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Message Publié : 12 Juin 2021 22:30 
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Philippe de Commines
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Bonjooooooour !

En 1990 la banque de France a fortement augmenté ses taux d'intérêt pour éviter une dévaluation du Franc face au Deutschemark alors dopé par la réunification. Les taux d'intérêt se sont maintenus à un niveau très élevés jusqu'au changement de gouvernement aux législatives de 1993.
Cette politique a entrainé un très fort ralentissement de l'économie à partir de 1991 et même une récession en 1993 avec une envolée du chômage. La très forte dynamique de l'économie française des années 1988/1990 (par exemple croissance de 4,7% en 1988) a ainsi été brisée
Beaucoup de personnalité ont critiqué à l'époque cette politique de monnaie et de taux d'intérêt fort, par exemples Emmanuel Todd

François Mitterrand en personne a t-il joué un rôle dans cette politique, notamment dans la décision d'établir des taux d'intérêt élevés décidée par la Banque de France alors contrôlée par l'état ?
Ou alors affaiblit par la maladie n'a t-il pas eu la volonté de contrôler cela ?

Merci de vos connaissances sur la question !

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Message Publié : 13 Juin 2021 1:47 
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Grégoire de Tours
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Amha Mitterrand savait encore ce qu'il faisait. Cela paraît contre-intuitif qu'il ait sciemment conduit une politique favorisant directement la montée du chômage, mais cela peut s'expliquer.

Ce virage vers les taux d'intérêt élevés relève d'un dogme en cours dans la génération de François Mitterrand et celle des gouverneurs de la Banque de France puis BCE. Tout d'abord parce qu'ils ont connu des périodes d'inflation galopante, dans les années 1950. Mais cela ne suffit pas.

Il faut ajouter surtout que l'obsession de François Mitterrand est l'Allemagne, toujours l'Allemagne, et la course à l'Union Européenne. Il sait, ou croit savoir, comment l'Allemagne réagit en cas de crise d'inflation galopante. Mitterrand a connu la guerre, il ne l'oublie jamais. La présidence Mitterrand, c'est le couple franco-allemand, coûte que coûte, à tout prix. Le chômage est secondaire. Les conditions de l'Allemagne seront adoptées.

Or, de fait, en Allemagne, s'il est un dogme entre les dogmes, c'est qu'il faut tout faire pour contrer l'inflation. Il faut un Mark fort. Ils ont été vaccinés contre l'inflation en 1923, puis dans les années 30 et ce qui s'en est suivi. Et le seul vaccin, c'est un taux d'intérêt élevé. Le maître des horloges est le gouverneur de la banque centrale qui fixe ces taux, en Allemagne comme en France.

Avant la signature du traité de Maastricht en 1992, Mitterrand veut faire faire au pays une marche forcée aux fameux "critères de convergence", donc réduire au maximum une inflation "normale" qui n'était pas malsaine. Ce, en dépit de toute autre considération comme l'impact direct sur la montée du chômage et la pauvreté.

Ce lien direct est évidemment connu de Mitterrand, soit parce qu'il l'a étudié, soit par ses brillants conseillers. Si on augmente les taux (ce qui peut être fait arbitrairement), l'inflation baisse, et mécaniquement le chômage augmente. L'emprunt est plus difficile, l'investissement se tarit, on n'embauche plus, le marché de l'emploi se réduit. La courbe dite de Philips résume ce théorème implacable:
Image

Ce qui est vérifié sous cette forme dans les études de cas:
Image

Il faut revenir à la raison d'être des banques centrales. Avant 1993, la Banque de France était le banquier de l'Etat. Elle avait deux fonctions aujourd'hui révolues: émettre des billets correspondant à la quantité d'or détenue, puis avec l'abandon de la parité-or, correspondant à l'estimation de ce qui était nécessaire, ET elle apportait son "concours à l'Etat", c'est-à-dire donnait des "coups de pouce" quand cela était nécessaire en prêtant. Tout cela est révolu. Dans la même période du second septennat de François Mitterrand, la loi du 4 août 1993 interdit désormais à la Banque de France d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public, à tout autre organisme ou entreprise public, de même que l'acquisition de titres de leur dette.

