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Message Publié : 14 Juil 2005 11:55 
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Hérodote
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Inscription : 13 Juil 2005 8:38
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Nouveau, dans ce forum, passionné d’histoire, pour mon premier sujet, je souhaite aborder un sujet qui est le rôle d’Etienne Marcel dans l’histoire de France. Jean II, prisonnier des Anglais, la France est régie par le dauphin Charles, futur Charles V. Etienne Marcel, prévôt des marchands, bourgeois, appartenant à la famille Marcel, famille prestigieuse bourgeoise parisienne, entraîne la rébellion de paris contre le roi. En plus de ce crime de Lèse majesté, il fait entrer dans paris des troupes anglaises (selon Françoise Autrand, dans Charles V), quelle était la nature de ces troupes, armée régulière ou mercenaire ? Que recherchait Etienne Marcel dans cette action de rébellion changeait de système politique ou acquérir des avantages? Ne devrait on pas considérer Etienne Marcel comme un traître plutôt que comme un héros (créé par la 3éme république ???
Si vous avez des renseignements supplémentaire sur son action je suis intéressé


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Message Publié : 14 Juil 2005 12:15 
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Inscription : 27 Avr 2004 17:38
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Localisation : Région Parisienne
Encore un mythe de la IIIème république. Etienne Marcel passe pour s'être levé contre l'absolutisme royal. Il est vrai que la réaction de la plupart des gens après le désastre de Poitiers fut de considérer que la Noblesse ne jouait plus son rôle de défenseur du Royaume. Les Etats Généraux cristallisèrent ce sentiment. Il ne semble pas qu'Etienne Marcel ait voulu s'en prendre réellement à la monarchie, malgré les pressions quelquefois sanglantes qu'il exerça sur elle. Tant qu'il tint le Dauphin en otage, il avait le beau rôle. Une fois le Dauphin parti, il n'avait plus de moyen de pression, il radicalisa ses positions. Le pouvoir, surtout en ce temps se trouve là où est le Roi ou son représentant légal.

Pour tenter d'infléchir le cours du destin, il s'allia avec le Roi de Navarre et plus où moins les Anglais. Là est, non pas la traîtrise, mais au moins la félonie.

Alors traître ou héros, je dirais plus proche du traître avec nos conceptions d'aujourd'hui, mais le sentiment national commençait juste à se développer, et il est bien difficile de trancher.

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Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (Guillaume le Taciturne)


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Message Publié : 14 Juil 2005 14:53 
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Inscription : 15 Avr 2004 22:26
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Localisation : Alsace, Zillisheim
Il me semble que la fidélité d'une personne à l'époque allait plus vers son cercle immédiat que vers quelque chose d'assez flou comme un éventuel sentiment d'appartenance nationale. En tant que prêvot de Paris, sa fidélité devait aller à ceux qui l'avaient nommé, les marchands et bourgeois parisiens. Il peut nous sembler à nous qu'il a trahi "la patrie" (terme qui ne voulait rien dire à l'époque), mais il me semble qu'il est resté fidèle à ceux qui l'avaient nommé.
En histoire, pour bien comprendre les personnes et les époques, il faut essayer de saisir l'état d'esprit de l'époque. or souvent, nous jugeons avec nos critères et notre culture actuelle, pas avec celle des contemporains du personnage.


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Message Publié : 14 Juil 2005 15:07 
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Tite-Live
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Inscription : 29 Déc 2004 22:10
Message(s) : 396
Localisation : Guyenne
Je pense que la situation qu'il avait contribué à créer lui a échappé; son erreur est d'avoir fait assassiner les maréchaux de Champagne et de Normandie; à cause de cela, il savait bien qu'il ne pourrait jamais s'entendre avec le dauphin, même pour la plus petite concession ...
Après, la goutte d'eau qui fait déborder le vase, c'est l'entrée des anglois dans Paris ...
Pour moi, c'était un traitre au roi et au royaume.


