en rajoute... L'homme hormis quelques années de "galère" fut-il tant à plaindre ? Le problème est que les suivants naitront dans cette ambiance "mal de vivre" et l'augmenteront avec la prise d'alcool, en accumulant les débordements de passions etc.
... J'étais accablé d'une surabondance de vie ... O faiblesse des mortels...]

Le héros se doit d'être seul et incompris. Il doit tendre aussi vers un absolu qu'il soit spirituel ou autre.
Vous citez Musset, je vous avais avancé Lamartine (Borné dans sa nature, infini dans ses voeux...). Je rajoute Vigny (Gémir, prier, pleurer .... Souffre et meurs sans parler...), Baudelaire (Souvent les hommes d'équipage .... le poète est tel .... ses ailes de géant l'empêche de marcher...).
Mais qu'une solution se dresse afin de sortir de ce néant (d'ailleurs Chateaubriand comme Stendhal ou Hugo ont trop d'ambitions matérielles pour se laisser abattre) et aussitôt elle est renvoyée comme un aléa de plus. On se doit de souffrir de la solution des souffrances.
La solution ne peut être qu'onirique et l'homme s'écarteler à l'atteindre. Voyez Verlaine encore teinté du style (Souvent je fais ce rêve...).

Ceci est mieux explicité chez les auteurs anglo-saxons. On refuse la potion de bien être et l'on voit dans ce refus un tourment de plus.
Vous avez Housman que nous connaissons à travers le film "Out of Africa" et le poème cité aux obsèques de Denys Finch Hatton : "To an Athlete dying young" ainsi que le toast porté à la fin "... rose-lipped maiden, light footed lads...", vous avez E. Barrett-Browning que l'on lit chez le romancier Slaughter (first sonnet of the Portugese) ; Whitman optimisé dans "Le cercle des poètes disparus" (... Captain, my Captain... ) etc. Outre-Rhin, on atteint le fond. :P

Il m'est arrivé de me poser la question : et si, Don Quichotte -ôté du cadre picaresque- était un héros romantique ? La chanson de Brel lui offre cette possibilité ainsi que la recherche -jusqu'à la folie- du personnage.
Racine nous offre aussi des personnages terriblement romantiques. Le XVIIe en est remplit.

Lorsque tout les tourments ont été auscultés, reste l'incontournable jeunesse envolée : et hop ! On repart... puis les craintes de la mort à venir mais qu'est la mort : "J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans"... ;)

Chateaubriand -en France- aura le temps de voir poindre et grandir de nouveaux talents mais -pour s'en rajouter une couche- il se voit l'auteur de ces tourmentés, n'a-t-il pas ouvert la boite de Pandore ?
Cependant, son orgueil se garde une marge : toujours imité il est, jamais égalé il ne sera !
:wink:

-*-


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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 29 Août 2020 13:14 
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Grégoire de Tours
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Rebecca West a écrit :
. il se voit l'auteur de ces tourmentés, n'a-t-il pas ouvert la boite de Pandore ?
-*-

Si. Non seulement il en a bien conscience, mais il le regrette. Du moins, c'est ce qu'il exprime dans le passage des Mémoires que j'ai cité lors de ma première intervention sur ce même fil. Difficile, selon moi, de caractériser ensuite Châteaubriand par René seul.


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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 26 Mars 2021 21:26 
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Plutarque
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De Buonaparte et des Bourbons.

"[La maison de Bourbon] ...une race qui, commençant par un roi brave et prudent, et finissant par un martyr, a compté dans l'espace de neuf siècles quarante-trois monarques parmi lesquels on ne compte qu'un seul tyran : exemple unique dans l'histoire du monde et éternel sujet d'orgueil pour notre patrie."

Le roi brave et prudent qui commence la race est, je pense, Hugues Capet, le martyr qui la finit est Louis XVI.
Mais le tyran ?
D'une part je ne vois pas, d'autre part je m'étonne du fait que Chateaubriand pensait que son lecteur voyait qui il visait.
Philippe le Bel à cause des Templiers ?
Charles IX, à cause de la Saint-Barthélémy ?
Un autre ? (ça ne peut pas être Louis XIV ; page suivante : "nous devons à Louis XIV la majeure partie de notre gloire").
Bref, je voudrais savoir ce qui était probablement évident pour le lecteur de 1814.


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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 26 Mars 2021 21:53 
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Il faut revenir à la perception de l'époque, qui n'est pas la nôtre.

Quelqu'un aura sans doute une certitude ?

Pour ma part je me demande si ça ne pourrait pas désigner Henri III, réputé avoir régné par le poison et le poignard, et trahi la foi catholique en s'en prenant à la Très Sainte Ligue et au duc de Guise. (Ce n'est plus comme cela qu'on le perçoit aujourd'hui, mais c'est l'image que les catholiques ont longtemps attachée à son nom.)

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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 26 Mars 2021 23:14 
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Jean Froissart
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.
Je n'ai pas de certitude(s), cependant je pencherais pour Louis XIV.
La notion de "tyran" au XIXème semble cumuler le pire et le meilleur, s'inscrire dans la longévité etc. Louis XIV semble ce roi qui ne laisse pas indifférent, qui marque son époque.
L'emploi du mot "orgueil" -pour ce qui me concerne- fait la différence. Avait-on l'image d'un Henri III gonflé d'orgueil ?
Les conflits menés par Henri III le furent par la force des choses et non des choix initiés par un casus belli parfois délirant et puis il y eu des choix -fruits d'un orgueil blessé- qui furent malheureux. S'il reste un souverain dans lequel les Français/la France se retrouve(nt), le choix de Louis XIV n'est pas anodin. L'homme est un condensé de paradoxes, chacun y trouve son compte. Existe aussi le côté "épopée" qui plaît au XIXème.
*


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 Sujet du message : Re: Le style de Chateaubriand
Message Publié : 27 Mars 2021 5:37 
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Plutarque
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Madame de Staël, Considérations sur la Révolution française, chapitre « De ce qui constitue la royauté légitime » [où elle donne des arguments pour une monarchie héréditaire à pouvoir limité].
« S’agit-il de savoir, d’après les diplômes du temps, si un roi méchant, Philippe-le-Bel, ou un roi fou, Charles VI, ont eu des ministres qui, en leur nom, aient permis à la nation d’être quelque chose ? »
Ça me confirme dans l’idée que Chateaubriand savait que ses lecteurs penseraient à Philippe le Bel.

On peut peut-être ajouter que, dans les milieux légitimistes en 1814, après ce qui venait de se passer, la mise à mort associée à la spoliation, spécialement concernant un ordre religieux, ne devait pas avoir bonne presse…
Au contraire, dans l'Education nationale de mon enfance, où la gauche était laïque et plaidait pour des nationalisations, ou Renault avait été nationalisé en 1945, où les procès staliniens suscitaient peu d'indignation, la suppression de l'ordre du Temple était facilement vue, me semble-t-il, sans répugnance. Ajoutons que l'homophobie n'était pas vue comme un des crimes capitaux...


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