De son côté, la Buba (Bundesbank, banque fédérale allemande) a une autre priorité: maintenir la stabilité de la monnaie allemande. Dans cet objectif, le gouverneur de la banque est seul juge de ce qu'il souhaite faire.

Il est intéressant de comparer avec la Federal Reserve américaine, la "Fed": c'est le Congrès des États-Unis qui définit trois objectifs de politique monétaire dans le Federal Reserve Act : plein emploi, stabilité des prix et taux d'intérêt à long terme modérés. Ces deux premiers objectifs contradictoires sont souvent appelés le « double objectif » ou « double mandat » de la Fed (Dual Mandate).

La Banque Centrale Européenne a calqué ses statuts sur la Buba. Le mandat principal de la BCE est de maintenir la stabilité des prix. Or, comme la Buba et contrairement à de nombreuses banques centrales telles que la Fed, la BCE n'a pas d'objectif de plein emploi adossé à l'objectif d'inflation.

Le système européen a été calqué sur le modèle allemand, aux conditions posées par l’Allemagne. Les règles qui régissent la monnaie sont une copie conforme du projet allemand, dont le pacte de stabilité. La conception allemande de la monnaie a été indélébilement marquée par l’hyperinflation de 1923, dans un rapport à la monnaie inflexible (indépendance de la BCE, orthodoxie budgétaire, établissement de seuils pour le déficit, déficit structurel et la dette, etc.).

Les gouverneurs de la Banque de France sous Mitterrand, Jacques de Larosière, puis surtout Jean-Claude Trichet, nommé par François Mitterrand, sont de grands conservateurs, que tout aurait dû opposer à une politique socialiste. Ils ne font pas de difficulté pour adopter le dogme des taux d'intérêt élevés, qui est une politique capitaliste anti-keynésienne qui ne favorise que les rentiers. Quand on dit élevé, c'est toujours par rapport au taux d'inflation.

Sur la période 1990-1993, la crise longue de l'emploi est très fortement accentuée par cette décision d'augmenter les taux. Jean-Claude Trichet, une fois nommé directeur de la BCE en 2003, n'a pas dévié du dogme puisqu'il a maintenu ce cap dévastateur jusque dans la crise des années 2000, toujours avec le prétexte des impératifs européens, au détriment du marché de l'emploi en France puis en Europe, alors que rien dans la situation économique réelle ne laissait présager un risque d'inflation forte.

Les taux ont fini par enfin baisser par rapport à l'inflation, laissant respirer l'économie, de manière drastique, pour relancer l'économie dévastée par la crise des subprimes en 2008. Il est fort probable qu'avec la crise actuelle due à la pandémie, la BCE garde des taux historiquement bas durablement.

Emmanuel Todd n'est pas le seul à avoir critiqué cette politique. De nombreux économistes ont fait ce reproche. Citons pêle-mêle Charles Lafay, Jean-Jacques Rosa, JP Fitoussi, F. Lordon, Pascal Morand... On pourrait ajouter aussi à l'époque Philippe Séguin. Fitoussi a décrit le dogme de ces années Trichet dans son livre de 1995 "Le Débat Interdit. Europe, Monnaie, Pauvreté" puis dans "La démocratie et le marché" (2004). Mais le débat a peu passionné les foules - peut-être parce que peu de gens s'intéressent à la monnaie et à la courbe de Philips, et parce qu'un gouverneur de banque centrale n'est pas responsable devant des électeurs, lui qui ne se faire pas élire. Ce pouvoir irresponsable est une des grandes critiques envers les institutions européennes telles qu'elles ont été adoptées.


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Message Publié : 13 Juin 2021 7:04 
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Grégoire de Tours
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Mitterrand ne souhaitait pas le chômage.