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Message Publié : 15 Juil 2005 18:36 
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Grégoire de Tours
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Inscription : 03 Oct 2003 9:22
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Localisation : Toulouse
Je profite du sujet pour demander si certains d'entre vous pourraient infirmer ou confirmer l'assertion suivante que j'avais lu jadis dans je ne sais plus quel ouvrage... A savoir qu'Etienne Marcel avait édicter une loi fiscale unique en son genre :wink: dans l'Histoire à savoir la création de l'impôt DEGRESSIF. Autrement dit que plus les revenus étaient importants plus l'impôt était faible (pourcentage à l'appui). Il aurait rendu cette mesure encore plus originale car il me semble même que les nobles étaient 2 fois plus taxés que les marchands et autres bourgeois...

Amicalement

Crillon


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Message Publié : 24 Fév 2024 21:37 
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Plutarque
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Inscription : 31 Juil 2023 20:20
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C'est Georges MINOIS qui a écrit :

Citer :
En août 1354 ou 1355, Étienne Marcel est élu « prévôt des marchands », c’est-à-dire en quelque sorte à la fois président de l’union des commerçants et maire de la capitale, pour employer des termes actuels. [...] Étienne Marcel est alors un quinquagénaire au caractère bien trempé, autoritaire et emporté, mais qui n’a rien d’un révolutionnaire. Il veut simplement mettre de l’ordre dans l’entourage royal, se débarrasser des mauvais conseillers, mettre fin à leurs malversations et aux mutations monétaires qui perturbent l’activité économique. Il se verrait très bien dans le rôle de mentor du jeune dauphin, dans le but d’éliminer les mauvaises pratiques et de moderniser le fonctionnement de la monarchie. Programme au mieux réformateur, sans doctrine préconçue. Ce sont les événements qui vont l’amener à endosser le rôle d’agitateur populaire et à passer de la réforme à la révolution violente.


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Message Publié : 25 Fév 2024 11:59 
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Il y a aussi une sombre affaire d'héritage qui suscita son engagement. Il faut que je recherche et je vous narrerai ça par le menu.

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Message Publié : 25 Fév 2024 15:30 
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Localisation : Région Parisienne
Le beau-père d'Etienne Marcel avait été condamné pour avoir détourné de l'argent du temps où il était maître des comptes du roi Philippe VI, mais il s'en tira en payant 50.000 pièces d'or à la chaise. Il mourut et son gendre refusa l'héritage car une enquête était en cours et il avait peur de payer les éventuelles prévarications de son beau-père. Son beau-frère, Robert de Lorris n'eut pas ces scrupules. L'enquête fut close faute de preuves, et le trésor remboursa l'amende qui revint à Robert puique Etienne avait refusé l'héritage. Etienne ne lui pardonna jamaiset ils devinrent adversaires politiques..

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Message Publié : 25 Fév 2024 21:37 
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Plutarque
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F. Autrand, Charles V, Fayard, 1994.

C'est la source utilisée par le rédacteur de Wikipedia pour relater cette affaire d'héritage :

Par son mariage avec Pernelle des Essarts, fille de Pierre des Essarts, Robert de Lorris devient beau-frère d'Étienne Marcel, dont il se fait un ennemi mortel en restaurant la mémoire et la fortune de son beau-père, alors qu'Étienne Marcel avait renoncé à tout droit sur l'héritage.

Citer :
Étienne Marcel aurait intercédé auprès du comte de Flandre Louis de Male pour faire libérer Pierre des Essarts. Celui-ci sort de prison sans être condamné ni acquitté mais meurt en 1349. Étienne Marcel, qui est l’un de ses héritiers, se méfie des amendes qui pourraient tomber sur la fortune du défunt une fois le procès terminé - il est soucieux de la dot de sa femme -, et refuse la succession.
Robert de Lorris, un autre puissant bourgeois, est lui aussi l’un des gendres de Pierre des Essarts. Il a su revenir dans l’entourage royal dès 1347, à tel point qu’il est l’un des proches conseillers de Jean le Bon, dont il obtient le 7 février 1352 la réhabilitation de Pierre des Essarts. Bien informé, il n’a pas renoncé à la succession et se trouve le seul à hériter de 50 000 livres. Étienne Marcel se considère victime d'une escroquerie.


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Message Publié : 26 Fév 2024 7:30 
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C'est mentionné aussi dans la guerre de cent ans de Favier. J'ai les deux.

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