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Message Publié : 20 Mars 2021 8:21 
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Polybe
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J’ai entre les mains L’histoire de la langue allemande (1982, Que sais-je ?).
Parmi les sources de la constitution d’un langage écrit commun, on peut citer la volonté, par de grandes institutions, d’être compris au loin.
Pour être compris, on essaie de gommer les localismes et d’essayer de constituer une langue commune.
D’où, au début du seizième deux langages écrits particulièrement influents : « l’allemand commun », de la chancellerie impériale, et l’allemand de la chancellerie de Meissen, au-dessus des langues d’autres chancelleries, notamment celles des principautés électorales qu’étaient les archevêchés de Mayence et de Cologne. Les diverses chancelleries essayant de rapprocher leurs langues.
La base de l’allemand de Luther n’est pas le parler qu’on utilisait autour de lui.
« Cette langue des chancelleries […] a été la base de la langue de Luther » [plus précisément : de la Bible de Luther]. « Luther s’est servi de la langue des chancelleries dans sa forme haut-saxonne de l’« allemand de Meissen », qu’il appelle lui-même die gemeinste sprache » [la langue la plus commune].
Un facteur capital de l’unification : l’imprimerie. « Les imprimeurs corrigeaient les textes formellement et graphiquement ». Ce ne sont pas seulement les auteurs qui avaient intérêt à être largement compris…
Ceci avec trois « écoles d’imprimeurs » principales : Francfort, Wittenberg et Augsbourg.
Et en 1600, l’unification était à peu près faite (date de la dernière traduction de la Bible de Luther en bas-allemand : 1621 ; « les derniers actes civils rédigés en bas-allemand datent également du début du XVIIème siècle) ».


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Message Publié : 20 Mars 2021 8:58 
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Polybe
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Narduccio a écrit :
Bref, quand vous prenez en compte toutes les contraintes que pose Manzoni, le choix ne peut pas aller vers le florentin littéraire du XIXème siècle, car c'est devenue une langue réservée à quelques cercles lettrés, il faut choisir une langue plus proche du peuple, mais qui a aussi une certaine aura sur la scène internationale. La seule langue qui concorde, c'est celle de Petrarca, de Boccace et de Dante.


Ce qui est étonnant avec vous, c’est votre capacité à persister dans l’erreur, sans citer aucune source, ceci d’un ton péremptoire.
Encore une source qui infirme radicalement ce que vous affirmez.
https://www.italie-infos.fr/langue-histoire.htm

D’où j’extrais :
La langue au XVIIIème siècle : « En somme, la langue reste fixée pour l’essentiel, comme elle l’avait été au XIVe siècle par les « trois couronnes » puis par Bembo et l’Accademia della Crusca ; mais elle est encore hésitante sur la seule forme correcte, suivant les hésitations mêmes du Vocabulaire de l’Accademia della Crusca (constamment réédité), suivant les influences étrangères ou les adaptations aux dialectes. Seul évolue vraiment le lexique, intégrant les mots indiquant des réalités nouvelles, le nouveau vocabulaire scientifique et professionnel, le vocabulaire juridique, les terminologies botaniques et zoologiques (Linné pour la botanique, Lavoisier pour la chimie). »
Et : « Mais quel serait le modèle de langue unie ? Certains prônent le dialecte, c’est le cas du Milanais Carlo Porta (1775-1821), un des 4 grands écrivains en dialecte, avec le Sicilien Giovanni Meli (1740- 1815), le Vénitien Carlo Goldoni (1707-1793), le sarde Melchiorre Murenu (1803-1854) et le Romain Giuseppe Gioachino Belli (1791-1863). Mais ce qui l’emporta fut l’opinion et le travail d’Alessandro Manzoni, qui proposa de prendre pour modèle le toscan (ou plutôt le florentin) parlé. »

Le florentin parlé. Et il s’agit évidemment du florentin parlé en 1830. Pas de la langue de Dante, Pétrarque et Boccace (les « trois couronnes »).