Mitterrand voulait faire l'unité monétaire européenne dont la première étape était le lien franc mark. Sa vision était politique.

Il était conseillé par Bérégovoy qui lui croyait à la "desinflation compétitive " et voulait faire passer aux marchés financiers que la France ferait tout pour conserver la parité franc mark.


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Message Publié : 13 Juin 2021 10:43 
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Stabilité du change Franc-Mark: oui. Mais il faut demander pourquoi Mitterrand voulait cela. J'ai expliqué plus haut que c'était dans le cadre d'une marche forcée à l'Union, aux critères de Maastricht, motivés par la priorité de François Mitterrand qui était l'Europe, seul moyen pour lui de sceller durablement le lien entre la France et l'Allemagne. C'est sa ligne d'horizon.

marc30 a écrit :
Mitterrand ne souhaitait pas le chômage
Un chirurgien qui ampute un membre ne "souhaite" pas amputer des membres. S'il pense qu'il faut sacrifier le membre pour sauver le patient, l'état du membre n'est plus sa priorité, il sacrifiera le membre. En politique, pas de Primum non nocere, pas de serment d'Hippocrate.

Il n'est donc pas question de "souhait". Dites plutôt que la lutte contre le chômage n'était pas la priorité de François Mitterrand. Faire l'Union européenne sur les bases présentées à Maastricht était sa priorité, quitte à mener une politique favorisant la montée du chômage.

Le rappel de ce néologisme politique est bienvenu. Un peu désuet maintenant, il fut inventé spécialement pour l'occasion: "désinflation compétitive". C'est le terme utilisé par JC Trichet, ainsi que Bérégovoy, mais aussi Laurent Fabius et al. dans ces années pour présenter sous un meilleur jour cette politique nécessairement impopulaire, surtout après le tournant de la rigueur. L'expression est habile car c'est un oxymore: plus une monnaie est dite "forte", moins elle est compétitive, car plus les produits payés dans cette monnaie sont chers par rapport aux autres pays. La "désinflation compétitive" n'a eu de compétitif que le nom. C'est tout l'art de la politique d'inventer des termes pour l'occasion.

Je vous mets en lien un article assez complet qui explique en chiffres cette politique et ses effets sur le chômage, et la différence entre les effets attendus et les effets constatés:
https://books.openedition.org/igpde/4702?lang=fr
et
https://lexpansion.lexpress.fr/actualit ... 17526.html
https://www.lesechos.fr/2013/06/les-ris ... ive-323947

Je vous recommande les articles du mensuel Alternatives économiques qui traitent souvent de ces thèmes. Si vous y avez accès, le mois dernier, un article d'Aude Martin présentait les nouveaux défis de Joe Biden sous l'angle de la courbe de Phillips.


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Message Publié : 13 Juin 2021 10:54 
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Deux commentaires

Sur le chômage Mitterrand ne le souhaitait pas mais le croyait inévitable. Il a dit une fois "contre le chômage on a tout essayé". Sous entendu : on ne peut rien faire de plus

Sur l'Europe, c'était devenu l'axe majeur de son action


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Message Publié : 13 Juin 2021 11:07 
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Mitterrand a été élu et réélu parce qu'il avait un projet de changements profonds à mettre en oeuvre et la volonté politique de le faire. Mitterrand n'était pas animiste, sur l'inévitabilité de tel ou tel problème économique. Les économistes non plus. Il n'y a pas une mystérieuse malédiction qui pèserait sur la France selon laquelle un chômage de masse serait inévitable et rien ne pourrait être fait. "Gouverner c'est choisir"; un choix a été fait.

Aussi n'est-on pas forcé, tente ans plus tard, de donner valeur de fait historique à un slogan politique. Séguin répondait : c'est faux, on n'a pas "tout essayé". Et avec lui, les économistes et historiens de l'économie qui se sont penchés sur la question depuis.
https://www.lesechos.fr/1996/03/seguin- ... age-831913


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Message Publié : 13 Juin 2021 15:34 
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Or, de fait, en Allemagne, s'il est un dogme entre les dogmes, c'est qu'il faut tout faire pour contrer l'inflation. Il faut un Mark fort. Ils ont été vaccinés contre l'inflation en 1923, puis dans les années 30 et ce qui s'en est suivi.


Il ne faut pas oublier la réforme monétaire de 1948 qui cassa l'inflation d'après guerre, elle a aussi beaucoup joué dans la pensée monétaire allemande, et est plus présente que l'hyper-inflation de 23.

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Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (Guillaume le Taciturne)


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Message Publié : 13 Juin 2021 22:02 
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Philippe de Commines
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Séguin répondait : c'est faux, on n'a pas "tout essayé". Et avec lui, les économistes et historiens de l'économie qui se sont penchés sur la question depuis.


Mais tout de même on en a fait des choses contre le chômage :
- Baisse des charges sociales
- Réduction de l'indemnisation des chômeurs (dans les années 1990 par exemple)
- Baisse du temps de travail
- Préretraites
- Austérité salariale
- Dérèglementation du marché du travail
- Embauche de fonctionnaires
- Grands travaux
- Amélioration de la formation des travailleurs (développement de l'enseignement supérieur par exemple)
- Relance de l'économie par les déficits
- Travaux d'utilité collective dans les années 1980
- Développement de l'invalidité pour sortir du marché du travail les travailleurs les moins performants
- Développement de la création d'entreprise (auto-entrepreneurs par exemple)

Je me demande, quelles mesures n'ont pas été prises en France pour réduire le nombre de chômeurs ?
:rool: :rool:

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Message Publié : 13 Juin 2021 22:29 
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Philippe de Commines
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J'oubliais encore ;

- Prime pour l'embauche
- Autorisation administrative de licenciement
- création de zones franches
et la liste doit être encore longue....

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Message Publié : 13 Juin 2021 22:37 
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Pouzet a écrit :
Je me demande, quelles mesures n'ont pas été prises en France pour réduire le nombre de chômeurs ?

?? Décider de taux d'intérêt bas par rapport à l'inflation... C'est le corps de tout le développement qui précède, avec force articles plus détaillés et plus explicatifs que je ne puis l'être...

Pouzet a écrit :
on en a fait des choses contre le chômage :
- Baisse des charges sociales
- Réduction de l'indemnisation des chômeurs (dans les années 1990 par exemple)
- Baisse du temps de travail
- ...

Je vais encore tenter une métaphore. Imaginez que vous êtes en train de mener une barque sur un fleuve, et que vous vouliez remonter le courant. Le fleuve va à 20km/h. Seul, vous ramez à 5km/h. Vous demandez à un de vos passagers de ramer avec vous, vous atteignez 7km/h. Vous démarrez le petit moteur vous atteignez 15km/h. Vous en avez fait des choses pour aller plus vite. Pourtant vous reculez toujours.

Face à une décision qui implique mécaniquement tout le système économique, des décisions d'ampleur moindre ne peuvent contrebalancer. A ceci il faut ajouter que à peu près aucune des mesures indiquées n'a un effet mécanique à grande échelle sur le chômage de masse comme celui de la courbe de Phillips, bien étudiée par les économistes. Ce sont des mesures expérimentales et empiriques, dont il est difficile de mesurer l'effet.

La politique qui aurait pu (dû) accompagner une baisse des taux d'intérêt eût été une politique massive de grands travaux, type New Deal de Roosevelt, travaux d'infrastructures, barrages, ponts, réseau autoroutier, voies ferrées, etc, financé par un recours au déficit sans tabou ni limite, et une relance massive keynésienne. Nous ne sommes pas dans la même échelle.

Enfin,
Pouzet a écrit :
Relance de l'économie par les déficits

Vous parlez de quelle période exactement? Justement les critères de convergence rendaient le recours au déficit, qui eût été un peu salutaire, très difficile et limité.