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Message Publié : 20 Mars 2021 10:12 
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Polybe
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En ce qui concerne l’unification linguistique de la langue écrite.

En somme en Italie, cela a commencé par la littérature, avant même l’imprimerie (du fait de la précocité de l’unification linguistique de la langue écrite). Et cela s’est renouvelé et parfait de nouveau par la littérature (avec Manzoni), laquelle a cependant emprunté la langue d’un parler local réellement existant au début du XIXème : il y a eu deux recours à la langue parlée d’une certaine même ville (Florence), au XIVème et au XIXème siècle.

En Allemagne, cela a commencé par les chancelleries, et par la prédication religieuse (protestante), dans le cadre de l’imprimerie, et ça a été une langue relativement imaginaire, inventée, véhiculaire (même si elle était proche de l’allemand de la Saxe du XVIème siècle, plus particulièrement de celui de la marche de Meissen, « germanisée par des colons venant de toutes les régions haut-allemandes. Par le brassage de toutes ces populations s’est développé un dialecte d’allemand moyen assez neutre » (Histoire de la langue allemande)). [Dans cette phrase, l'allemand moyen est un sous-ensemble du haut-allemand, et signifie allemand du Centre, haut-allemand signifiant allemand du Centre et du Sud].


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Message Publié : 20 Mars 2021 11:10 
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Luther lui-même est né dans l’actuel Saxe-Anhalt (à Eisleben), a étudié à Magdebourg (Saxe-Anhalt), Eisenach (Thuringe) et Erfurt (Thuringe). C’est à Erfurt qu’il a vécu au couvent (en latin, je suppose), ensuite à Wittemberg (Wittenberg en allemand) (Saxe-Anhalt, à l’époque Saxe électorale) il a été professeur d’université (toujours en latin, je suppose) et prédicateur (en allemand, évidemment) et il a placardé ses thèses.
Il s’est ensuite caché un an au château de la Wartbourg (Thuringe), puis est revenu à Wittemberg, où il a vécu jusqu’à sa mort, survenue trente-cinq ans après.
Il meurt lors d’un voyage à Eisleben, et est enterré à Wittemberg (distance entre les deux villes : 85km ; distance entre Wittemberg et Meissen : 115km).
.En somme, il a passé sa vie dans un assez petit périmètre, entre Sud de l’actuel Saxe-Anhalt (où il a passé son enfance et son adolescence), Thuringe, et Wittemberg, dans l'Ouest de l’actuelle Saxe, où il a vécu la plus grande partie de sa vie, en prêchant à des auditeurs de toutes classes dont il fallait qu’ils le comprissent.


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Message Publié : 20 Mars 2021 17:22 
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Localisation : Alsace, Colmar
Je ne dis pas que je sais distinguer, je ne fais que dire que dans la plupart des cas les situations sont plus complexes. Une partie des élites s'est élevée contre l'unification. Pourtant, ils avaient la culture en commun. La culture n'est pas le sentiment national. Des gens qui parlaient à peine italien se sont engagés volontairement en 1915 pour aller se battre pour la Patrie. Comme en France d'ailleurs, où des gens se sont battus pour la Patrie tout en apprenant à l'armée à parler et à écrire le français.

Les États italiens ont eu pendant plusieurs siècles une culture commune, comme ce fut les cas des États allemands réunis au sein du SERG. Mais, durant toute cette période, ils ont bien veillé à ce que leur État particulier l'emporte sur celui du voisin. On en voit un tas d'exemple dans l'histoire de l'Alsace durant la période où cette région géographique appartenait au SERG. Certains ont choisi le clan de l'empereur, simplement parce que le voisin avec lequel ils étaient en concurrence appartenait au clan qui était opposé à l'empereur. Ils ne l'ont pas fait par "sentiment national", mais parce qu'ils estimaient que c'était leur intérêt. A contrario, aux mêmes époques, on voit des gens qui choisissent clairement un camp en fonction de raisons intellectuelles qu'on pourrait traduire par un sentiment national ou par l'intérêt supérieur de l’État.

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable.
Appelez-moi Charlie


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