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Message Publié : 13 Juin 2021 22:45 
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Philippe de Commines
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Citer :
Décider de taux d'intérêt bas par rapport à l'inflation


Je rappelle que durant les années 1970 les taux d'intérêts étaient très inférieurs à l'inflation et que le chômage a explosé à l'époque, que depuis 2009 (désolé pour la limite chronologique) les taux d'intérêt sont proches de 0-1% et qu'en 2019 on était toujours dans le chômage de masse, que les déficits ont explosé de 1981 à 1983 et en 1994 sans effets sur le chômage !

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Message Publié : 13 Juin 2021 23:07 
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J'adore cette énumération...

Là dedans il y a au moins 5 mesures qui sont de nature à plomber la productivité des entreprises. Au moins !

(Par exemple les 35h, si elles sont payées 40, comme ce fut le cas initialement, ça ne crée aucun emploi automatiquement, parce que la masse salariale reste la même. En revanche l'entreprise perd 9% du total d'heures travaillées. l'entreprise peut embaucher pour compenser cette perte, mais c'est autant d'augmentation de la masse salariale.)

Mais je passe, parce que ça recoupe des débats politiques encore très actuels.

Juste une remarque sur l'emploi des handicapés : sur la période qui nous occupe, la loi fait obligation aux entreprises d'employer 6% de personnel sous statut handicapé. Ou de faire appel à la sous-traitance par des ateliers employant des handicapés, pour le même pourcentage de 6%. (Genre CAT, Centre d'Adaptation par le Travail.) J'ignore ce qu'il en est aujourd'hui.

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Message Publié : 13 Juin 2021 23:42 
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Pouzet a écrit :
Citer :
Décider de taux d'intérêt bas par rapport à l'inflation


Je rappelle que durant les années 1970 les taux d'intérêts étaient très inférieurs à l'inflation et que le chômage a explosé à l'époque, que depuis 2009 (désolé pour la limite chronologique) les taux d'intérêt sont proches de 0-1% et qu'en 2019 on était toujours dans le chômage de masse, que les déficits ont explosé de 1981 à 1983 et en 1994 sans effets sur le chômage !


Je comprends mieux. Vous me parlez pas de la période de la question initiale: 1990-1993. Pourquoi pas. Pourriez-vous donner des sources, idéalement avec graphiques, montrant l'évolution des taux que vous décrivez, ainsi que les déficits dans ces années? Nous pourrions comparer avec l'évolution des chiffres du chômage. L'histoire économique permet ces rapprochements.

Dans les années 70, on s'est pris deux chocs pétrolier qui ont ébranlé l'ensemble de l'économie mondiale. Encore une fois, pour contrebalancer un déséquilibre, une mesure doit être à une échelle comparable. Vous souhaitez sortir de la limite chronologique en parlant de 2009 et d'aujourd'hui, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Je dirai simplement que la crise des subprimes de 2008-2012 est d'ampleur comparable à un choc pétrolier, et la pandémie de COVID19 également.


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Message Publié : 14 Juin 2021 10:25 
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Bon on va respecter la limite chronologique du forum.
Comme vous le soulignez il y a toujours des chocs économiques exogènes qui font qu'il est très difficile de revenir au plein emploi.
Quand à la politique keynesienne de relance par le déficit budgétaire, je me demande si un jour elle ne nous conduira pas à la faillite pure et simple ?

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Message Publié : 14 Juin 2021 11:06 
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Vous parlez à un keynésien convaincu. On a constaté que l'effet multiplicateur keynésien marche dans les deux sens. 1. une politique de rigueur budgétaire a pour effet d'accroître la récession qu'elle est censée combattre et 2. encore une fois c'est une question de choix et de priorité: si l’objectif n’est pas l’équilibre du budget, mais l’établissement d’une croissance équilibrée génératrice d'emploi, grâce à l'effet multiplicateur, la croissance permet de résorber le déficit dans un deuxième temps. Pour les keynésiens, l’équilibre économique peut être obtenu en amorçant la reprise avec un budget déséquilibré.


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